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Choisis bien tes vices ♥ [Solo]
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Dim 18 Déc - 15:34
ft.
Solo ♥
« La haine est une douceur comme une autre. »
Choisis bien tes vices ♥
J'avais toujours vécu ma vie comme un assassin. Je changeais de nom, d'identité, de pays voire de monde même. J'étais dans la plus grande inconstance et c'est aussi ce qui provoquait mon plus grand bonheur. Les notions du bien et du mal… Un énorme ramassis de connerie. Ce qui est bien est-ce qui est dicté par le vainqueur, ce qui est juste et ce que fait le vainqueur. Le mal se définit simplement ensuite par ce qui n'est pas juste et bien. Il est dit que tout dans l'univers s'articule en mimétisme et en opposition à son contraire. Moi, j'étais vainqueur, la plupart du temps, et ainsi, je dictais ma justice, les autres, étaient perdants et subissaient. C'était un enchaînement aussi logique que fondamentalement inévitable. Après tout, j'étais Dieu d'une dimension aussi vaste que puissante, j'étais Dieu de mon temps… Mais vous savez la vie d'un Dieu est solitaire, elle est incertaine, elle est ingrate. Ainsi bien sûr malgré ma puissance, je n'étais pas tout-puissant. Pourquoi je pensais à cela ? Parce que je venais de rentrer dans ma chambre. Le corps criblé de balles. Deux dans le bras, une profondément enfoncée dans ma cuisse toute proche de mon artère, et enfin une dans l'estomac. J'avais mené à bien la mission qu'on m'avait confiée. Là n'était pas l'interrogation, mais j'avais fini dans un tel état que toute ma section s'était inquiétée pour moi… Comme si j'avais besoin de la pitié de tous ces sales déchets, comme si j'étais ce genre d'être à voir les autres quand je suis dans le besoin… Cela me foutait une rage sombre, cela me provoquait une colère viscérale que je ne savais étouffer. Je m'étais enfermé dans ma chambre. Je sortais les différents outils que j'avais à ma disposition pour m'occuper de mon corps blessé, m'occuper de cette chair meurtrie. Tout d'abord, je sortais un petit bâton de métal, l'objet mesuré une petite dizaine de centimètres, son bout était aimanté pour choper les balles et les enlever dans la plus grande précision possible. Cela demandait une concentration de tous les instants, pourtant tandis que mon corps se faisait pénétrer par le métal et que les balles vibraient dans ma chair, je me rappelais… Ma vie. Les pires des moments surtout. Cet état de faiblesse, cet état de frustration vis-à-vis de mon propre corps, ma propre personne qui ne me suffisait plus, mon âme tout entière qui n'était pas assez puissante pour encaisser. Qu'était-ce cette sensation ? Sur mes joues ? Des ? Des larmes ? Ce liquide salé et chaud qui roulait en direction de mes lèvres. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vécu ça. Je ne pleurais jamais de douleur, je ne pleurais pas d'empathie, je ne pleurais pas de colère, les seules et rares fois où il m'arrivait de craquer, c'était de frustration. Putain, j'avais envie de plus, ma condition commençait sérieusement à me faire pitié, comment, quand étais-je devenu si faible ? Sérieusement ? Comment j'avais pu laisser ma personne se laisser berner dans la faiblesse de la condition humaine ? Je ne le savais pas… Ou plus surtout. Où était passé cet être supérieur qui décapitait les hommes pour une bouchée de pain, qui avait pour plus grand plaisir dans sa vie de voir le cou d'une prostituée se briser violemment après que sa gorge soit remplie de sperme et crachat. Cet être sans sentiment qui était capable de dévorer un enfant devant sa mère, juste pour saler la viande avec les larmes de la madre. Un homme cruel. Un homme impressionnant. Il me manquait sérieusement. 
Je chauffais une lame de couteau à sa plus haute température afin de cautériser mes plaies. Tandis que la lame s'échauffait et rougissait d'un rouge éclatant, je me rappelais de tous les faits d'armes que j'avais pu accomplir par le passé, je me rappelais de la légende que j'avais voué ma vie à bâtir. Puis la lame une fois chaude s'écrasa sur ma plaie. Et ce fut à cet instant que je me remémorai un incident qui m'avait profondément marqué. 21ème Histoire des Mémoires d'un assassin : Bloody Reaper.

Londres. J'avais dix-sept ans. À dix-sept ans, on est tout sauf sérieux. D'habitude. Moi, j'avais appris la rigueur, moi j'avais appris les bonnes manières déjà tout jeune. On m'avait formé, on m'avait appris, on m'avait montré comment plaire, comment réussir. Réussir et tout ça dans le seul objectif de détruire. J'étais un boucher sur pattes. Et moi ma boucherie où je pouvais exercer mon métier, c'était les quatre grands mondes. À dix-sept ans, moi, j'étais très sérieux. Dans ma tête, il n'y avait qu'un seul tempo qui se jouait en boucle, celui des os qui craquent, celui des yeux qui explosent, celui des gens qui crient en priant pour leur vie. Mais j'étais un Dieu aveugle et sourd, les plaintes, les malheurs, tout ça ne faisait pas le moindre effet, au contraire cela suscitait parfois mon excitation. On prend bien plus de plaisir à tirer sur une biche boiteuse priant pour sa vie, que sur un cerf bien portant. C'était ainsi que la race humaine marchait. Car oui à l'époque, j'étais humain. Humain et sans pouvoir. Il fallait que je la joue de manière fine. Il fallait que je la joue de manière délicate. Il fallait que je sois efficace, il fallait que je sois tactique. La faiblesse du corps n'a jamais empêché un être d'être supérieur à l'humanité. Regardez Jésus. Mais contrairement, je n'étais pas du style à jamais mentir… Après tout, c'est le seul qui ne l'a jamais fait et vous voyez bien comment il a fini #crucifié. Ma cible du soir était un jeune noble un peu pompeux, pas mal du tout physiquement, mais je n'étais pas là pour m'amuser. Il fallait faut que je trouve un moyen de m'approcher de lui pour le tuer et tout cela en moins d'une heure et dans la plus grande discrétion possible. Mon mentor ne m'avait pas donné d'autres instructions, il le savait lui aussi, je n'avais pas besoin de plus pour vouloir tuer ma cible. Un assassin ne pense qu'au cash, pas aux répercussions de son acte. Si on était des animaux dotés d'une conscience morale, ça se saurait depuis longtemps. Chance inouïe pour moi ma proie organisait un bal dans la soirée… Il suffisait de me trouver un faux nom, une belle tenue bien chic et rejoindre le bal ni connu. 
Le plan fut bâclé, car je n'avais clairement pas le temps de me renseigner plus que ça sur le jeune homme. Monsieur Stanislas De Roche, voilà chez qui je me rendais en cette nuit chaude de Mai. Pour une fois que l'Angleterre savait se montrer accueillante, je ne comptais pas me plaindre de ce pays d'ordinaire si froid. Je portais une longue robe noire, mes ongles étaient habillés de noir eux aussi, et une légère pointe de rouge à lèvre vif, et j'étais finalement prêt. La technique la plus efficace et la plus basique contre les hommes restaient la séduction. Ces êtres vils et lâches ne sont pas capable de résister à une belle paire de seins et un joli visage. Dégoûtant. 
J'étais rentré plutôt facilement au bal, en même temps, on n'arrête pas très longtemps Lucy De Haut-Ferrè. J'avais approché la cible et après quelques kirs royaux, Stanislas avait facilement accepté de me rejoindre dans sa chambre d'hôtel. Une fois face à face, j'approchais mes lèvres des siennes. Je le couchais sur le lit, jouais avec mes lèvres sur son cou avant de descendre lentement. Descendre encore, embrasser son nombril en caressant l'intérieur de sa cuisse. L'homme ferma les yeux une secondes et la dernière chose qu'il vit une fois les yeux ouverts, c'était moi et ma lame, au moment où nous venions de trancher sa gorge d'un coup sec et puissant. Le sang giclait violemment dans tous les coins de la pièce et sur ma tenue, mais le moment n'était plus à la réflexion, j'avais accompli mon job, rien de plus, rien de moins. Je me débarbouillais le visage délicatement, pensant que tout était fini, mais au moins où je m'apprêtais à prendre la fenêtre pour me tirer de là, j'entendais une balle sifflait dans l'air, elle percuta la fenêtre et me transperça au niveau des côtes flottantes. Un clignement d’yeux plus tard un homme aux cheveux rouges flamboyants me faisait face. Il était pas si grand que ça, visiblement musclé, il portait un large katana dans son dos… Un ennemi ? Sûrement. Je portais mes mains à mes jambes pour choper mes couteaux et ainsi un combat s'engagea. 

Mes yeux brillaient d'une lueur terrifiante, j'avais enfin rencontré un brin d'excitation dans cette mission ennuyante. Je lançais mes couteaux vers son visage, d'un coup net et précis de katana, il les para tous. Je me jetais vers lui pour échanger des coups de lames. Il paraît et ripostait sans trop se fatiguer. Ses coups étaient précis et puissants, surtout, il avait toujours un temps d'avance dans tout ce qu'il faisait… Cela ne tenait même pas de la magie, mais tout simplement d'un sens de l'observation et de la déduction totalement effarant. Parfois, j'arrivais à lui infliger des éraflures, mais ce combat n'allait que dans un sens… Je sentais mon corps s'engourdir sous toutes les coupures que j'avais subies, mais je n'avais pas dit mon dernier mot… Cette frustration, cette faiblesse, cette haine de ne pas pouvoir lui porter un seul coup puissant et net. C'était ça qui réussissait à me pousser à combattre, c'était ça qui me poussait à me surpasser, je voulais me prouver que j'étais capable. Ainsi après avoir brisé sa garde, je posais mes mains au sol, je chopais cinq couteaux dans chaque main et puis je m'élançais vers lui. Deux bruits nets se firent entendre. Une seconde. Rien ne s'était passé. Mon corps bougeait normalement, je pouvais respirer… Je n'étais pas touché. Deux secondes. Un bruit d'éclaboussure, je l'avais déchiré. Je l'avais touché au niveau du torse et j'avais fait couler son sang. La blessure était superficielle, mais au moins j'avais réussi à lui porter un coup. Trois secondes. Je m'écroulais au sol. Petit à petit, je sentais une mare de sang se créait sous mon corps. Il m'avait eu. Deux entailles extrêmement profondes m'avaient touché et mon corps ne voulait plus me répondre… J'allais mourir. Cela devait bien arriver un jour, mais j'aurais préféré que cela n'arrive pas maintenant. J'aurais préféré que cela n'arrive pas si jeune. Mais c'était ainsi. Un sourire aux lèvres, je m'en allais. L'homme aux cheveux rouges lâcha un soupir de déception, et c'est ce même soupir qui me brisa le plus. Je tombais rapidement dans l'inconscience.

Et plus rien. Mais ce jour-là quelque chose en moi, c'était brisé, pour laisser place à quelque chose de plus sombre, quelque chose motivé par la puissance, sans autre manière d'étancher ma soif. Je venais de recoudre mes plaies. Je me jetais violemment sur le lit, enfonçant ma tête et ses larmes dans le coussin. Je déteste toute l'espèce humaine, si faible, si ridicule face aux grandeurs de ce monde. Je la haïs vraiment. Mais après tout, vous le savez très bien je ne suis qu'un homme. Et c'est moi, que je déteste plus que tout.

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