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Just a small bite. [Solo]
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Sam 17 Déc - 22:12





Éveillant mon esprit hors des brumes des songes, je laisse mes paupières flâner encore quelques instants sur mes pupilles tandis que la lumière de l'aurore caresse ma vision encore habillée de son écrin de chair. Les murmures reprennent leur aisance et leur volume habituel, ressentant ma présence dans le cercle universel et m'offrant un doux réveil. Cependant, alors que ma nuit se termine avec douceur et volupté, une nouvelle information me vient et transperce mon esprit d'une douleur imprévue. La perte d'une de mes filles résonne dans ma tête d'une telle manière que je comprends l'ampleur de la chose. D'un geste vif et rapidement, je me redresse et file sans un bruit laver mon corps des impuretés de la nuit. Tout en grondant intérieurement, je prononce les directives à mes enfants et demande aux Travailleuses de retourner en sécurité.
Quelqu'un s'en est pris à l'une d'entre elles. Ce qui explique l'alerte mentale reçue ce matin. Ces araignées ne sont pas destinées à se battre mais à gérer un repaire. Alors si une est attaquée, le repaire est en danger. Cependant, comble de la chose. Cette fille est morte ici-même, dans l'enceinte du temple. Muée d'une rage palpable, je me sèche sommairement, laissant mes cheveux frais à l'air libre, sans les coiffer afin de leur laisser le temps de perdre les dernières gouttes d'eau prises dedans et me dirige vers mon lit. Soigneusement posées, mes affaires déjà préparées par Aeliane qui patiente déjà devant la porte afin de partir immédiatement après. L'estomac vide et la colère dans le sang, je rejoins la biche avec un pas rythmé venant faire claquer mes talons. Cependant, dans le couloir, je m'arrête et prends une brève inspiration.

Mon visage se relève doucement vers le plafond alors que j'observe l'obscure clarté. D'un bref signe imperceptible, je demande à l'un de mes Garde Royaux de filer plus loin, là où ma fille était morte. Suite à cela, j'avance de nouveau mon pied et, cette fois-ci, m'orne d'un pas plus mesuré et calme. Telle la morte implacable, j'avance un peu plus lentement, suivie par Aeliane et quelques petits bruissements dans l'ombre.

*Je veux que deux Arachnes se tiennent prête à intercepter de possibles fuyards. Combattantes, préparez vous à vous amuser. Mes filles.. Nous allons venger votre sœur, mon enfant. Et je vous fais la promesse que le message parviendra à tout les autres.*

Résonnant dans les couloirs et faisant taire les conversations, un vrombissement se fait entendre à plusieurs endroits du temple alors que les héritiers de ma dynastie se mettent en mouvement, mués par la haine et la vengeance. En concert, mes talons martèlent le sol avec une régularité froide. Seule Aeliane offrant une touche agréable dans ce tableau peu rassurant. Croisant plusieurs personnes sur mon passage, je ne me lasse même pas à les regarder. Loin de moi l'idée de me sentir supérieur et gonfler mon égo même s'ils sont sensiblement inférieurs à moi. Je n'ai juste simplement pas le temps ni l'envie. J'ai un autre but et je compte bien m'y atteler dès... Maintenant.
Arrivée sur place après de longues minutes de marches, je toise les trois hommes avec un visage impassible et me contente d'attendre la moindre de leur parole. De verbes, il n'y aura point. Néanmoins, leurs visages provocateurs et la présence du corps retourné de mon enfant me semblent suffisants comme discours. Effectuant un pas vers eux malgré la crainte d'Aeliane, je les regarde un à un avec froideur.

- Dites moi, messieurs. Lequel d'entre vous est l'instigateur de cette action ?

Ne recevant pas de réponse après de longues secondes, je finis de m'approcher de l'homme le plus à droite et me colle presque à lui. Laissant mon index et mon majeur courir sur son torse jusqu'au menton se situant au dessus de ma tête, j'orne un sourire très agréable et reprend.

- Je n'aime pas beaucoup me répéter vous savez. Et je suis un peu à fleur de peau lorsque j'ai le ventre vide.

Mes doigts s'arrêtent au milieu du torse de l'homme, un peu vers la droite et tapotent les côtes de l'homme. Le bruit de déglutition gênée de l'un d'entre eux me signifiant qu'ils ont enfin remarqué qu'ils sont cernés. Des centaines d'yeux brillant de désir les toisant.

- Que nous soyons clairs entre nous. Je sais, je vois et j'entends. Vous êtes ici chez le Prêcheur et vous êtes ses recrues. Mais vous êtes aussi ici chez moi et mes filles sont vos hôtes. Et je vous avoue que j'ai du mal à pardonner le fait que l'on touche à mes filles.

Brutalement, mes doigts s'enfoncent dans la chair de l'humain, lui brisant plusieurs côtes avant de repartir avec autant de violence en arrachant un petit organe que je m'amuse à venir déposer sur ma langue. Un fin sourire et quelques crocs plus tard, j'observe les trois hommes. L'un gémissant au sol en pressant le trou où, quelques secondes avant se trouvait sa rate. Les deux autres suant à grande goutte par le stress.

- Je ne vais le redire qu'une fois. Qui est l'instigateur de cette action ?

Cependant, alors que le deuxième ne commence à peine à pointer le dernier encore debout d'un doigt fébrile, deux énormes mandibules viennent encercler sa tête et lui brise violemment la nuque. Décapitant le jeune homme avec un bruit sec lorsque que les deux lourds membres se resserrent avec fracas.
Le dernier encore debout se met alors à genoux et implore ma pitié, m'expliquant qu'il voulait leur prouver qu'il était fort. Tant de stupidité humaine, tant de larmes et de babillages inintéressants. Une mine dégoutée et les lèvres vaguement retroussées, je me penche vers lui et lui relève la tête en lui tenant le menton.

- Tu feras passer le message à tous. Ne pas toucher aux filles de la Gourmandise. Est-ce clair ?

Hochant la tête, le jeune homme retient ses larmes de crocodile et sursaute légèrement avant de se détendre lorsque mes lèvres entrent en contact avec les siennes. Après de longues secondes, je m'écarte et lui fais signe de partir. Détalant comme un lapin, il finit par marche un peu plus sereinement. Mon regard se dépose alors sur le souffrant, une moue pensive sur la bouche. Haussant les épaules, je claque des doigts et souris lorsque deux longues pattes surgissent de l'ombre et viennent kidnapper celui-ci. Son cri, bien que bref, m'arrache alors un rire fin et amusé tandis que je me penche vers le cadavre encore chaud de l'autre idiot. Lui arrachant le cœur avec autant de sympathie que l'on ouvre une lettre, je le dévore telle une ogresse et me redresse après m'être essuyé les mains sur les maigres parcelles de vêtement propres de ma victime. Laissant ainsi tout le plaisir de manger et nettoyer le sang à mes filles. Les murmures frénétiques enjoués par l'idée de manger berçant mon esprit alors que je reprends ma route.

Après des longues minutes de marche en compagnie d'Aeliane et du Garde Royal, la biche prend enfin la parole sur les récents évènement et se tente à quelques jugements.

- Penses tu que le laisser partir ainsi était la meilleure solution ? Peut-être penseront-ils que tout le monde peut atteindre ta couvée sans en mourir. Je n'aime pas tuer, mais j'apprécie encore moins te savoir en danger.

Souriante, je dépose ma main sur la joue de celle qui partage mon existence et dépose mes iris sur les siennes avec un sourire délicieux.

- Lorsque ses amis découvriront son corps mutilé, dévoré de l'intérieur avec une centaine d'araignées festoyant de sa chair. Le tout après être accourus en l'entendant hurler pendant la nuit... Crois moi. Ils ne se tenteront plus à la subordination.

Partant d'un rire presque enfantin et au pourtant glauque, je reprends ma marche, ressentant l'apaisement d'Aeliane. Il est hors de question que quiconque me pense faible, encore moins ici où tout est prétexte à la trahison. Serrant la mâchoire, je me dirige vers les profondeurs du temple. Là où personne ne va, sauf ceux qui ne reviennent pas. Le visage dur et l'esprit de fer, je me met alors à planifier ce pourquoi cette journée devait être consacrée. Mon esprit se joint alors aux autres et ordonnent aux Travailleurs de reprendre leurs actions. Les galeries étant presque prêtes et les pouponnières consolidées, il ne manquera plus que le tissage permettant de relier les voies déjà existantes dans l'enceinte du temple jusqu'au réseau afin d'obtenir un accès à toutes les pièces, et ce, de manière beaucoup plus rapide que ces sacs à viande. Je suis peut-être bien du Crépuscule pour le moment. Mais IL le sait bien. Au moindre signe de faiblesse ou de trahison. Son corps ne sera pas le seul à joncher les sols de cet endroit.

Je suis ici chez moi. Et personne n'a envie de contrarier une reine dans sons royaume. Personne.



Maman est rentrée, les enfants...


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