PortailAccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion



 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Loki Scanraithe | if it feels good, tastes good, it must be mine
Invité
avatar
pic-profil

Invité
Dim 23 Oct - 12:42
NB:
 

Loki Scanraithe
Le Crépuscule — Envie du 10ème commandement




Informations générales

Scanraithe
Loki
22 ans
Eclypteth
Bonhomme (pas) viril
60 kg
1m70
Hétéro
Phénix
Jerk — Un corbeau






Informations psychologiques

Hobbys & phobies
Qualités & Défauts



La survie peut-elle être définie comme un hobby ? Si oui, alors on peut dire qu’elle est celui de Loki. Le Phénix, chassé pour ses capacités, cherche à tout prix à se protéger. C’en est devenu une obsession et rien n’est plus important pour lui que de protéger ses précieuses petites vies.
En outre, après “survivre” vient “amasser”. Loki désire tout, absolument tout ce qu’il n’a (ou n’est) pas, et obtenir ce qu’il veut lui procure une joie extatique, aussi fugace et futile soit-elle. C’est ainsi, ça lui permet de compenser pour l’envie qu’il ne pourra jamais satisfaire : celle d’être né autre que Phénix.
Enfin, bien que cela puisse paraître surprenant, le jeune homme adore draguer. Oui. Draguer. Ca ne marche pas vraiment, mais il s’en fout, ne se prenant pas vraiment au sérieux dans le cadre de cette fantastique activité. D’autant plus que, généralement, il donne un côté ludique à la chose en n’y allant pas seul.

A contrario, Loki fuit la mort plus que toute autre chose. Même si, contrairement à la plupart des êtres vivants, il a possédé trois chances, il s’affaire plus que quiconque à protéger les deux qu’il lui reste. Aussi, la perte de ses acquis, qu’ils soient d’ordre matériel ou social, est une perspective terrifiante à ses yeux. Possessif, le jeune homme ne supporte pas de se voir priver de ce qu’il définit comme sien.
Du reste, ce sont à peu près ses seules véritables “phobies” au sens où elles le hantent à chaque instant. En réalité, le péché de l’Envie a peur d’à peu près tout et n’importe quoi dès qu’il se sent menacé...
Rusé | Lucide | Créatif | Blagueur | Adaptable | Charmeur | Réactif

Envieux | Lâche | Peureux | Possessif | Traître | Frustré | Vulgaire | Hypocrite | Egoïste | Menteur






Magie et arme

Magie
Arme



Tisserand :
La magie du Tisserand permet à son utilisateur de matérialiser et d’utiliser des fils résistants aux utilisations multiples. Fins et presque invisibles à l’oeil nu, ils peuvent être utilisés pour perforer, relativement à la puissance de l’utilisateur, certains matériaux. Enroulés autour d’un objet ou d’une personne, ils constituent une armure plus ou moins robuste. L’utilisateur peut aussi façonner avec une rapidité surnaturelle des objets simples (à l’instar d’un javelot) en tressant ces fils. Enfin, il est à noter que lesdits liens peuvent être attachés à des éléments du décor pour créer, par exemple, des réseaux destinés à la détection, des pièges, etc. Autant dire que la créativité est la meilleure arme de celui qui aspire à maîtriser cette magie.
Gáe Fealltóir | La Lance du Traître — Une sorte de naginata à la hampe rubis ornementée d’une touffe de fourrure noire et dont la lame recourbée possède des reflets cobalt. On la dit maudite, de mauvaise augure. A vrai dire, il s’agit là plus de rumeurs nées des circonstances dans lesquelles Loki l’a acquise. C’est d’ailleurs de ces dernières qu’elle tire son nom. Le Phénix la transporte souvent avec lui, attachée à son dos ou à la main. En effet, malgré son histoire peu glorieuse, la Gáe Fealltóir demeure une arme de bonne facture et, de ce fait, très légère.






Description mentale


Baltringue.
C’est le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à toi. Une putain de baltringue. Mais bon. Faudrait peut-être expliquer pourquoi t’en es une, non ? Allez Loki, c’est uniquement parce que je te connais par coeur que je peux avoir un semblant de pitié pour toi. Alors ferme-la et écoute.

La première chose à savoir, c’est que tu te hais. Tu te hais pour ce que t’es : un Phénix. T’as horreur de ça. Tu abhorres ta condition. Pourquoi ? Parce que tu t’exposes à un danger permanent. Parce que les gens te chassent pour ça. Parce que même la nature t’a catégorisé comme une victime.
Ton sang. C’est ton bien le plus précieux.
Trois vies. T’en as perdu une, déjà. Mais je reviendrai plus tard là-dessus.
Un Phénix, un piaf, un pigeon de feu. Tu supportes pas d’en être un. Dans tes rêves les plus fous, tu es né autre. Tu es né Humain, Loup-Garou, Démon… Mais pas Phénix. Si tu pouvais changer de race, tu le ferais, quitte à devoir t’arracher les plumes une par une.
Et c’est pour ça que tu les envies. Eux. Tous.

Tu sais faire que ça. Te plaindre, t’apitoyer sur ton sort, te sous-estimer. Pourquoi ? Parce que tu sais très bien que ton plus grand souhait est impossible. Et ça te fait chier. Oh que oui, ça te pourrit la vie. Ainsi, tu cherches à compenser. Tu veux obtenir tout ce que tu n’as pas, tu veux être tout ce que tu n’es pas. Car tout te paraît meilleur que toi. Et si tu satisfais tes désirs, qu’ils soient matériels ou non, tu chercheras à tout prix à garder ce que tu auras obtenu. Ca te rend possessif, jaloux. Mais ta faim n’est jamais rassasiée. Il te faut plus, toujours plus.

De là découle ta frustration. Ouais. T’es qu’un frustré, qu’on se le dise. Frustré de poursuivre un but inatteignable… Mais surtout frustré parce que tu sais précisément ce que t’es. T’es un mec plein de défauts, Loki. Mais s’il y a bien une chose que je peux t’accorder, c’est que t’es lucide.
Tu sais très bien que tu es un lâche, un traître, un peureux. T’as aucune dignité, aucune fierté, aucun honneur. Tu respectes personne et surtout pas toi-même. Tu plantes des couteaux dans le dos des gens dès que tu crains pour ta sécurité ou celle de ce que tu possèdes. Tu préfères la fuite au combat et tu t’abaisserais à n’importe quoi si ça pouvait te garantir un semblant de protection. C’est plus fort que toi. T’es faible. Ah, bordel, tu pourrais entraîner un hôpital au bord de la faillite avec tout ce que tu chiales… Mais bon, t’es bien trop égoïste pour te préoccuper des autres.
D’ailleurs, si, par malheur, tu remarques que tu as l’ascendant sur quelqu’un ou quelque chose, alors tu peux te révéler pire qu’un tyran, déversant toute ta bile sur ta pauvre victime, canalisant toute ta rage dégueulasse en une sorte de sadisme pulsionnel. Brave gars, va.
Pourtant, tout ça, tu le sais. Et ne pas pouvoir t’en sortir, ça te frustre encore plus.

C’est bien pour ça qu’en société, tu feins la confiance. T’as une grande gueule, t’es aussi vulgaire qu’une traînée sur le trottoir et t’es du genre à proférer des menaces que t’es incapable de mettre à exécution. Tu bluffes, ouais. Ah ça, t’as la tchatche. Jusqu’à ce qu’on te rappelle que t’as jamais rien eu dans ton calbute. À partir de là, tu cherches à t'en sortir par l'humour. C'est ton échappatoire favori. Blague salace puis autodérision si ça ne prend pas. Et puis enfin, tu fais appel à la pitié des gens, quitte à mentir ou à exagérer tes larmes (même s'il en faut pas beaucoup pour qu'elles noient les yeux d'un fragile tel que toi).

Mais au final, il faut reconnaître que tu te démerdes bien quand il s’agit de rebondir. À force de t’inquiéter pour ta survie, t'as fini par te forger un esprit vif. Retors, t'es capable d’élaborer des stratagèmes de manière quasi-instinctive, sans trop y réfléchir. C'est plutôt un avantage pour la maîtrise de ta magie, d'ailleurs. T'as du potentiel, malgré les apparences. Tu sais t’adapter à toutes les situations, quitte à devoir bouffer une sucette à la viande pour mieux buter son propriétaire plus tard.

Ouais, t’hésites pas à rentrer dans le tas quand t'as plus le choix. C'est ce côté impulsif, cet instinct qui enserre tes tripes dans un étau, qui te garde d'être une putain de loque apathique. Sous le coup de la peur ou de la colère (due généralement à ton envie) t'es capable de choses insoupçonnées. Monstrueuses, même. Tu ne le portes pas sur toi, pourtant, c’est bel et bien là, sorte de spectre évanescent qui prend possession de ta carcasse dès qu’il reçoit un tant soit peu de nourriture émotionnelle.
C’est une créature à l’aura d’un vert profond, sombre et répugnant. Et cette créature, c’est ta part de ténèbres. C’est ta créature. C’est toi. Tu es ta propre créature. Plus qu’un double maléfique, cette chose serait un fragment de ta personnalité qui, forgé par les rudesses de l’existence, aurait fini par prendre son indépendance, se désolidarisant de ce tout cohérent qui forme la psyché d’un homme.
C’est le ver dans la pomme, l’immonde bête qui parasite ton esprit et qui parfois contrôle ton corps. Mais elle fait partie intégrante de toi. Et sans elle, tu ne serais pas là où tu en es aujourd’hui.

Tu devrais travailler là-dessus au lieu de te morfondre, bouffon. Au final, peut-être que c'est en repérant ça qu'ils t'ont enrôlé dans le Crépuscule. Peut-être qu'ils ont su voir, derrière cette entrejambe en apparence vide, l'embryon de deux énormes boules dont t'as absolument pas conscience. Peut-être qu’ils ont su voir les capacités de cet ogre envieux dont tu ignores presque tout si ce n’est sa présence.

Qu'est ce que t'y fous, d'ailleurs, au Crépuscule ?
Toujours la même rengaine : t'as pas envie de clamser. En te rendant utile pour ceux qui seraient les plus susceptibles de te faire du mal, tu déjoues le danger. Pas con. Pourtant, t'as bon fond. En dépit de l'envie qui, comme un serpent, distille son venin en toi et te fait souvent agir de manière démesurée, t'es pas quelqu'un de foncièrement méchant. Enfin, pas au sens où on pourrait l'entendre, du moins.
Ce que je veux dire, c'est que tu ne fais pas le mal par volonté. Tu le fais par souffrance. Parce que cette nature envieuse te condamne à un malheur absolu et éternel.
Pour tout te dire, tu pourrais même passer pour une personne sympathique, moyennant une certaine connaissance de ton histoire.
M'enfin, de toute façon, des amis, t'en as pas des masses… Le relationnel, c’est pas ton fort. T’accordes jamais ta confiance à personne. Pourtant, tu jalouses ceux qui peuvent mettre leur vie entre les mains d’un autre sans se poser de question… Paradoxal, non ? Paradoxal, mais pas si étonnant, d'un autre côté. Après tout, ton envie est une émotion qui néglige la notion de choix, puisqu’elle désire tout sans concession.

Mais à vrai dire, il y a une exception. Ton seul et meilleur ami. Bridvar, c'est son prénom. Tu pourrais donner une de tes vies restantes pour lui, même s'il t'en a d'ailleurs déjà pris une, ce connard. Avec ce mec, t'es carrément différent. T'es... Honnête. Ouais. Ça paraît dingue. Tu lui mens pas et jamais tu pourrais le trahir. Même si tu l'insultes plus que tu l'appelles, t'as un affect considérable pour lui. Perso', je pense qu'il a une bonne influence sur toi et vice-versa. Tu secoues ce gros branle-couilles et, en retour, il te permet d'être un tantinet plus courageux. Enfin, c'est très vite fait. Faudrait pas qu'on croie que tu sois un homme, non plus. Même si t'es incapable de te départir de ta jalousie légendaire, c'est le seul mec pour lequel ton envie se change en une forme d'admiration. Un truc beaucoup plus positif qui te permet d'évoluer plutôt que de rester à patauger dans ta propre merde.

Vous vous êtes rencontrés d'une manière assez originale, ‘faut l'avouer. Ce sombre enculé t'a buté pour ton sang et, quand t'es revenu à la vie, il t'a fait prisonnier pour te vendre au Crépuscule. Mais le chemin a été long et il vous ait arrivé quelques couilles… Vous avez donc eu tout le loisir de discuter, et t'as fini par développer une sorte de syndrome de Stockholm pour ce gars. T'es un baisé, sérieux. Bref, t'es même allé jusqu'à lui sauver le cul et il te l'a rendu. Même humour et même problème d’alcool.

Tu comptes plus les cuites que vous vous êtes prises, tous les deux. Bande de cons. Vous êtes vraiment un bon gros duo de beaufs... Surtout quand vient l'heure de choper. Enfin. D'essayer de choper, plutôt. Ça te fait marrer, ça, hein ? Tenter de séduire en te ridiculisant... C'est pas exposer un faux tatouage tribal sur ton épaule ou contracter tes biceps de faible qui vont t'aider à plaire. M'enfin. Amuse-toi bien avec ton pote Bridvar. C'est à peu près le seul contexte dans lequel t'oublies ta peur.
C'est pour ça que tu bois, d'ailleurs.  Pour oublier ta peur, pour oublier ce que tu es. C'est pour ça que tu bois beaucoup trop.

Et puis il y a Jerk, ton corbeau. Tu l’as acquis tout récemment. Des fois, t'as l'impression que même lui te juge. Mais bon, en sa compagnie, c'est toi qui donne les ordres.
“Jerk". À force de l’insulter, tu l'as appelé ainsi. C'est un petit bâtard, ce piaf. Il est bien plus malveillant que toi en dépit de l’obéissance qu'il te doit. On dirait même qu'il se fout de ta gueule. Mais Jerk, lui, tu peux le calmer en deux-deux. Parce que tu sais qui est le plus fort.

Avec les autres, c'est différent. T’auras beau être aussi puissant que possible, tu seras incapable de te rendre compte des rapports de force. Et des gens que t’aurais pu poutrer te feront bouffer le sol sans problème. Tout ça car l'estime que tu as de toi est plus basse que tout.
Pour résumer : t'es un pauvre mec aussi couard que faible... Mais un mec dont le tempérament bilieux pourrait dissimuler quelque chose de beaucoup plus intéressant.

Allez, quoi qu'il en soit, j'en ai fini de parler de toi. C'était histoire de clarifier les choses. 'Faut pas croire, on devient pas aussi misérable que toi en deux secondes... Mais maintenant j'arrête. Ça me ferait chier de m'attendrir pour toi.

Tu restes une putain de grosse baltringue, après tout.





Description physique

Un mètre soixante-dix de swag pur pour soixante kilos de muscle sec.

Non, je déconne.

T’es mince, bordel. T’es peut-être pas en papier de riz pour autant, mais t’es plutôt fébrile, physiquement parlant. Une silhouette filiforme malgré des épaules au demeurant pas si étroites que ça, une démarche saccadée, une musculature qui ne pourrait faire pâlir d’envie qu’un gamin famélique et autant de gras que dans un bout de pain rassis. Excellent boulot. Tu pourrais être top model si t’avais des talons et une paire de seins.
Mais bon, apparemment, t’en es pas encore à ce niveau.

Tes traits sont fins, presque juvéniles, même s’ils ont tendance à se déformer en des expressions plus ou moins vomitives. Le son qui sort de ta sale petite gueule n'est ni vraiment grave, ni vraiment aigu. Ca dépend du contexte, c’est hésitant. Mais, globalement, tu pourrais inspirer la violence à n’importe quel être vivant rien qu’à ta voix tantôt irritante, tantôt mielleuse.

Ta peau est plutôt pâle, malgré une zone plus mate que les autres, autour de ton œil gauche. Ouais, t’as une sorte d’énorme tâche dégueulasse sur la gueule. Ça ressemble à un crachat qui aurait explosé tant il aurait été expulsé avec irrespect sur ta personne. Au reste, cela affecte aussi ledit œil qui est d’un bleu clair contrastant avec la teinte presque marine de l’autre. Et il est évident que, par conséquent, tu voies moins bien de celui-ci.
Bon, j’aime bien mon histoire de crachat, jeune fille, mais voilà la vérité : cette marque, c’est une cicatrice due à une brûlure par acide récoltée au cours de tes fantastiques aventures. Pour tout dire, c’est en sauvant (ou plutôt “croyant sauver”) les couilles de Bridvar que t’as été amoché. Ah la la, quel acte héroïque, Loki ! T’es vraiment un mec bien !

Autre détail : t’as un grain de beauté le coin gauche du menton. On dirait une mouche mal placée. Oui. Une mouche. Tu sais, ce que les grandes dames bourgeoises adoraient se peindre sur la gueule il y a quelque temps… Moi je trouve que ça te va à merveille, mon Loki. D'autant plus que, bien évidemment, tu ne possèdes presque aucune trace de pilosité. Comme un gamin à peine pubère.

Tu portes les cheveux mi-longs. Aussi noirs que la merde dans laquelle tu te fous tous les jours, ils descendent jusqu’au bas de ta nuque en mèches raides. Pour les maintenir, t’as une sorte de broche dorée à laquelle sont accrochés de longs rubans noirs à la terminaison écarlate. T’as un sens de l’esthétique discutable, mais bon. T’es pas à ça près, je crois.
Pour ce qui est de tes fringues, il s’agit généralement d’un kimono blanc surmontant un pantalon et des chaussures noires. C’est simple et ample pour te permettre une bonne liberté de mouvement.

D’ailleurs, en plus de ta Gáe Fealltóir, tu trimballes souvent deux couteaux de lancer sur toi. Accordés avec ta magie, ils te permettent quelques acrobaties surprenantes… Surtout lorsqu’ils reviennent vers toi, attachés à tes fils. Tu compenses ton corps de lâche par un certain intellect, c’est déjà ça.

Enfin, sous ta forme de Phénix, deux grandes ailes flamboyantes viennent remplacer tes bras aussi épais que ton entrejambe. Elles semblent irradier d’une lueur rouge-orangée, comme animées d’une volonté propre. M’enfin, peu importe. T’es pas prêt de les laisser voir à quiconque, sauf si les circonstances t’y obligent...




Informations Supplémentaires

Votre surnom
A man has no name

Votre âge
17

Qui est sur ton avatar ?
Ren Hakuryuu — Magi : The Labyrinth of Magic

La catégorie de ta magie
Magie de matérialisation, j’imagine

Nom de ta magie
Loki Scanraithe > Tisserand

Accès à la zone H/Y/Y
Why not ?

Code de validation
Ok by ryuu




Dernière édition par Loki Scanraithe le Mar 8 Nov - 22:50, édité 12 fois
Invité
avatar
pic-profil

Invité
Dim 23 Oct - 13:33
Edit : Je place l'histoire dans mon post pour l'avoir à la suite


Racontez-nous votre histoire


Ton histoire ? Haha ! Mais qui voudrait écouter ton histoire ? Qui s’intéresserait assez à ta pitoyable petite personne pour vouloir en connaître plus sur toi ? J’ai du mal à comprendre les gens, parfois. A croire que t’arrives à être attachant pour eux. Putain de blague.
Bon, allez, je peux bien faire un petit topo. Voici donc un récit de ta vie de merde…

Tu es né à Olmahoura, dans le monde d’Eclypteth, un 1er jour de Laveria.

Ta famille était de la classe moyenne, bien qu’ils tendaient sérieusement vers l’échelon d’au-dessus. lls vivaient dans une grande ville de la région, ombres parmi les ombres. Ils étaient banals, quoi. Pas d’héritage générationnel tombé d’on ne sait où, pas d’appartenance à un mystérieux réseau souterrain, pas de position particulière dans la société et pas de compétences exceptionnelles si l’on excepte leur statut de Phénix. Statut que tu partages avec eux, évidemment. Issu d’une lignée pure, tu es né avec rien d’autre dans les veines que ce liquide rouge aux propriétés surnaturelles, potion de résurrection convoitée par toutes et tous.

Tu avais un frère aîné : Lierem. Un jeune homme né sept ans avant toi et qui s’avéra vite brillant dans le cadre de ses études. En effet, vos parents avaient les moyens de faire de vous des gens lettrés.
Toi, tu n’étais pas mauvais non plus. Sans être un génie, t’avais cette capacité à trouver tout un tas de stratagèmes pour gruger le système et obtenir de bons résultats, que tu te fasses chier à bosser ou pas. Tu trichais, ouais. Tu trichais, qu’il y en ait besoin ou non. Tu t’en branlais. T’as toujours été un tricheur. Dès le début, t’avais pas de morale. Tu voulais réussir, rien d’autre. Tu voulais réussir. Pourquoi ? Pas par envie, pas pour satisfaire les attentes de tes parents. Tu voulais réussir parce que tu désirais être quelqu’un. Sortir du lot. Écraser les autres.

De fait, si tu cherchais pas à lécher le cul de tes géniteurs, c’est parce qu’ils n’attendaient rien de toi. A vrai dire ces derniers ne t’ont pas désiré. T’es le fruit d’un accident, d’un coup de rein fatidique qui, pour quelques instants d’orgasme a condamné tes parents à neuf mois de parasitisme. Mais bon, que veux-tu ? Ta mère n’allait pas t’expulser depuis le haut de sa fenêtre directement dans une benne à ordures, si ?
C’est donc rongés par la perspective de la culpabilité inhérente à l’abandon qu’ils ont décidé de te garder. Pour cette raison et rien d’autre, petit bâtard.
Ils te l’ont avoué, ça. Plus d’une fois. Au début, ça te faisait mal, ça te heurtait comme rien d’autre. Tu te mettais alors à chialer dans ton lit avec personne pour venir te réconforter. Et puisque tu étais seul, tu tentais de te tourner vers tes amis. Mais tu ne les gardais pas longtemps. Eux, ils avaient des familles aimantes et ne t’accordaient, par conséquent, moins d’importance que tu le faisais. Et ça, tu le supportais pas.
Alors, tu les perdais, puisque tu finissais inévitablement par les traiter avec méchanceté, leur empoisonnant la vie par pure jalousie.

Tu t’es donc vite retrouvé isolé, sans aucun réel attachement à quiconque. Automatiquement, une telle condition crée de la frustration. Et la frustration, si elle n’est pas satisfaite, est réorientée vers les autres pour éviter l’auto-destruction de celui qui en est le sujet.
Tu en vins donc à vouloir détruire les liens entre les gens et non pas en créer entre eux et toi. Ca te bouffait de l’intérieur, putain. Tu voyais leurs sourires, leur bonheur dégueulasse. Tu entendais leurs rires de merde, leurs exclamations de joie. Tu sentais l’odeur écœurante de leur mièvrerie, de leur amour qu’ils te jetaient à la gueule comme de la pisse. Tu sentais ces frissons de haine, cette brûlure dans tes tripes, cette chaleur qui te montait à la tête. Et là, seulement là, tu l’avais en bouche.
Le goût de la défaite. Celui des bons sentiments spoliés, celui de l’échec, celui des cendres de ta ruine. Ouais, tu le ressentais. Tout le temps. Bordel, ce que t’avais envie de cracher. Cracher cette haine, cracher cette saveur merdique pour t’en purger.
Leur cracher à la gueule.

Tu les aimais pas, tes parents. Tu commença à les haïr dès que tu atteignis une dizaine d’année, l’âge où tu devins assez solide pour assumer cet état d’esprit. Y avait que ton frère qui te témoignait un minimum d’affection. Mais tu le rejetais. Parce que c’était lui, la source de ton malheur. Il était le premier, l’enfant désiré, le fils prodige, le chef-d’oeuvre de la famille. Alors que toi, Loki, t’étais rien. T’étais le déchet, le boulet, l’anonyme, la sous-race de la maison. Tu valais que dalle, tu pompais l’argent de tes parents comme une sangsue, rien d’autre.
A force, on avait fini par faire rentrer ce rôle dans ta tête. Et tu t’y étais résigné. Guidé par ta détestation de ces gens, tu t’étais résolu à profiter d’eux, à leur pomper jusqu’à la dernière goutte de sueur et de sang pour construire ton tremplin vers une vie où enfin tu serais reconnu.

C’était pour ça, ouais. C’était pour ça que tu avais l’ambition de te faire un nom. Pour ne plus jamais avoir à jalouser quiconque. Ça t’obsédait. Ça t’obsédait puisque tu savais parfaitement à quel point ton ressenti était coupable. T’en débarrasser, c’était ton rêve. Et pour l’accomplir, eh bien… Il fallait la satisfaire, cette envie.

Mais un problème de taille vint vite s’ajouter à tes petites préoccupations égoïstes. Dans la région où tu vivais, une sorte de frénésie s’installa alors que tu étais âgé d'une quinzaine d’années.
D’abord, dans les campagnes, les villages étaient mis à feu et à sang par un groupe diffus. Les maisons étaient pillées et ceux qui résistaient gagnaient un aller simple vers la tombe. La raison de tels accès de violence ? Une crise économique de grande ampleur amenant avec elle famine et rage. La catastrophe était, cela dit, très localisée. Elle ne concernait que la petite partie d’Olmahoura où tu vivais. Malgré ces excès d’une rare colère, ce déchaînement n’avait pas de quoi secouer le pays, loin de là.
Mais toi, ça faisait bien plus que te secouer.

Toi non plus, tu n’avais plus beaucoup d’argent durant cette période. A vrai dire, t’étais carrément ruiné. Si bien que, lorsque tu croisais un chat dans la rue, t’y voyais un bout de viande plus qu’une boule de poils. En effet, la crise avait frappé ton foyer, certes… Mais Lierem aussi l'avait heurté. Ton frère, ton excellent frère, ton putain de génie de frère avait décidé d’étudier dans la plus prestigieuse des académies du pays. Ce petit enfoiré avait donc obligé les Scanraithe à s’endetter. Et toi, tu enrageais. Tu enrageais comme la plus malsaine des bêtes. Tu enrageais car ton frère venait de démolir tout tes espoirs pour l’avenir.

En outre, les troubles qui ébranlaient la région arrivèrent bientôt en ville. Le niveau de sécurité chuta et c’est la peur au ventre que tu sortais chaque jour hors de ta maison. Parce que tu savais ce que tu étais.
T’étais un Phénix. Et les Phénix, ça se revend bien.
Ça, tes parents te l’avaient appris dès ton plus jeune âge : ne jamais montrer ses ailes en public, ne jamais offrir ses larmes, ne jamais laisser personne toucher à son sang. C’est donc durant toute ton enfance que tu avais craint qu’on te découvre un jour, le temps défigurant ces simples interdictions pour les changer en phobies compulsives.
Et là, plus que jamais, tu avais un statut de bien marchand. Tu assistas à des passages à tabac en pleine rue, à des poursuites, à des émeutes. C’était le chaos. Le chaos partout. Pour tout. Tout le temps.
Putain ce que t’avais peur. Tu flippais ta race, même. T’avais les intestins tordus, les burnes rétractées et les yeux fous. Le danger était omniprésent. Bientôt, la cité serait balayée par la folie et toi, tu finirais sûrement exsangue dans une ruelle sans avoir jamais rien accompli de ta vie.
C’est cette perspective qui t’a fait réagir. Après tout, t’avais plus rien à perdre, non ? Une famille qui te donnait la gerbe et plus d’argent pour t’en sortir.
Il te fallait partir. Partir loin, là où tu pourrais tout recommencer. Là où tu ne serais plus Loki Scanraithe le bâtard, mais un homme comme un autre. Un homme qui ne serait pas pourchassé pour avoir commis le crime d’exister.

Ouh la la, que c’est dramatique, on en chialerait presque. Pauvre tarlouze.

La suite est moins rigolote, puisque t’as piégé et vendu ton frère comme le dernier des enculés à un groupe de mercenaires plus que réputé. Ouais, tranquillement et sans trop de remords. T’as même aimé ça, hein, mon salaud ? Ah putain oui, t’as apprécié de le voir tomber plus bas que terre, de le voir anéanti par tes actions.
T’avais gagné, quoi. T’avais gagné contre lui, ton ennemi, celui qui t’avais toujours noyé dans son ombre.

— Je veux de quoi vivre un bout de temps, la vie sauve et un passage vers Kalerya.


C’est ce que tu avais dit aux malfrats lorsqu’ils t’avaient pris à parti dans un endroit où personne ne t’aurait retrouvé. Alors qu’ils avaient juste pour but de faire de toi leur vache à lait (enfin, à larmes), tu leur avais proposé les trois vies de ton frère en échange de services rendus à ta personne, prétendant être déjà mort deux fois et les convainquant de la richesse qu’ils pourraient tirer du sang de ton aîné.
Et en bonus, ils t’avaient aussi offert une lance pour te défendre : la Gáe Fealltóir. Une arme volée sur le champ de bataille qu’ils avaient spécialement rebaptisé pour toi, Loki. Généreux, les bonshommes.
Bon, d’accord.
Pour obtenir cette arme, peut-être que… Éventuellement… Possiblement… D’une manière fort inopinée… Par mégarde… Peut-être que tu leur avais aussi donné ton adresse…

Alors, le lendemain même, tu avais prétexté un rendez-vous avec Lierem. Ce gros pigeon avait tout gobé. Il te faisait confiance, le bougre. Evidemment qu’il te faisait confiance ! Sa petite vite était parfaite alors qu’autour, tout le monde était à moitié en train de crever ! Quel con, putain.
Mais t’as jamais su comment il a fini. T’as jamais su si ton ancien foyer a été attaqué non plus.
Tu t’en branles, de toute façon.
Tu t’en branles et tu t’en branlais aussi à ce moment-là. Parce qu’à ce moment-là, ta Gáe Fealltóir dans le dos, t’étais en route vers le Passeur, vers Kalerya, où, tu l’espérais, tu n’aurais plus à craindre pour ta vie. C’était enfin à ton tour d’être sur le devant de la scène. Tu avais saisi ta chance. Il fallait désormais confirmer cette petite victoire.
Et, bordel, ce que ça faisait du bien de regarder de haut tous ces gens…

• • •

Lorsque tu débarquas sur Kalerya, tu crus, l’espace d’un instant, revivre. Certes, tu ne comprenais pas grand-chose à ce monde plein à craquer de technologie dont tu ignorais l’existence. Mais tu trouvais ça fascinant. L’excitation prenait le pas sur la crainte et tu étais curieux de comprendre comment fonctionnait ce monde flottant dans les airs. La magie y était aussi présente que sur Eclypteth mais toutes ces innovations démultipliaient ses possibilités d’application de telle façon que le simple fait d’y penser te donnait le tournis. Il semblait y avoir tant d’opportunités à saisir, tant de chemins que tu aurais pu suivre pour te mener à un destin grandiose… Bref, tu crus, l’espace d’un instant, revivre.

L’espace d’un instant, seulement.
La réalité te rattrapa bien vite.
Là-bas aussi, les Phénix attiraient tous les malfrats. À vrai dire, il n’y avait aucun endroit dans l'univers où tu aurais pu laisser ta méfiance s’endormir. Ce fait immuable, cette règle gravée dans la roche, tu la vivais (et tu le vis encore) comme une malédiction, une sorte de châtiment karmique qui se serait abattu sur toi. Tu préférais te dire ça, ça te rassurait. Après tout, se placer en victime est un bon moyen de trouver de quoi se complaire dans sa situation, aussi insupportable soit-elle. Tu ne voulais pas être un Phénix. Non, tu ne voulais pas. Et c’était ça. C’était ça qui était responsable de ta misère. C’était de ça dont tu voulais te débarrasser.
Mais c’était impossible.
Et tu le savais pertinemment.

Alors, la peur au ventre, tu te recroquevillas sur toi-même. Plutôt que de chercher un travail, plutôt que de prendre un nouveau départ, tu fis ce que tu savais faire : vivre au dépens des autres. Tu faisais donc la manche, tu te servais de ta gueule de gamin pour inspirer la pitié et récolter un peu de thune, un repas ou un toit. Tu volais aussi. Souvent, même. Pas une maison que tu as visitée durant cette période ne s’est pas retrouvée dépourvue d’au moins un objet après ton passage.
C’est à cette époque que tu déployas le potentiel de ta magie, celle du Tisserand. Grâce à celle-ci, tu pouvais saisir tes objectifs, détecter les présences dérangeantes et les fuir. T’étais une petite araignée, ouais. Une petite créature qui répugne à peu près tout le monde et qu’on écrase comme la dernière des merdes sans même y penser. Pourtant, petit à petit, tu tisserais ta toile et tu y engluerais tous ceux qui avaient mieux que toi.
C’est pour ça que tu dérobais des choses. Tu voulais ce à quoi ils tenaient. Tu voulais voler leur bonheur. Et tu le récoltais dans un espèce de squat, une cabane abandonnée dans un sous bois maladif où, tous les soirs, t’entendais des filles de joie se faire démonter dans les buissons.

Tu passas quelques temps à (sur)vivre ainsi. C’était pas très folichon.*

Vint alors ce jour. Ce jour où, sans aucun respect pour ta propre personne, tu t’étais bourré la gueule. Comme souvent, depuis quelque temps.
Au milieu de la rue, tu croisas cette femme. Rousse, les yeux verts, un peu trop mince mais occupant tout l’espace de par son simple charme. Tu la voyais floue, à ce moment-là. Elle te paraissait attirante et pas trop chiante, à première vue. Du coup, tu décidas de l’aborder. Voilà.
Torché, on prend vite des décisions, hein ?
C’est donc sans aucune forme de préambule que tu posas ta main sur son épaule, lui lançant un fort subtil :

— Eh… Eeeeh… Dis… J’peux te… J’peux t’appeleeeer… Biscotte ? Parce que, franche—... fraaaaanchement t’es troooop craquante quoiii…

Elle se retourna, cligna de ses yeux pétillants de vie et te fixa quelques instants.
Moment de solitude.
Ah, que cette nuit était belle ! Quelques regards s’étaient tournés vers vous. Le temps était chaud malgré l'heure tardive et une lumière orangée émanant des multiples lampions jalonnant la ville imprimait à la scène une atmosphère calme malgré la douce effervescence qui montait des bars.
T’aurais jamais remarqué tout ça si elle n’avait pas mis au moins trente secondes pour se dérider et exploser de rire. En retour, tu tentas de sourire. Un misérable sourire qui s’effondra en même temps que tes jambes, ton estomac et le peu de dignité qui te restait. Pourtant, pour une raison plus qu’obscure, elle te rattrapa par les aisselles. Et ce, en dépit du flot jaunâtre que t’avais déversé sur le bas de ses jambes.

— Ahah… On peut dire que… Que j’ai... J’ai… Marqué mon… Terri… Terri… Territoi—…

Et ta bile de jaillir à nouveau sur le pavé.

— Tu m’as pas l’air bien, je me trompe ?

— Blblblblbl, réussis-tu à émettre à moitié noyé dans ton vomi.

— Ok merci.  

L’instant d’après, elle t'aida à te relever et te prit par les épaules pour que tu puisses marcher.

— Je te ramène, tu me fais de la peine. T’es un cadavre. Tu le sais, ça ?

Tu captais pas la moitié de ce qu’elle racontait. Tout ce que tu savais, c’était ce que savait ton entrejambe. Et apparemment, bordel, elle était pleine à craquer de connaissances.
Ainsi, sur le chemin, entre trous noirs et autres chutes, tu réussis à articuler.

— Soif… Tu sais… Ton corps… Est compo—… sé… Soixante-quinze pour cent d’eau... ?

— Ta gueule.

• • •

C’est ainsi que tu rencontras Tasha Gass. Une fille dont bon nombre d’hommes auraient rêvé. Elle était belle, naturelle, drôle, astucieuse, pas prise de tête, franche… Bref, elle avait tout pour plaire. Et, par-dessus tout, elle avait cette capacité à voir toujours le côté positif des choses, peu importe les circonstances. Et ça, ça te foutait sur le cul. Elle t’avait recueilli chez elle et autorisé à partager son foyer autant de temps que tu le voulais. Pendant des semaines, vous aviez longuement discuté. Tu lui avais déballé l'intégralité de ton histoire, omettant juste un point de détail : le fait que tu avais envoyé ton propre frère au casse-pipe pour sauver ton cul. Héhé. Quand même. Tu restais pas très assumé comme mec, même en la présence de Tasha.
C’était une femme compréhensive. Elle avait quelques années de plus que toi, tout au plus. Et, étrangement, tu ne lui enviais rien. Tu ne lui enviais rien parce que tu l’avais, elle. Ouais. Gros canard de merde. Tu l’aimais.
C’était la seule personne au monde qui avait su te comprendre et t’accorder de l’attention sans te juger. Alors ce sentiment naquit en toi. Lentement, tu développas une addiction à sa personne. Sa simple présence suffisait à te rendre heureux, à repousser tes peurs dans les zones les plus reculées de ton esprit. Elle t’obnubilait. Tu ne pensais qu’à elle. Tu ne voulais qu’elle. Toute ta vie dépendait d’elle. Sans elle, tu ne pouvais même pas t’imaginer vivre.
Pourtant, tu n’osas jamais lui signifier ton ressenti.
Surtout après ce jour où, fraîchement rentrée de la taverne où elle opérait en tant que serveuse, elle vint te prendre dans ses bras. Habitué à ce genre de démonstration d’affection, ça ne te faisait ni chaud, ni froid, d’habitude. Pourtant, cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent dans son étreinte… Elle se pressait contre toi, manqua à plusieurs fois de te renverser tant elle ne tenait pas en place et se mit à pleurer de joie contre ton épaule, prise d’une hilarité dont tu ne saisissais pas la source.

— Fren ! Il revient enfin ! Fren !

— Qui ?

— Fren ! Mon fiancé !

C’est à ce moment-là qu'à nouveau, tu te fis foudroyer le destin.
Fren D. Zaun, un agent de la Congrégation qui avait été envoyé en mission sur Ultarime pendant plusieurs mois.
Étrangement, elle ne t’en avais jamais parlé.
D'un autre côté, vous n’aviez jamais abordé le sujet.
C’est parce qu’elle ne voulait plus de lui ?
C’est parce qu’elle te voulait, toi ?
Ou alors…
C’est parce qu’elle n’avais jamais pensé à quoi que ce soit du genre avec toi ?
C’est parce qu’elle le savait ?
C’est parce qu’elle ne voulait pas te faire de mal ?
C’est parce qu’elle n’éprouvait que de la pitié pour quelqu’un comme toi ?
C’est parce que tu ne pouvais évoquer rien d’autre que ça : la pitié ou le dégoût ?
C’était ça, ta vie ? C’était à ça que t’étais destiné ? A toujours être rejeté ou recueilli pour se donner bonne conscience ? Ouais, d’ailleurs. Si elle t’avait accepté sous son toît, c’était uniquement par égoïsme ? Pour satisfaire son sens moral ? Pour pouvoir se dire qu’elle était une bonne personne ?
T’avais cru quoi, toi ?
Pourtant, tu te contentas de sourire, tes yeux de victime laissant entrevoir à quel point t’étais mort à l’intérieur :

— Ah… C… C’est génial !

L’instant d’après, tu réussis à feindre une réelle joie. Pourtant, au fond, tu sentais déjà la colère grignoter tes intestins…

Fren rentra. Et toi, tu restas. C’était un homme charmant en tous points. En plus de sa beauté physique qu’il semblait vomir sur tout le monde, il ne possédait presque aucun défaut : il était altruiste, conciliant, généreux, calme, optimiste, sociable... Et, pire encore : il était gentil avec toi. Toujours une attention. Toujours un mot poli. Amical. Jamais il ne t’avait manqué de respect, jamais il ne t’avait pas paru… Sympathique.
Et ça, tu le supportais pas. Tu supportais pas d’entrer dans la même pièce que ce couple et que Fren s’écarte de sa compagne pour ne pas te gêner. Non, bordel. Il était celui qui tu haïssais le plus au monde. Il te l’avait prise alors qu’elle était à toi. A toi, et toi seul.
A toi !
Chacune de ses actions le rendait plus détestable encore. Chaque fois tu feignais l’amitié. Ah, ouais. Tu faisais profil bas, arborais un visage lisse, d’une blancheur parfaite et dépourvu de toute animosité… Alors qu’à l’intérieur, tout était verdâtre, tordu par l’envie, déformé par tes fantasmes jaloux. Tout criait d’impatience, gémissait de douleur et  grinçait de rage. Une odeur sulfureuse, méphitique émanait des torrents de bile acide qui te rongeaient l'intégralité du corps. La haine montait en toi, petit à petit. Bientôt, elle bouillonnait, sifflait à tes oreilles. Bientôt, elle t’avait noyé.
Bientôt, tu la relâchais.

Tu les avais vus. Tu les avais entendus. Plusieurs fois. Mais cette nuit était différente. Cette nuit, à travers le mur, elle n’avait pu retenir ses cris. Elle n’avait pu te préserver de cette humiliation. Tasha avait cédé à Fren plus que n’importe quel autre soir. Et toi, seul dans ton lit comme le dernier des frustrés, tu ne pouvais te résoudre à ne pas tendre l’oreille.
Il te fallait savoir, par curiosité. Tu espérais que cela finirait mal. Dans tes rêves les plus fous, Fren révélait sa vraie nature, violentait Tasha qui le quittait et revenait vers toi. Lorsque tu fermais les yeux, il se changeait en un monstre qui brisait son propre couple.
Oh, tu avais bien essayé de les manipuler, de les monter l’un contre l’autre. Tu avais commencé à distiller ton venin petit à petit dans leurs oreilles… Mais ce n’était pas assez efficace, pas assez rapide. Certes, à terme, tu aurais sûrement fini par obtenir quelque chose. Peut-être.
Mais l’Envie est une femme impatiente. Et elle te pressait de satisfaire ses désirs.
Après tout, ça ne pouvait plus durer. Cette petite pute se faisait baiser par son bâtard de mec tous les soirs juste à côté de toi. Ouais. Tu pouvais sentir le foutre émaner depuis ta chambre. Ca te filait la gerbe. Fallait que ça s’arrête.
Tes draps moites de sueur collaient à ton corps, s’enroulaient autour de tes membres agités par ton état de nerfs. Tu mordis ton oreiller, les yeux fous et le corps tordu dans une position impossible, manquant de hurler de rage.
Puis, quelques secondes après, tout se calma.
Tu savais exactement quoi faire.

Tu attendis. Tu attendis qu’ils finissent. Tu attendis d’entendre le dernier râle de plaisir, le dernier affront qui t’était lancé. Puis, tu patientas quelques dizaines de minutes encore. Et quand le silence le plus total fut tombé sur le foyer, tu te levas, dans un état second, guidé par une force dont tu ignorais l’existence. Tes mouvements étaient vifs, précis. Pourtant, tu ne réfléchissais pas un instant à ce que tu faisais. Tes yeux bleus étaient injectés de sang, ta respiration avait pris un rythme instable, tes doigts pianotaient dans le vide alors que tu poussais la porte de la chambre du couple d’hôtes.
Tu observas les visages paisibles, si paisibles… Ils respiraient le bonheur. Même endormis, il émanait d’eux une sérénité, une joie de vivre dont la simple existence te poussait au bord de la démence. Tes lèvres se retroussèrent à cette vision. Tes doigts accélérèrent leur mouvement et une multitude de fils apparurent dans ta paume, se tordant comme un nid de serpent avant de trouver un certain ordre et de s’enrouler en un lien plus épais dont l’extrémité était si pointue qu’il aurait été difficile de déterminer là où elle s’arrêtait, même en plein jour.
Tu portas à nouveau ton regard sur Fren D. Zaun, sondas son visage à peine éclairé par la lumière sélène.
Cet enfoiré était né pour te reléguer au rang de simple figurant. Il n’était là rien que pour te rabaisser sous ses airs de Prince Charmant.
Tu exécutas un mouvement du poignet.
La construction magique obéit, traduction directe d’une pulsion primitive.
Tu lui transperças la gorge.

Et, instantanément, l’incendie qui te dévorais l’âme s’éteignit, soufflé par la vitesse de l’action. Le regard vide, vide de tout ressentiment, vide et satisfait, tu admiras ton oeuvre macabre alors que les fils se désolidarisaient les uns des autres. Une flaque pourpre imprégnait les draps, décrivant des arabesques morbides qui, sur l’instant, te fascinaient. Tuer pour la première fois n’est pas un acte anodin. Mais, pour l’heure, tu ne réalisais pas ce que tu avais fait. Tu vivais l’instant avec délectation, comme si la jugulaire de ton ennemi avait été une palette d’artiste dont tu venais d’engager le déchaînement sur la toile qu’était ce lit. Tu étais apaisé, comme repu après des mois de famine.
Pourtant, quelque chose pesait sur toi.

Tu revins à la réalité.
Les draps collés contre sa poitrine en une pitoyable défense, Tasha Gass te fixait. Et dans ses yeux, tu pouvais voir tout le contenu de la boîte de Pandore se déverser sur ta personne.
Tu titubas, frappé par cette réalité. Ton acte, motivé par ton irascible envie, t’avait aveuglé. Seul le présent avait compté à tes yeux, détruisant tous les futurs dont tu avais rêvé.

Comment aurait-elle pu t’aimer alors que tu venais de tuer son fiancé sous ses yeux ?

Alors, un tsunami te heurta de plein fouet. C'était la culpabilité, un retour de flamme à la puissance colossale et d'autant plus douloureux que la satisfaction avait été intense.
Ta bouche s’ouvrit, muette, en réponse au cri d’horreur que la jeune femme poussa. Les vibrations de l’air se répercutèrent dans tout ton corps. Tu fus pris de spasmes manquant de te faire imploser. Par instinct, tu fis quelques pas en arrière, là où la lune ne viendrait pas te pointer de ses rayons blafards et funestes. Les rideaux se soulevaient lentement, paisibles. Des suaires attirés par la dépouille fraîche de Fren, des doigts qui te désignaient comme coupable.
Le regarde de Tasha t’absorbait, te consumait. Tu ne pouvais pas t’en départir. Elle était là. Là. Toujours là. Pour l'éternité. Ce regard t’aurait suivi, peu importe là où tu serais allé. Tu le savais au plus profond de ton âme. Cette chose-là, ce monstre, ta créature… Ça te marquerait au fer rouge pour toute ta vie.
La peur se mêla à la culpabilité, révélant sa nature purement égoïste. Tu ne te sentais pas désolé pour Tasha. Tu n’avais pas pitié d’elle. Tu n’avais aucun réel regret quant à ton action, d’ailleurs.
Non.
Tu avais juste peur pour toi. Tu avais peur que ça te ronge. Tu refusais d'avoir à supporter son malheur toute sa vie.
C’était de sa présence dont tu avais peur.
Tu ne pouvais plus la supporter. Tu étais beaucoup trop faible pour ça.
Les larmes aux yeux, tu laissas tes doigts extérioriser ta crainte.
Une seconde plus tard, les draps avaient entièrement viré à l’écarlate.

Ton idiosyncrasie. Délectable.

• • •

Dépression. Alcool. Plus de dépression.
Beaucoup plus d’alcool.
Tu ne sais pas combien de temps ça dura. De toute façon, le temps est bien relatif quand on est une épave comme toi à cette époque, non ? En position latérale de sécurité dans ton coin, chaque soir dans les mêmes bars, tu n’émergeais de ton état perpétuel d’ébriété que lorsque tu n’avais plus assez d’argent pour te payer ta dose d’ivresse. Alors, angoissé par la réalité, tu volais à tous ceux que tu croisais.

Parce que la culpabilité te rongeait. Tu regrettais, tu désirais autre chose. Une autre vie. Un atutre statut. Tu te demandas même un jour si, une fois tué une première fois, tu renaîtrais réellement sous la forme d’un Phénix…
Il n’y avait plus de jalousie, seulement de l’envie. Car la jalousie suppose que tu possèdes déjà quelque chose. Or, tu n’avais plus rien. Seulement du sang sur les mains et une foie malade.
Dès que tu entrait en contact avec un inconnu, même de la manière la plus triviale qui soit, tu ne pouvais t’empêcher d’imaginer son existence, ses ambitions, son passé et son futur. A partir de simples préjugés, tu construisais des personnages fantasmagoriques qui te blessaient dès que tu y pensais. Tout était là pour t’anéantir un peu plus, pour te faire crever, pour agrandir le vide immense que tu portais en toi et que cette même envie élargissait de jour en jour, sorte d’ogre toujours plus affamé.
Et dès que tu avais volé un peu d’argent, véritable toxico’ en manque, tu t’empressais alors de te noyer dans la picole, peu importe l’heure. Torché, tu faisais n’importe quoi. La plupart du temps, tu te contentais de chialer comme un fragile. D’autres fois, tu tentais de faire du relationnel, sans succès. Et puis, très occasionnellement, tu oubliais absolument toutes tes préoccupations.

C’est un soir de ce genre-là que tu l’as rencontré.

• • •

— Pigeon de feuuu ! PIIIGEOOON DE FEUUUUUUU !

L’air battu par tes ailes faisait se renverser les verres, s’énerver les mâles en manque de reconnaissance et glousser quelques petites dindes. Elles sont pas dégueu, tes ailes. Elles flamboient, on les dirait forgées dans le plus chaud des brasiers.
Dommage qu’à ce moment, tu avais oublié pourquoi tu ne les montrais jamais. La tension avait commencé à monter lorsque tu t’étais mis à voleter comme tu le pouvais, après être resté un long moment à vanter la qualité de tes membres supérieurs. Tu te cognais contre le plafond, les murs, les gens. Les gérants commencèrent à s’énerver et à te demander de sortir. Plusieurs fois. Au début réticent, tu finis par céder lorsqu’on te menaça de mort et qu’on te conseilla de ranger tes petits jouets aériens si tu voulais pas finir en magret.

— Piou, piou… Ahah… Ok, c’est boooon… J’fais c’que j’veux ‘vec mes ailes làààà… J’assume, moi… T’as cru… Tu m’as pris… Pour… Pour qui ?


Mais comme une grosse baltringue plus imbibée d’alcool qu’un baba au rhum périmé, Loki chéri.
Et tu sortis. L’air frais te donna comme un coup de fouet. Tu pris une grande inspiration et te mis à déambuler sans trop de but, trébuchant à plusieurs reprises alors que tu faisais l’avion avec tes ailes plus lumineuses que jamais, dessinant des traits orangés dans le vide accompagnés de phrases que tu tentais de baver (sans succès).
Le monde tournait autour de toi, mais tu t’en branlais. C’était devenu normal, à force. Assommé par la douzaine de verres que tu t’étais enfilés, tu ne sentais plus vraiment certaines parties de ton petit corps fébrile.

— Flop, flop, flop, ânonnais-tu en mimant un envol qui se serait assurément soldé en plusieurs fractures ouvertes.

Soudain, des bruits de pas te tirèrent de ton délire. Tu t’immobilisas, inquiet. Chacune de tes expirations se matérialisait par un petit nuage de fumée moite qui disparaissait dans la nuit. C’était la pleine lune et tu étais arrivé près d’un… Euh… Une sorte de parc, sûrement. Avec tout plein de cailloux bizarres. Tu n’arrivais pas trop à déterminer la nature du bordel, mais ça ne comptait pas car, derrière toi, tu entendis le sifflement de l’épée que l’on sort de son fourreau.
Tu ne te retournas pas un instant.
Détalant comme un lapin, tu te mis à courir, décrivant des zigzags, dans le soi-disant “parc”. Une étrange terreur, à la fois inhibée et exacerbée par l’alcool, te motiva à battre quelques fois des ailes pour accélérer en faisant de grands bonds. Mais ta fuite ne pouvait pas être éternelle, mon poulet.
Au bout d’un moment, tu finis par tomber dans un cul-de-sac. Devant toi, un immense tombeau et les grilles de ce qui s’était avéré être un cimetière. Oh, bien sûr, tu aurais pu t’envoler pour passer au-dessus. Sauf que tu savais pertinemment que tu te serais empalé sur le haut de la barrière. Alors, tu risquas un oeil derrière toi.
A travers la brume de la nuit et celle de l’ébriété, tu distinguas un homme d’une carrure plutôt moyenne, quoique respectable. Une chevelure blanchâtre et un regard étrange qui te terrorisa dès que tu le croisas. Dans son dos, l’épée que tu avais dû entendre plus tôt. T’avais plus trop le choix, mon pauvre. Tu te retournas complètement, refoulant les larmes qui commençaient à te monter aux yeux alors que l’homme se changeait en une sorte de créature lupine.
Tu ne comprenais pas pourquoi, ni comment. T’étais bourré, complètement bourré. Tout ce que tu voyais, c’était un Loup-Garou qui fondait sur toi sans raison apparente.

Ce n’est que lorsque ce fieffé margoulin t’asséna un coup de patte t’envoyant rouler sur quelques mètres que tu saisis la gravité de la situation.
T’allais crever, putain.
Cherchant frénétiquement une échappatoire que tu ne trouvas pas, tu sentis ta poitrine entaillée te lancer. Sans trop maîtriser quoi que ce soit, tu passas à l’action, les yeux à moitié fermés, ne distinguant que des ombres s’entrechoquant par flashes désagréables. Tu déchaînas un déluge de fils sur l’ennemi, lacérant sa peau comme tu le pouvais.
L’affrontement dura peu de temps.
Ou toute la nuit.
Quoi qu’il en soit, tu finis par rouvrir les yeux sur le ciel nocturne, étalé sur le sol, comme si tu avais cédé sous le propre poids de ta misérable existence. L’autre avait collé un bordel froid au niveau de ton flanc arraché par ses crocs.
T’y pigeais rien. Ça n’avait aucun sens, en fait. C'était grotesque.
Toujours est-il que tu finis par ne plus rien voir du tout.

Game over.
Lives remaining : 2.
Try again ?


• • •

Une lueur rougeoyante anima le tas de cendres. Quelque chose s’y tordit pathétiquement avant de remuer avec plus d’ardeur. La forme grossit, grossit jusqu’à prendre des traits connus, ajoutant les résidus grisâtres à sa propre matière.
Soudain, tu ouvris les yeux et inspira comme si tu venais de réchapper à la noyade.
Tu repris durant quelques instants tes esprits, haletant frénétiquement, cherchant un support sur lequel t'appuyer. Quand tous tes sens revinrent, tu sentis un frottement désagréable sur tes poignets.
Alors, tu le vis, en train de te ligoter.

— PUTAIN D’ENCULE D’TA RACE ! TA MERE LA CHIENNE QUE J’PRENDS ENTRE DEUX PUTES ! BORDEL DE COUILLE DÉGOULINANTE DE CHIASSE ! SALOPERIE D’CLEBS ! J’VAIS T’BAIS — !


Une claque magistrale administré par ledit gougnafier te ferma ta gueule. Tu ne trouvas d’autre réponse à fournir qu’un regard à cheval entre le meurtrier et le victimaire.
Parlant de meurtrier, l’homme qui te faisait face en était un. Après tout, il venait de te prendre l’une de tes vies avec ton sang. Accompagné d’une sorte de loque amorphe nommée paresseux, il avait pour objectif de te livrer au Crépuscule, une organisation dont tu n’avais entendu parler que vaguement… Mais que tu craignais pour ses activités potentiellement dangereuses pour ta personne. Craintes justifiées, visiblement. Le choc te coupa la respiration.
Deux chances… T’avais plus que deux chances. Bordel. Combien de temps t’allais tenir ? D’autant plus qu’on te menait dans un endroit où elles seraient sûrement utilisées pour des gens qui les méritaient plus que toi…
Une infâme angoisse manqua de te faire céder ton estomac. Elle ne te quitta plus pendant des semaines.
Pourquoi encore toi ? Pourquoi t’étais un putain de piaf ? Pourquoi toutes tes peurs se concrétisaient ? C’était comme si une sorte de puissance cosmique te considérait comme son souffre-douleur. Comme si elle t’avait condamné à contempler les autres, ces autres que tu haïssais, vivre tranquillement alors qu’on te martyrisait. Etais-tu le seul Phénix dans ce bar où il t’avait trouvé ? Que se serait-il passé si tu avais été autre ?
Tu imaginais la fin de soirée des autres clients. Certains avaient sûrement passé la nuit ensemble. D’autres avaient dû rire jusqu’aux larmes.
Et toi, t’étais mort.

L’inconnu finit par atteindre sa destination. Avec toi. Pourtant, tu avais tenté de t’échapper quelques fois. Mais le traumatisme dû à la prise de conscience du destin qui t’attendait t’avais rendu aussi actif que le cadavre que tu étais voué à devenir. Sûrement aurais-tu pu échapper au Loup-Garou, mais la peur t’avait paralysé, t'avais fait oublier toute velleité rebelle. Tu n’avais même pas envie de te battre. Ton instinct de survie, l’essence même de ta personnalité… Balayé en même tant qu’une de tes vies.
Alors tu te laissas porter, vide.
Jusqu’à ce qu’on te jette dans une cellule.

T’allais sûrement finir comme ceux que t’avais condamnés : ta famille. Haha. ‘fallait pas être méchant avec les gens, comme ça… Tout finit par se payer, baltringue.
Un objet, un instrument de médecine.C’est ce que tu deviendrais. Rien de plus. Tu clamserais de la manière la plus paradoxale pour toi : en donnant tes vies pour les autres. Pour ces autres qui possédaient plus que toi. Pour ces autres qui n’étaient pas des Phénix. Pour ces autres qui avaient tout ce que tu n’avais pas ! Tout ce que tu désirais !
C’était injuste ! Profondément injuste ! Bordel, pourquoi finissais-tu toujours par te faire niquer ? Pourquoi ça tombait toujours sur toi ? Pourquoi t’étais qu’une merde par rapport à eux ? Hein ?
Pourquoi, putain ?!
C’était là le déclic. Le déclic pour qu’enfin, tu redeviennes Loki Scanraithe. Tu venais de te rendre compte d’une chose : t’avais aucune envie de rester un tas de cendres amères pour l’éternité.
Nan, nan. Ça se passerait pas comme ça.
Tu étais désespéré, mais galvanisé par l’énergie inhérente à ce sentiment.
C’est ainsi que lorsque ton meurtrier vint te rendre visite, tu te jetas à tes barreaux :

— S’il vous plaît, me tuez pas encore. J’suis prêt à tout. S’il faut que je me fasse frapper tous les jours pour qu’on puisse récolter mes larmes, j’m’en fous. J’en ai putain d’rien à foutre. Epargnez-moi, et j’vous fournirai les noms de trois comme moi ! J’ai rien foutu d’ma première vie, laissez-moi au moins faire quelque chose de la deuxième !


Et ainsi épiloguas-tu pendant quelques minutes, te forçant à pleurer, exagérant l’émotion dans ta voix…
T’avais une chance. Il te fallait la saisir absolument. Même si tu finissais à devoir torcher le cul des pensionnaires du Quartier Général Crépuscule comme une râclure de chiottes pendant quelques années, ça t’était égal. L’outrecuidance était une des rares tares dont tu n’étais pas affublé.
Tu voulais juste survivre.
C’est alors que ta parole se libéra :

— Ils ont tout et j’ai rien ! J’ai rien ! Vous avez tout, vous m’faites chier avec tout c’que vous pouvez représenter ! Bonheur, force, charisme, beauté, désintéressement, courage, amour… J’ai la gerbe, j’ai envie de tous vous gerber à la gueule en espérant que cette gerbe pourrisse tout ce que vous avez ! T’as pigé ? Tout ! TOUT !

Ta petite tirade avait résonné dans tout le département des prisons. Et elle n’était pas tombée dans l’oreille de sourds.
Toujours est-il que, lorsque tu eus fini, le Loup-Garou te proposa un marché : si tu te mettais au service de l’organisation, tu vivrais.
Il va sans dire que tu acceptas l’offre, opportuniste et ne réfléchissant pas un instant aux conséquences de ton choix.

• • •

Bridvar, c’était le nom du connard qui t’avais buté. Tu l’appris assez tôt, étant donné que tu dus l’accompagner plusieurs fois dans ses missions. Au début, tu le haïssais. Tu avais l’oeil vif, prêt à saisir la moindre occasion pour qu’il soit victime d’un “malheureux accident”.
Mais, à vrai dire, plus le temps passait, et moins tu songeais à ça. Aussi étrange que cela puisse paraître, ton ressenti quant à cette personne évoluait vers le positif depuis certains fous rires et autres moments sympas survenus contre toute attente.
Et même l’envie, la pire des envies, celle de vouloir lui reprendre la vie qu’il t’avait prise… Même cette envie disparut. Pas au sens où elle se serait évanouie dans la nature, non… Disons plutôt qu'elle s'était… Transfigurée ? Oui. Il y avait en ce mec quelque chose qui te troublait, qui suscitait un sentiment étrange. Un truc sur lequel t’arrivais pas à poser le doigt, mais qui te plaçait dans une position de gêne.

T’es vraiment con, Loki, quand même.

Quoi qu’il en soit, le Loup-Garou avait cet humour qui te correspondait. Lourd, beauf, à chier. Bref, tout ce que t’aimait !
Victime d’un genre de syndrome de Stockholm à retardement (comme ta virilité, elle aussi très retardée), tu finis même par l’apprécier. Je t’avoue que j’ai toujours pas trop compris pourquoi, ni comment. Mais j’ai abandonné depuis longtemps avec toi, t’es une déception sur pattes.
Et lorsque tu pris ta première cuite avec Bridvar, ce fut… Une révélation. Ce mec, c’était ton binôme attitré. Ton pote. Ton bro’. Ce que tu veux. Malgré son caractère opposé au tien sur de nombreux points, tu ressentais, pour la première fois depuis longtemps, quelque chose de positif pour quelqu’un. Ses qualités que tu enviais, tu avais la profonde intuition qu’il pouvait peut-être te les transmettre. Par conséquent, il était inutile de chercher à le heurter.
Bref, tu venais te débloquer un nouveau succès : premier ami !
...
J’arrête pas de le répéter, mais t’es un baisé, quand même.

• • •

Et puis un beau jour, une expérience fort traumatisante se produisit.
Le clan duquel était originaire Bridvar, une belle bande de beatniks, vous avait conviés à une beuverie. Evidemment, vous aviez accepté. Après tout, on ne refuse pas une telle invitation…
Comme à l'accoutumée, d'après les participants, la scène devint assez vite surréaliste et les verres se distribuaient aussi vite que les nez étaient brisés. C’est alors qu’un homme qui, visiblement, connaissait ton ami, vint à votre rencontre. Avec un regard qui ne t’inspirait que peu confiance, il vous proposa d’essayer une nouvelle substance aux effets encore inconnus.
Bien entendu, vous finîtes par accepter.

Alors, ce fut le trou noir.

Lorsque tu te réveillas, toute trace de la fête avait disparu. Étrangement, tu n’avais pas mal au crâne, pas mal au ventre. Rien. Tu sondas les alentours.
Il n’y avait que toi et Brid’. Seuls, au beau milieu de… De quelque part. Aucune trace de civilisation. Partout, seule la nature répondait à la nature. Et puis vous étiez là, deux branleurs faisant tache dans ce paysage aux airs inviolés. La peur commença à monter. Où est-ce que vous étiez tombés ? Qui vous avait fait ça ? C’était pas normal, bordel. Tu connaissais bien les lendemains difficiles, mais de là à te retrouver dans un endroit si différent de là où tu étais parti… Nan, nan, y avait un truc. Mais quoi ?
Ca, ça restait à définir. Et putain ce que ça pouvait te foutre les jetons...

Quoi qu’il en soit, vous ne pouviez rester statiques éternellement. C’est donc dans l’incompréhension la plus totale que vous vous mîtes à vagabonder sans trop de but.
Des ruines. Des créatures peu commodes. Un désert. Voilà qui pouvait résumer cet endroit maudit. Mais à force de marcher comme les deux paumés que vous étiez, vous finîtes par trouver quelqu’un qui eut la bonté de vous indiquer là où vous vous trouviez.
Mu.
Sur Eclypteth.
Loki, tu crus que t’allais t’effondrer. Eclypteth. C’est de là que t’étais originaire. C’est de là que t’avais fui pour rejoindre Kalerya. C’est là que tout avait commencé pour toi. Tu t’étais cassé de ce merdier, ce n'était pas pour y retourner !
Tu pétas les plombs, gueulant qu’il fallait trouver un Passeur, qu’il fallait dégager au plus vite de ce monde à chier. Ta famille, tes anciens amis, les mercenaires… Putain. Tout remontait dans ton esprit comme une vieille cassette qui se serait rembobinée à toute vitesse.
Tu ne terminerais pas sur cette terre pourtant aussi détestable que toi, c'était une certitude.

C’est donc avec la plus grande des motivations que tu te mis à chercher un moyen de rentrer sur Kalerya, sillonnant avec Bridvar le si fantastique pays de Mu, aussi vivant que tu étais altruiste. Mais, à part des tas de pierres moisis, tu ne trouvas rien. Les jours s'enchaînèrent et vous vous nourrissiez de ce que vous trouviez. Étrangement, la nourriture n’avait pas la saveur attendue. Mais, sur le coup, ça te dérangeait pas. T’étais plus préoccupé par le fait de rentrer qu’autre chose.
Parfois, les endroits se ressemblaient et des phénomènes surnaturels paraissaient s'y produire, distordant l’atmosphère de manière inopinée.
Ça aussi, tu t’en lattais les burnes sur le moment..
Le temps passa. Tu ne saurais dire combien de temps passa, mais il passa. Plusieurs jours, au moins. Plusieurs semaines ? Plusieurs mois ?
Les durées demeuraient incertaines.

Vint un moment où, au détour d’une énième ruine, un rugissement retentit. Tu te stoppas net, mais Bridvar continua d’avancer… Et se fit faucher par une créature indescriptible. Il tenta bien de se défendre, mais en vain. Le tout pendant que toi, tu restais immobile, pétrifié. Il allait s’en sortir tout seul, de toute façon, non ? T’avais pas à intervenir, t’avais pas à te mettre en danger, non ?
Non… ?
Peut-être que si, en fait. La bête prenait le dessus, et ton pote se faisait réduire à l’état de steak de loup sous tes yeux.
Alors, une sorte de regain de testostérone afflua depuis ton entrejambe dans tes veines.Tu réagis par instinct, ne sachant même pas ce que tu faisais, comme d'habitude lors de tes rares moments de combativité.
Tu raffermis ta prise sur ta Gáe Fealltóir et, alors que la créature se dressait sur deux pattes pour asséner un énième coup à Bridvar, tu la percutas, plantant ta lance dans son abdomen. La bête hurla de douleur, tituba vers l’arrière, et tomba. Au demeurant hors d’état de nuire, ça ne t’empêcha pas de t’assurer de son trépas. Enragé, tu continuas à la transpercer. Coup après coup, en dépit du fait que tu l’avais tuée, somme toute, assez rapidement. Tu t’acharnas donc comme le dernier des connards sur son cadavre jusqu’à la réduire en charpie... Et jusqu’à ce qu’une projection de sang verdâtre vienne toucher ton œil gauche. Pauvre bouffon, va. Ça t’arrêta net, et, une main sur ton visage souffrant, tu t’effondras au sol avec une exclamation de douleur.

Quand tu rouvris les yeux, tu te trouvais dans les vestiges de la fête. Oui. La fête à laquelle tu avais participé avant de te retrouver à Mu. Là, tu compris encore moins que lors du voyage aller.
Mais, pour le coup, t’en avais rien à foutre.
Ce n’est que bien plus tard que tu appris que tout ça n’avait jamais été qu’une hallucination de la substance offerte par le cousin de Bridvar.
Dans tous les cas, ton oeil gauche était à moitié flingué, après cet épisode. Et plus jamais tu toucherais à un drogue expérimentale.

• • •

Le temps passa. Ta vie se stabilisa, plus ou moins. Au Crépuscule, tu te désolidarisas un peu de Bridvar, malgré votre amitié grandissante. Tu exécutas plusieurs missions en solitaire.
C'est à ce moment-là que tu appris à afficher une image différente de ta personne, à feindre un tempérament factice qui te permit à de nombreuses reprises de gagner des batailles par simple intimidation. De manière étrange, chacune de tes réussites était motivée par l’envie que tu éprouvais à l'égard de tes objectifs À chaque fois, tu réussissais à accomplir ces denrniers grâce à ce sentiment qui prenait le contrôle de toi, galvanisant tes instincts retors et haineux. De toute façon, il n'était pas très dur de mobiliser ces derniers. Toute ta vie, tu l’avais passée à désirer ce que tu n’avais pas… Or, tu n’a jamais eu grand-chose. Autant dire qu’il était facile de te mettre dans cet état de rage.

Dans un accès de jalousie, tu fus pris d’une nouvelle lubie : acquérir un familier. Ainsi, dès tu en eus l’occasion, tu te plaças au centre d’un enchevêtrement de traits obscurs faisant appel à des arcanes oblitérés par le temps. On te demanda de fermer tes yeux et de te focaliser sur le souvenir qui t'était le plus agréable. D'abord hésitant, tu finis par te laisser aller. Et aussitôt, une vision s’imposa à ton esprit.
Celle du moment où tu avais livré ton frère aux mercenaires d’Eclypteth.
Même si la suite n’avait pas été de la plus grande gaieté, cette image te procurait une joie presque extatique, avec le recul. C’était ta plus grande victoire. C’était grâce à ça que tu en étais arrivé là, au Crépuscule, infiltré parmi ceux qui représentaient le plus grand danger pour ta personne auparavant.
Il était là, ton point de départ. Finalement, tout avait commencé à cet instant où tu avais renié ta famille. Oh, certes, le voyage t’avait coûté une vie. Mais il t’en restait deux. Et tu ne comptais pas les gaspiller. Grâce à ta félonie, tu avais pu te hisser plus haut que tu n’aurais jamais pu le faire.
Un éclat chimérique se mit à émaner du cercle magique à tes pieds. Son jumeau, encore vide, lui répondit par un comportement similaire. Petit à petit, la lueur se renforça et prit des reflets verts. Enfin, lorsque la radiance atteignit son paroxysme d’intensité, une forme immatérielle apparut au centre du tracé situé en face de toi.
Tu rouvris tes yeux.
Un grand corbeau te fixait, l’air intrigué.
C’était ton familier, et vos premières expériences ensemble te conduisirent à le nommer Jerk.

C’est également à ce moment qui suivit ta mauvaise expérience avec Bridvar que tu pus extérioriser ta frustration.
Au détour de tes différentes missions, une fois placé en position de supériorité, tu te révélas à de maintes reprises tyrannique, échafaudant des plans complexes et ourdissant de noirs complots pour le seul plaisir de voir le bonheur des gens disparaître de leur regard.
Parfois, tu te débridais de la plus ignoble des manières, allant jusqu’à battre à mort ceux que tu avais au préalablement mis dans une situation leur empêchant toute défense.
Comme il était facile d'apaiser son corps et son âme en violentant ceux des autres !

Au reste, rien n’était suffisant. Rien ne pouvait rassasier l’ogre. Il en voulait toujours plus. Et plus tu lui apportais ces offrandes, plus tu te soumettais à sa volonté, plus il grandissait, ses crocs crissant contre les parois de ton crâne alors qu’il ouvrait sa gueule monstrueuse en attente de quelque substance.
Et c’est lorsqu’ils le virent qu’enfin ils comprirent. Ils comprirent ce que tu étais. Ils le comprirent à ton insu et malgré toi qui, de l’intérieur, n’observais qu’un schéma abscons où se mêlaient tes abjects traits de personnalité.
Toujours est-il qu’on te proposa de rejoindre le dixième commandement en tant que Péché de l’Envie.
Et que tu acceptas.

Finders keepers, losers weepers...


*Spéciale dédicace à Bichon.



Dernière édition par Leo Alexandre le Mer 9 Nov - 0:32, édité 1 fois
● Dragon de foudre - Incube ●
● Dragon de foudre - Incube ●
avatar
pic-profil
Messages :
485
Kinahs :
89800
Age :
20
Date de naissance :
25/09/1996
Date d'inscription :
14/10/2016

Informations
Caractéristiques:
Magies & Armes:
Relations:
http://www.kalerya-entre-monde.com/t99-alexander-bianco http://www.kalerya-entre-monde.com/t202-fiche-technique-alexander-bianco http://www.kalerya-entre-monde.com/t363-journal-intime-alexander-bianco#1821 http://www.kalerya-entre-monde.com/t317-tresorerie-personnelle-alexander-bianco http://www.kalerya-entre-monde.com/t261-dossier-rp-alexander-bianco http://www.kalerya-entre-monde.com/t362-mise-a-jour-dossier-rp-alexander-bianco#1820

Dim 23 Oct - 17:18
Re-Bienvenue Loki o/
Bonne continuation pour ta fiche.


Alexander parle en #7343a3
Byakko parle en #e8891a
Invité
avatar
pic-profil

Invité
Dim 23 Oct - 17:32
Merci à vous, les cocos ! :nomad:
J'vais essayer de pas mettre trop de temps pour boucler ça. >>
❖ Dragon de l'eau & Vampire de sang pur ❖
❖ Dragon de l'eau & Vampire de sang pur ❖
avatar
pic-profil
Messages :
2537
Kinahs :
621942
Age :
23
Date de naissance :
05/02/1994
Date d'inscription :
12/09/2016

Informations
Caractéristiques:
Magies & Armes:
Relations:
http://www.kalerya-entre-monde.com/t76-ryuu-tachibana-drazleyth http://www.kalerya-entre-monde.com/t146-ryuu-tachibana-drazleyth http://www.kalerya-entre-monde.com/t365-ryuu-t-drazleyth http://www.kalerya-entre-monde.com/t150-ryuu-tachibana-drazleyth http://www.kalerya-entre-monde.com/t151-ryuu-tachibana-drazleyth http://www.kalerya-entre-monde.com/t152-ryuu-tachibana-drazleyth En ligne

Dim 23 Oct - 17:45
Coucou et bienvenue chez nous :D Bon courage pour ta présentation !
Pense à participer à la loterie de Halloween :♥:
❖ Dragon du feu - Banshee ❖
❖ Dragon du feu - Banshee ❖
avatar
pic-profil
Messages :
755
Kinahs :
59372
Age :
25
Date de naissance :
01/07/1992
Date d'inscription :
09/10/2016

Informations
Caractéristiques:
Magies & Armes:
Relations:
http://www.kalerya-entre-monde.com/t116-siriel-k-vineldyl http://www.kalerya-entre-monde.com/t379-siriel-k-vineldyl-f-t http://www.kalerya-entre-monde.com/t384-siriel-k-vineldyl-ses-petits-tresor http://www.kalerya-entre-monde.com/t382-siriel-k-vineldyl-le-fil-rouge-de-sa-vie http://www.kalerya-entre-monde.com/t383-siriel-k-vineldyl-des-noeud-sur-le-fil#2021

Dim 23 Oct - 21:27
Hakuryuu *w*
Bienvenue :DD Si tu as la moindre question n'hésites pas.
Invité
avatar
pic-profil

Invité
Mar 8 Nov - 22:51

Racontez-nous votre histoire


Ton histoire ? Haha ! Mais qui voudrait écouter ton histoire ? Qui s’intéresserait assez à ta pitoyable petite personne pour vouloir en connaître plus sur toi ? J’ai du mal à comprendre les gens, parfois. A croire que t’arrives à être attachant pour eux. Putain de blague.
Bon, allez, je peux bien faire un petit topo. Voici donc un récit de ta vie de merde…

Tu es né à Olmahoura, dans le monde d’Eclypteth, un 1er jour de Laveria.

Ta famille était de la classe moyenne, bien qu’ils tendaient sérieusement vers l’échelon d’au-dessus. lls vivaient dans une grande ville de la région, ombres parmi les ombres. Ils étaient banals, quoi. Pas d’héritage générationnel tombé d’on ne sait où, pas d’appartenance à un mystérieux réseau souterrain, pas de position particulière dans la société et pas de compétences exceptionnelles si l’on excepte leur statut de Phénix. Statut que tu partages avec eux, évidemment. Issu d’une lignée pure, tu es né avec rien d’autre dans les veines que ce liquide rouge aux propriétés surnaturelles, potion de résurrection convoitée par toutes et tous.

Tu avais un frère aîné : Lierem. Un jeune homme né sept ans avant toi et qui s’avéra vite brillant dans le cadre de ses études. En effet, vos parents avaient les moyens de faire de vous des gens lettrés.
Toi, tu n’étais pas mauvais non plus. Sans être un génie, t’avais cette capacité à trouver tout un tas de stratagèmes pour gruger le système et obtenir de bons résultats, que tu te fasses chier à bosser ou pas. Tu trichais, ouais. Tu trichais, qu’il y en ait besoin ou non. Tu t’en branlais. T’as toujours été un tricheur. Dès le début, t’avais pas de morale. Tu voulais réussir, rien d’autre. Tu voulais réussir. Pourquoi ? Pas par envie, pas pour satisfaire les attentes de tes parents. Tu voulais réussir parce que tu désirais être quelqu’un. Sortir du lot. Écraser les autres.

De fait, si tu cherchais pas à lécher le cul de tes géniteurs, c’est parce qu’ils n’attendaient rien de toi. A vrai dire ces derniers ne t’ont pas désiré. T’es le fruit d’un accident, d’un coup de rein fatidique qui, pour quelques instants d’orgasme a condamné tes parents à neuf mois de parasitisme. Mais bon, que veux-tu ? Ta mère n’allait pas t’expulser depuis le haut de sa fenêtre directement dans une benne à ordures, si ?
C’est donc rongés par la perspective de la culpabilité inhérente à l’abandon qu’ils ont décidé de te garder. Pour cette raison et rien d’autre, petit bâtard.
Ils te l’ont avoué, ça. Plus d’une fois. Au début, ça te faisait mal, ça te heurtait comme rien d’autre. Tu te mettais alors à chialer dans ton lit avec personne pour venir te réconforter. Et puisque tu étais seul, tu tentais de te tourner vers tes amis. Mais tu ne les gardais pas longtemps. Eux, ils avaient des familles aimantes et ne t’accordaient, par conséquent, moins d’importance que tu le faisais. Et ça, tu le supportais pas.
Alors, tu les perdais, puisque tu finissais inévitablement par les traiter avec méchanceté, leur empoisonnant la vie par pure jalousie.

Tu t’es donc vite retrouvé isolé, sans aucun réel attachement à quiconque. Automatiquement, une telle condition crée de la frustration. Et la frustration, si elle n’est pas satisfaite, est réorientée vers les autres pour éviter l’auto-destruction de celui qui en est le sujet.
Tu en vins donc à vouloir détruire les liens entre les gens et non pas en créer entre eux et toi. Ca te bouffait de l’intérieur, putain. Tu voyais leurs sourires, leur bonheur dégueulasse. Tu entendais leurs rires de merde, leurs exclamations de joie. Tu sentais l’odeur écœurante de leur mièvrerie, de leur amour qu’ils te jetaient à la gueule comme de la pisse. Tu sentais ces frissons de haine, cette brûlure dans tes tripes, cette chaleur qui te montait à la tête. Et là, seulement là, tu l’avais en bouche.
Le goût de la défaite. Celui des bons sentiments spoliés, celui de l’échec, celui des cendres de ta ruine. Ouais, tu le ressentais. Tout le temps. Bordel, ce que t’avais envie de cracher. Cracher cette haine, cracher cette saveur merdique pour t’en purger.
Leur cracher à la gueule.

Tu les aimais pas, tes parents. Tu commença à les haïr dès que tu atteignis une dizaine d’année, l’âge où tu devins assez solide pour assumer cet état d’esprit. Y avait que ton frère qui te témoignait un minimum d’affection. Mais tu le rejetais. Parce que c’était lui, la source de ton malheur. Il était le premier, l’enfant désiré, le fils prodige, le chef-d’oeuvre de la famille. Alors que toi, Loki, t’étais rien. T’étais le déchet, le boulet, l’anonyme, la sous-race de la maison. Tu valais que dalle, tu pompais l’argent de tes parents comme une sangsue, rien d’autre.
A force, on avait fini par faire rentrer ce rôle dans ta tête. Et tu t’y étais résigné. Guidé par ta détestation de ces gens, tu t’étais résolu à profiter d’eux, à leur pomper jusqu’à la dernière goutte de sueur et de sang pour construire ton tremplin vers une vie où enfin tu serais reconnu.

C’était pour ça, ouais. C’était pour ça que tu avais l’ambition de te faire un nom. Pour ne plus jamais avoir à jalouser quiconque. Ça t’obsédait. Ça t’obsédait puisque tu savais parfaitement à quel point ton ressenti était coupable. T’en débarrasser, c’était ton rêve. Et pour l’accomplir, eh bien… Il fallait la satisfaire, cette envie.

Mais un problème de taille vint vite s’ajouter à tes petites préoccupations égoïstes. Dans la région où tu vivais, une sorte de frénésie s’installa alors que tu étais âgé d'une quinzaine d’années.
D’abord, dans les campagnes, les villages étaient mis à feu et à sang par un groupe diffus. Les maisons étaient pillées et ceux qui résistaient gagnaient un aller simple vers la tombe. La raison de tels accès de violence ? Une crise économique de grande ampleur amenant avec elle famine et rage. La catastrophe était, cela dit, très localisée. Elle ne concernait que la petite partie d’Olmahoura où tu vivais. Malgré ces excès d’une rare colère, ce déchaînement n’avait pas de quoi secouer le pays, loin de là.
Mais toi, ça faisait bien plus que te secouer.

Toi non plus, tu n’avais plus beaucoup d’argent durant cette période. A vrai dire, t’étais carrément ruiné. Si bien que, lorsque tu croisais un chat dans la rue, t’y voyais un bout de viande plus qu’une boule de poils. En effet, la crise avait frappé ton foyer, certes… Mais Lierem aussi l'avait heurté. Ton frère, ton excellent frère, ton putain de génie de frère avait décidé d’étudier dans la plus prestigieuse des académies du pays. Ce petit enfoiré avait donc obligé les Scanraithe à s’endetter. Et toi, tu enrageais. Tu enrageais comme la plus malsaine des bêtes. Tu enrageais car ton frère venait de démolir tout tes espoirs pour l’avenir.

En outre, les troubles qui ébranlaient la région arrivèrent bientôt en ville. Le niveau de sécurité chuta et c’est la peur au ventre que tu sortais chaque jour hors de ta maison. Parce que tu savais ce que tu étais.
T’étais un Phénix. Et les Phénix, ça se revend bien.
Ça, tes parents te l’avaient appris dès ton plus jeune âge : ne jamais montrer ses ailes en public, ne jamais offrir ses larmes, ne jamais laisser personne toucher à son sang. C’est donc durant toute ton enfance que tu avais craint qu’on te découvre un jour, le temps défigurant ces simples interdictions pour les changer en phobies compulsives.
Et là, plus que jamais, tu avais un statut de bien marchand. Tu assistas à des passages à tabac en pleine rue, à des poursuites, à des émeutes. C’était le chaos. Le chaos partout. Pour tout. Tout le temps.
Putain ce que t’avais peur. Tu flippais ta race, même. T’avais les intestins tordus, les burnes rétractées et les yeux fous. Le danger était omniprésent. Bientôt, la cité serait balayée par la folie et toi, tu finirais sûrement exsangue dans une ruelle sans avoir jamais rien accompli de ta vie.
C’est cette perspective qui t’a fait réagir. Après tout, t’avais plus rien à perdre, non ? Une famille qui te donnait la gerbe et plus d’argent pour t’en sortir.
Il te fallait partir. Partir loin, là où tu pourrais tout recommencer. Là où tu ne serais plus Loki Scanraithe le bâtard, mais un homme comme un autre. Un homme qui ne serait pas pourchassé pour avoir commis le crime d’exister.

Ouh la la, que c’est dramatique, on en chialerait presque. Pauvre tarlouze.

La suite est moins rigolote, puisque t’as piégé et vendu ton frère comme le dernier des enculés à un groupe de mercenaires plus que réputé. Ouais, tranquillement et sans trop de remords. T’as même aimé ça, hein, mon salaud ? Ah putain oui, t’as apprécié de le voir tomber plus bas que terre, de le voir anéanti par tes actions.
T’avais gagné, quoi. T’avais gagné contre lui, ton ennemi, celui qui t’avais toujours noyé dans son ombre.

— Je veux de quoi vivre un bout de temps, la vie sauve et un passage vers Kalerya.


C’est ce que tu avais dit aux malfrats lorsqu’ils t’avaient pris à parti dans un endroit où personne ne t’aurait retrouvé. Alors qu’ils avaient juste pour but de faire de toi leur vache à lait (enfin, à larmes), tu leur avais proposé les trois vies de ton frère en échange de services rendus à ta personne, prétendant être déjà mort deux fois et les convainquant de la richesse qu’ils pourraient tirer du sang de ton aîné.
Et en bonus, ils t’avaient aussi offert une lance pour te défendre : la Gáe Fealltóir. Une arme volée sur le champ de bataille qu’ils avaient spécialement rebaptisé pour toi, Loki. Généreux, les bonshommes.
Bon, d’accord.
Pour obtenir cette arme, peut-être que… Éventuellement… Possiblement… D’une manière fort inopinée… Par mégarde… Peut-être que tu leur avais aussi donné ton adresse…

Alors, le lendemain même, tu avais prétexté un rendez-vous avec Lierem. Ce gros pigeon avait tout gobé. Il te faisait confiance, le bougre. Evidemment qu’il te faisait confiance ! Sa petite vite était parfaite alors qu’autour, tout le monde était à moitié en train de crever ! Quel con, putain.
Mais t’as jamais su comment il a fini. T’as jamais su si ton ancien foyer a été attaqué non plus.
Tu t’en branles, de toute façon.
Tu t’en branles et tu t’en branlais aussi à ce moment-là. Parce qu’à ce moment-là, ta Gáe Fealltóir dans le dos, t’étais en route vers le Passeur, vers Kalerya, où, tu l’espérais, tu n’aurais plus à craindre pour ta vie. C’était enfin à ton tour d’être sur le devant de la scène. Tu avais saisi ta chance. Il fallait désormais confirmer cette petite victoire.
Et, bordel, ce que ça faisait du bien de regarder de haut tous ces gens…

• • •

Lorsque tu débarquas sur Kalerya, tu crus, l’espace d’un instant, revivre. Certes, tu ne comprenais pas grand-chose à ce monde plein à craquer de technologie dont tu ignorais l’existence. Mais tu trouvais ça fascinant. L’excitation prenait le pas sur la crainte et tu étais curieux de comprendre comment fonctionnait ce monde flottant dans les airs. La magie y était aussi présente que sur Eclypteth mais toutes ces innovations démultipliaient ses possibilités d’application de telle façon que le simple fait d’y penser te donnait le tournis. Il semblait y avoir tant d’opportunités à saisir, tant de chemins que tu aurais pu suivre pour te mener à un destin grandiose… Bref, tu crus, l’espace d’un instant, revivre.

L’espace d’un instant, seulement.
La réalité te rattrapa bien vite.
Là-bas aussi, les Phénix attiraient tous les malfrats. À vrai dire, il n’y avait aucun endroit dans l'univers où tu aurais pu laisser ta méfiance s’endormir. Ce fait immuable, cette règle gravée dans la roche, tu la vivais (et tu le vis encore) comme une malédiction, une sorte de châtiment karmique qui se serait abattu sur toi. Tu préférais te dire ça, ça te rassurait. Après tout, se placer en victime est un bon moyen de trouver de quoi se complaire dans sa situation, aussi insupportable soit-elle. Tu ne voulais pas être un Phénix. Non, tu ne voulais pas. Et c’était ça. C’était ça qui était responsable de ta misère. C’était de ça dont tu voulais te débarrasser.
Mais c’était impossible.
Et tu le savais pertinemment.

Alors, la peur au ventre, tu te recroquevillas sur toi-même. Plutôt que de chercher un travail, plutôt que de prendre un nouveau départ, tu fis ce que tu savais faire : vivre au dépens des autres. Tu faisais donc la manche, tu te servais de ta gueule de gamin pour inspirer la pitié et récolter un peu de thune, un repas ou un toit. Tu volais aussi. Souvent, même. Pas une maison que tu as visitée durant cette période ne s’est pas retrouvée dépourvue d’au moins un objet après ton passage.
C’est à cette époque que tu déployas le potentiel de ta magie, celle du Tisserand. Grâce à celle-ci, tu pouvais saisir tes objectifs, détecter les présences dérangeantes et les fuir. T’étais une petite araignée, ouais. Une petite créature qui répugne à peu près tout le monde et qu’on écrase comme la dernière des merdes sans même y penser. Pourtant, petit à petit, tu tisserais ta toile et tu y engluerais tous ceux qui avaient mieux que toi.
C’est pour ça que tu dérobais des choses. Tu voulais ce à quoi ils tenaient. Tu voulais voler leur bonheur. Et tu le récoltais dans un espèce de squat, une cabane abandonnée dans un sous bois maladif où, tous les soirs, t’entendais des filles de joie se faire démonter dans les buissons.

Tu passas quelques temps à (sur)vivre ainsi. C’était pas très folichon.*

Vint alors ce jour. Ce jour où, sans aucun respect pour ta propre personne, tu t’étais bourré la gueule. Comme souvent, depuis quelque temps.
Au milieu de la rue, tu croisas cette femme. Rousse, les yeux verts, un peu trop mince mais occupant tout l’espace de par son simple charme. Tu la voyais floue, à ce moment-là. Elle te paraissait attirante et pas trop chiante, à première vue. Du coup, tu décidas de l’aborder. Voilà.
Torché, on prend vite des décisions, hein ?
C’est donc sans aucune forme de préambule que tu posas ta main sur son épaule, lui lançant un fort subtil :

— Eh… Eeeeh… Dis… J’peux te… J’peux t’appeleeeer… Biscotte ? Parce que, franche—... fraaaaanchement t’es troooop craquante quoiii…

Elle se retourna, cligna de ses yeux pétillants de vie et te fixa quelques instants.
Moment de solitude.
Ah, que cette nuit était belle ! Quelques regards s’étaient tournés vers vous. Le temps était chaud malgré l'heure tardive et une lumière orangée émanant des multiples lampions jalonnant la ville imprimait à la scène une atmosphère calme malgré la douce effervescence qui montait des bars.
T’aurais jamais remarqué tout ça si elle n’avait pas mis au moins trente secondes pour se dérider et exploser de rire. En retour, tu tentas de sourire. Un misérable sourire qui s’effondra en même temps que tes jambes, ton estomac et le peu de dignité qui te restait. Pourtant, pour une raison plus qu’obscure, elle te rattrapa par les aisselles. Et ce, en dépit du flot jaunâtre que t’avais déversé sur le bas de ses jambes.

— Ahah… On peut dire que… Que j’ai... J’ai… Marqué mon… Terri… Terri… Territoi—…

Et ta bile de jaillir à nouveau sur le pavé.

— Tu m’as pas l’air bien, je me trompe ?

— Blblblblbl, réussis-tu à émettre à moitié noyé dans ton vomi.

— Ok merci.  

L’instant d’après, elle t'aida à te relever et te prit par les épaules pour que tu puisses marcher.

— Je te ramène, tu me fais de la peine. T’es un cadavre. Tu le sais, ça ?

Tu captais pas la moitié de ce qu’elle racontait. Tout ce que tu savais, c’était ce que savait ton entrejambe. Et apparemment, bordel, elle était pleine à craquer de connaissances.
Ainsi, sur le chemin, entre trous noirs et autres chutes, tu réussis à articuler.

— Soif… Tu sais… Ton corps… Est compo—… sé… Soixante-quinze pour cent d’eau... ?

— Ta gueule.

• • •

C’est ainsi que tu rencontras Tasha Gass. Une fille dont bon nombre d’hommes auraient rêvé. Elle était belle, naturelle, drôle, astucieuse, pas prise de tête, franche… Bref, elle avait tout pour plaire. Et, par-dessus tout, elle avait cette capacité à voir toujours le côté positif des choses, peu importe les circonstances. Et ça, ça te foutait sur le cul. Elle t’avait recueilli chez elle et autorisé à partager son foyer autant de temps que tu le voulais. Pendant des semaines, vous aviez longuement discuté. Tu lui avais déballé l'intégralité de ton histoire, omettant juste un point de détail : le fait que tu avais envoyé ton propre frère au casse-pipe pour sauver ton cul. Héhé. Quand même. Tu restais pas très assumé comme mec, même en la présence de Tasha.
C’était une femme compréhensive. Elle avait quelques années de plus que toi, tout au plus. Et, étrangement, tu ne lui enviais rien. Tu ne lui enviais rien parce que tu l’avais, elle. Ouais. Gros canard de merde. Tu l’aimais.
C’était la seule personne au monde qui avait su te comprendre et t’accorder de l’attention sans te juger. Alors ce sentiment naquit en toi. Lentement, tu développas une addiction à sa personne. Sa simple présence suffisait à te rendre heureux, à repousser tes peurs dans les zones les plus reculées de ton esprit. Elle t’obnubilait. Tu ne pensais qu’à elle. Tu ne voulais qu’elle. Toute ta vie dépendait d’elle. Sans elle, tu ne pouvais même pas t’imaginer vivre.
Pourtant, tu n’osas jamais lui signifier ton ressenti.
Surtout après ce jour où, fraîchement rentrée de la taverne où elle opérait en tant que serveuse, elle vint te prendre dans ses bras. Habitué à ce genre de démonstration d’affection, ça ne te faisait ni chaud, ni froid, d’habitude. Pourtant, cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent dans son étreinte… Elle se pressait contre toi, manqua à plusieurs fois de te renverser tant elle ne tenait pas en place et se mit à pleurer de joie contre ton épaule, prise d’une hilarité dont tu ne saisissais pas la source.

— Fren ! Il revient enfin ! Fren !

— Qui ?

— Fren ! Mon fiancé !

C’est à ce moment-là qu'à nouveau, tu te fis foudroyer le destin.
Fren D. Zaun, un agent de la Congrégation qui avait été envoyé en mission sur Ultarime pendant plusieurs mois.
Étrangement, elle ne t’en avais jamais parlé.
D'un autre côté, vous n’aviez jamais abordé le sujet.
C’est parce qu’elle ne voulait plus de lui ?
C’est parce qu’elle te voulait, toi ?
Ou alors…
C’est parce qu’elle n’avais jamais pensé à quoi que ce soit du genre avec toi ?
C’est parce qu’elle le savait ?
C’est parce qu’elle ne voulait pas te faire de mal ?
C’est parce qu’elle n’éprouvait que de la pitié pour quelqu’un comme toi ?
C’est parce que tu ne pouvais évoquer rien d’autre que ça : la pitié ou le dégoût ?
C’était ça, ta vie ? C’était à ça que t’étais destiné ? A toujours être rejeté ou recueilli pour se donner bonne conscience ? Ouais, d’ailleurs. Si elle t’avait accepté sous son toît, c’était uniquement par égoïsme ? Pour satisfaire son sens moral ? Pour pouvoir se dire qu’elle était une bonne personne ?
T’avais cru quoi, toi ?
Pourtant, tu te contentas de sourire, tes yeux de victime laissant entrevoir à quel point t’étais mort à l’intérieur :

— Ah… C… C’est génial !

L’instant d’après, tu réussis à feindre une réelle joie. Pourtant, au fond, tu sentais déjà la colère grignoter tes intestins…

Fren rentra. Et toi, tu restas. C’était un homme charmant en tous points. En plus de sa beauté physique qu’il semblait vomir sur tout le monde, il ne possédait presque aucun défaut : il était altruiste, conciliant, généreux, calme, optimiste, sociable... Et, pire encore : il était gentil avec toi. Toujours une attention. Toujours un mot poli. Amical. Jamais il ne t’avait manqué de respect, jamais il ne t’avait pas paru… Sympathique.
Et ça, tu le supportais pas. Tu supportais pas d’entrer dans la même pièce que ce couple et que Fren s’écarte de sa compagne pour ne pas te gêner. Non, bordel. Il était celui qui tu haïssais le plus au monde. Il te l’avait prise alors qu’elle était à toi. A toi, et toi seul.
A toi !
Chacune de ses actions le rendait plus détestable encore. Chaque fois tu feignais l’amitié. Ah, ouais. Tu faisais profil bas, arborais un visage lisse, d’une blancheur parfaite et dépourvu de toute animosité… Alors qu’à l’intérieur, tout était verdâtre, tordu par l’envie, déformé par tes fantasmes jaloux. Tout criait d’impatience, gémissait de douleur et  grinçait de rage. Une odeur sulfureuse, méphitique émanait des torrents de bile acide qui te rongeaient l'intégralité du corps. La haine montait en toi, petit à petit. Bientôt, elle bouillonnait, sifflait à tes oreilles. Bientôt, elle t’avait noyé.
Bientôt, tu la relâchais.

Tu les avais vus. Tu les avais entendus. Plusieurs fois. Mais cette nuit était différente. Cette nuit, à travers le mur, elle n’avait pu retenir ses cris. Elle n’avait pu te préserver de cette humiliation. Tasha avait cédé à Fren plus que n’importe quel autre soir. Et toi, seul dans ton lit comme le dernier des frustrés, tu ne pouvais te résoudre à ne pas tendre l’oreille.
Il te fallait savoir, par curiosité. Tu espérais que cela finirait mal. Dans tes rêves les plus fous, Fren révélait sa vraie nature, violentait Tasha qui le quittait et revenait vers toi. Lorsque tu fermais les yeux, il se changeait en un monstre qui brisait son propre couple.
Oh, tu avais bien essayé de les manipuler, de les monter l’un contre l’autre. Tu avais commencé à distiller ton venin petit à petit dans leurs oreilles… Mais ce n’était pas assez efficace, pas assez rapide. Certes, à terme, tu aurais sûrement fini par obtenir quelque chose. Peut-être.
Mais l’Envie est une femme impatiente. Et elle te pressait de satisfaire ses désirs.
Après tout, ça ne pouvait plus durer. Cette petite pute se faisait baiser par son bâtard de mec tous les soirs juste à côté de toi. Ouais. Tu pouvais sentir le foutre émaner depuis ta chambre. Ca te filait la gerbe. Fallait que ça s’arrête.
Tes draps moites de sueur collaient à ton corps, s’enroulaient autour de tes membres agités par ton état de nerfs. Tu mordis ton oreiller, les yeux fous et le corps tordu dans une position impossible, manquant de hurler de rage.
Puis, quelques secondes après, tout se calma.
Tu savais exactement quoi faire.

Tu attendis. Tu attendis qu’ils finissent. Tu attendis d’entendre le dernier râle de plaisir, le dernier affront qui t’était lancé. Puis, tu patientas quelques dizaines de minutes encore. Et quand le silence le plus total fut tombé sur le foyer, tu te levas, dans un état second, guidé par une force dont tu ignorais l’existence. Tes mouvements étaient vifs, précis. Pourtant, tu ne réfléchissais pas un instant à ce que tu faisais. Tes yeux bleus étaient injectés de sang, ta respiration avait pris un rythme instable, tes doigts pianotaient dans le vide alors que tu poussais la porte de la chambre du couple d’hôtes.
Tu observas les visages paisibles, si paisibles… Ils respiraient le bonheur. Même endormis, il émanait d’eux une sérénité, une joie de vivre dont la simple existence te poussait au bord de la démence. Tes lèvres se retroussèrent à cette vision. Tes doigts accélérèrent leur mouvement et une multitude de fils apparurent dans ta paume, se tordant comme un nid de serpent avant de trouver un certain ordre et de s’enrouler en un lien plus épais dont l’extrémité était si pointue qu’il aurait été difficile de déterminer là où elle s’arrêtait, même en plein jour.
Tu portas à nouveau ton regard sur Fren D. Zaun, sondas son visage à peine éclairé par la lumière sélène.
Cet enfoiré était né pour te reléguer au rang de simple figurant. Il n’était là rien que pour te rabaisser sous ses airs de Prince Charmant.
Tu exécutas un mouvement du poignet.
La construction magique obéit, traduction directe d’une pulsion primitive.
Tu lui transperças la gorge.

Et, instantanément, l’incendie qui te dévorais l’âme s’éteignit, soufflé par la vitesse de l’action. Le regard vide, vide de tout ressentiment, vide et satisfait, tu admiras ton oeuvre macabre alors que les fils se désolidarisaient les uns des autres. Une flaque pourpre imprégnait les draps, décrivant des arabesques morbides qui, sur l’instant, te fascinaient. Tuer pour la première fois n’est pas un acte anodin. Mais, pour l’heure, tu ne réalisais pas ce que tu avais fait. Tu vivais l’instant avec délectation, comme si la jugulaire de ton ennemi avait été une palette d’artiste dont tu venais d’engager le déchaînement sur la toile qu’était ce lit. Tu étais apaisé, comme repu après des mois de famine.
Pourtant, quelque chose pesait sur toi.

Tu revins à la réalité.
Les draps collés contre sa poitrine en une pitoyable défense, Tasha Gass te fixait. Et dans ses yeux, tu pouvais voir tout le contenu de la boîte de Pandore se déverser sur ta personne.
Tu titubas, frappé par cette réalité. Ton acte, motivé par ton irascible envie, t’avait aveuglé. Seul le présent avait compté à tes yeux, détruisant tous les futurs dont tu avais rêvé.

Comment aurait-elle pu t’aimer alors que tu venais de tuer son fiancé sous ses yeux ?

Alors, un tsunami te heurta de plein fouet. C'était la culpabilité, un retour de flamme à la puissance colossale et d'autant plus douloureux que la satisfaction avait été intense.
Ta bouche s’ouvrit, muette, en réponse au cri d’horreur que la jeune femme poussa. Les vibrations de l’air se répercutèrent dans tout ton corps. Tu fus pris de spasmes manquant de te faire imploser. Par instinct, tu fis quelques pas en arrière, là où la lune ne viendrait pas te pointer de ses rayons blafards et funestes. Les rideaux se soulevaient lentement, paisibles. Des suaires attirés par la dépouille fraîche de Fren, des doigts qui te désignaient comme coupable.
Le regarde de Tasha t’absorbait, te consumait. Tu ne pouvais pas t’en départir. Elle était là. Là. Toujours là. Pour l'éternité. Ce regard t’aurait suivi, peu importe là où tu serais allé. Tu le savais au plus profond de ton âme. Cette chose-là, ce monstre, ta créature… Ça te marquerait au fer rouge pour toute ta vie.
La peur se mêla à la culpabilité, révélant sa nature purement égoïste. Tu ne te sentais pas désolé pour Tasha. Tu n’avais pas pitié d’elle. Tu n’avais aucun réel regret quant à ton action, d’ailleurs.
Non.
Tu avais juste peur pour toi. Tu avais peur que ça te ronge. Tu refusais d'avoir à supporter son malheur toute sa vie.
C’était de sa présence dont tu avais peur.
Tu ne pouvais plus la supporter. Tu étais beaucoup trop faible pour ça.
Les larmes aux yeux, tu laissas tes doigts extérioriser ta crainte.
Une seconde plus tard, les draps avaient entièrement viré à l’écarlate.

Ton idiosyncrasie. Délectable.

• • •

Dépression. Alcool. Plus de dépression.
Beaucoup plus d’alcool.
Tu ne sais pas combien de temps ça dura. De toute façon, le temps est bien relatif quand on est une épave comme toi à cette époque, non ? En position latérale de sécurité dans ton coin, chaque soir dans les mêmes bars, tu n’émergeais de ton état perpétuel d’ébriété que lorsque tu n’avais plus assez d’argent pour te payer ta dose d’ivresse. Alors, angoissé par la réalité, tu volais à tous ceux que tu croisais.

Parce que la culpabilité te rongeait. Tu regrettais, tu désirais autre chose. Une autre vie. Un atutre statut. Tu te demandas même un jour si, une fois tué une première fois, tu renaîtrais réellement sous la forme d’un Phénix…
Il n’y avait plus de jalousie, seulement de l’envie. Car la jalousie suppose que tu possèdes déjà quelque chose. Or, tu n’avais plus rien. Seulement du sang sur les mains et une foie malade.
Dès que tu entrait en contact avec un inconnu, même de la manière la plus triviale qui soit, tu ne pouvais t’empêcher d’imaginer son existence, ses ambitions, son passé et son futur. A partir de simples préjugés, tu construisais des personnages fantasmagoriques qui te blessaient dès que tu y pensais. Tout était là pour t’anéantir un peu plus, pour te faire crever, pour agrandir le vide immense que tu portais en toi et que cette même envie élargissait de jour en jour, sorte d’ogre toujours plus affamé.
Et dès que tu avais volé un peu d’argent, véritable toxico’ en manque, tu t’empressais alors de te noyer dans la picole, peu importe l’heure. Torché, tu faisais n’importe quoi. La plupart du temps, tu te contentais de chialer comme un fragile. D’autres fois, tu tentais de faire du relationnel, sans succès. Et puis, très occasionnellement, tu oubliais absolument toutes tes préoccupations.

C’est un soir de ce genre-là que tu l’as rencontré.

• • •

— Pigeon de feuuu ! PIIIGEOOON DE FEUUUUUUU !

L’air battu par tes ailes faisait se renverser les verres, s’énerver les mâles en manque de reconnaissance et glousser quelques petites dindes. Elles sont pas dégueu, tes ailes. Elles flamboient, on les dirait forgées dans le plus chaud des brasiers.
Dommage qu’à ce moment, tu avais oublié pourquoi tu ne les montrais jamais. La tension avait commencé à monter lorsque tu t’étais mis à voleter comme tu le pouvais, après être resté un long moment à vanter la qualité de tes membres supérieurs. Tu te cognais contre le plafond, les murs, les gens. Les gérants commencèrent à s’énerver et à te demander de sortir. Plusieurs fois. Au début réticent, tu finis par céder lorsqu’on te menaça de mort et qu’on te conseilla de ranger tes petits jouets aériens si tu voulais pas finir en magret.

— Piou, piou… Ahah… Ok, c’est boooon… J’fais c’que j’veux ‘vec mes ailes làààà… J’assume, moi… T’as cru… Tu m’as pris… Pour… Pour qui ?


Mais comme une grosse baltringue plus imbibée d’alcool qu’un baba au rhum périmé, Loki chéri.
Et tu sortis. L’air frais te donna comme un coup de fouet. Tu pris une grande inspiration et te mis à déambuler sans trop de but, trébuchant à plusieurs reprises alors que tu faisais l’avion avec tes ailes plus lumineuses que jamais, dessinant des traits orangés dans le vide accompagnés de phrases que tu tentais de baver (sans succès).
Le monde tournait autour de toi, mais tu t’en branlais. C’était devenu normal, à force. Assommé par la douzaine de verres que tu t’étais enfilés, tu ne sentais plus vraiment certaines parties de ton petit corps fébrile.

— Flop, flop, flop, ânonnais-tu en mimant un envol qui se serait assurément soldé en plusieurs fractures ouvertes.

Soudain, des bruits de pas te tirèrent de ton délire. Tu t’immobilisas, inquiet. Chacune de tes expirations se matérialisait par un petit nuage de fumée moite qui disparaissait dans la nuit. C’était la pleine lune et tu étais arrivé près d’un… Euh… Une sorte de parc, sûrement. Avec tout plein de cailloux bizarres. Tu n’arrivais pas trop à déterminer la nature du bordel, mais ça ne comptait pas car, derrière toi, tu entendis le sifflement de l’épée que l’on sort de son fourreau.
Tu ne te retournas pas un instant.
Détalant comme un lapin, tu te mis à courir, décrivant des zigzags, dans le soi-disant “parc”. Une étrange terreur, à la fois inhibée et exacerbée par l’alcool, te motiva à battre quelques fois des ailes pour accélérer en faisant de grands bonds. Mais ta fuite ne pouvait pas être éternelle, mon poulet.
Au bout d’un moment, tu finis par tomber dans un cul-de-sac. Devant toi, un immense tombeau et les grilles de ce qui s’était avéré être un cimetière. Oh, bien sûr, tu aurais pu t’envoler pour passer au-dessus. Sauf que tu savais pertinemment que tu te serais empalé sur le haut de la barrière. Alors, tu risquas un oeil derrière toi.
A travers la brume de la nuit et celle de l’ébriété, tu distinguas un homme d’une carrure plutôt moyenne, quoique respectable. Une chevelure blanchâtre et un regard étrange qui te terrorisa dès que tu le croisas. Dans son dos, l’épée que tu avais dû entendre plus tôt. T’avais plus trop le choix, mon pauvre. Tu te retournas complètement, refoulant les larmes qui commençaient à te monter aux yeux alors que l’homme se changeait en une sorte de créature lupine.
Tu ne comprenais pas pourquoi, ni comment. T’étais bourré, complètement bourré. Tout ce que tu voyais, c’était un Loup-Garou qui fondait sur toi sans raison apparente.

Ce n’est que lorsque ce fieffé margoulin t’asséna un coup de patte t’envoyant rouler sur quelques mètres que tu saisis la gravité de la situation.
T’allais crever, putain.
Cherchant frénétiquement une échappatoire que tu ne trouvas pas, tu sentis ta poitrine entaillée te lancer. Sans trop maîtriser quoi que ce soit, tu passas à l’action, les yeux à moitié fermés, ne distinguant que des ombres s’entrechoquant par flashes désagréables. Tu déchaînas un déluge de fils sur l’ennemi, lacérant sa peau comme tu le pouvais.
L’affrontement dura peu de temps.
Ou toute la nuit.
Quoi qu’il en soit, tu finis par rouvrir les yeux sur le ciel nocturne, étalé sur le sol, comme si tu avais cédé sous le propre poids de ta misérable existence. L’autre avait collé un bordel froid au niveau de ton flanc arraché par ses crocs.
T’y pigeais rien. Ça n’avait aucun sens, en fait. C'était grotesque.
Toujours est-il que tu finis par ne plus rien voir du tout.

Game over.
Lives remaining : 2.
Try again ?


• • •

Une lueur rougeoyante anima le tas de cendres. Quelque chose s’y tordit pathétiquement avant de remuer avec plus d’ardeur. La forme grossit, grossit jusqu’à prendre des traits connus, ajoutant les résidus grisâtres à sa propre matière.
Soudain, tu ouvris les yeux et inspira comme si tu venais de réchapper à la noyade.
Tu repris durant quelques instants tes esprits, haletant frénétiquement, cherchant un support sur lequel t'appuyer. Quand tous tes sens revinrent, tu sentis un frottement désagréable sur tes poignets.
Alors, tu le vis, en train de te ligoter.

— PUTAIN D’ENCULE D’TA RACE ! TA MERE LA CHIENNE QUE J’PRENDS ENTRE DEUX PUTES ! BORDEL DE COUILLE DÉGOULINANTE DE CHIASSE ! SALOPERIE D’CLEBS ! J’VAIS T’BAIS — !


Une claque magistrale administré par ledit gougnafier te ferma ta gueule. Tu ne trouvas d’autre réponse à fournir qu’un regard à cheval entre le meurtrier et le victimaire.
Parlant de meurtrier, l’homme qui te faisait face en était un. Après tout, il venait de te prendre l’une de tes vies avec ton sang. Accompagné d’une sorte de loque amorphe nommée paresseux, il avait pour objectif de te livrer au Crépuscule, une organisation dont tu n’avais entendu parler que vaguement… Mais que tu craignais pour ses activités potentiellement dangereuses pour ta personne. Craintes justifiées, visiblement. Le choc te coupa la respiration.
Deux chances… T’avais plus que deux chances. Bordel. Combien de temps t’allais tenir ? D’autant plus qu’on te menait dans un endroit où elles seraient sûrement utilisées pour des gens qui les méritaient plus que toi…
Une infâme angoisse manqua de te faire céder ton estomac. Elle ne te quitta plus pendant des semaines.
Pourquoi encore toi ? Pourquoi t’étais un putain de piaf ? Pourquoi toutes tes peurs se concrétisaient ? C’était comme si une sorte de puissance cosmique te considérait comme son souffre-douleur. Comme si elle t’avait condamné à contempler les autres, ces autres que tu haïssais, vivre tranquillement alors qu’on te martyrisait. Etais-tu le seul Phénix dans ce bar où il t’avait trouvé ? Que se serait-il passé si tu avais été autre ?
Tu imaginais la fin de soirée des autres clients. Certains avaient sûrement passé la nuit ensemble. D’autres avaient dû rire jusqu’aux larmes.
Et toi, t’étais mort.

L’inconnu finit par atteindre sa destination. Avec toi. Pourtant, tu avais tenté de t’échapper quelques fois. Mais le traumatisme dû à la prise de conscience du destin qui t’attendait t’avais rendu aussi actif que le cadavre que tu étais voué à devenir. Sûrement aurais-tu pu échapper au Loup-Garou, mais la peur t’avait paralysé, t'avais fait oublier toute velleité rebelle. Tu n’avais même pas envie de te battre. Ton instinct de survie, l’essence même de ta personnalité… Balayé en même tant qu’une de tes vies.
Alors tu te laissas porter, vide.
Jusqu’à ce qu’on te jette dans une cellule.

T’allais sûrement finir comme ceux que t’avais condamnés : ta famille. Haha. ‘fallait pas être méchant avec les gens, comme ça… Tout finit par se payer, baltringue.
Un objet, un instrument de médecine.C’est ce que tu deviendrais. Rien de plus. Tu clamserais de la manière la plus paradoxale pour toi : en donnant tes vies pour les autres. Pour ces autres qui possédaient plus que toi. Pour ces autres qui n’étaient pas des Phénix. Pour ces autres qui avaient tout ce que tu n’avais pas ! Tout ce que tu désirais !
C’était injuste ! Profondément injuste ! Bordel, pourquoi finissais-tu toujours par te faire niquer ? Pourquoi ça tombait toujours sur toi ? Pourquoi t’étais qu’une merde par rapport à eux ? Hein ?
Pourquoi, putain ?!
C’était là le déclic. Le déclic pour qu’enfin, tu redeviennes Loki Scanraithe. Tu venais de te rendre compte d’une chose : t’avais aucune envie de rester un tas de cendres amères pour l’éternité.
Nan, nan. Ça se passerait pas comme ça.
Tu étais désespéré, mais galvanisé par l’énergie inhérente à ce sentiment.
C’est ainsi que lorsque ton meurtrier vint te rendre visite, tu te jetas à tes barreaux :

— S’il vous plaît, me tuez pas encore. J’suis prêt à tout. S’il faut que je me fasse frapper tous les jours pour qu’on puisse récolter mes larmes, j’m’en fous. J’en ai putain d’rien à foutre. Epargnez-moi, et j’vous fournirai les noms de trois comme moi ! J’ai rien foutu d’ma première vie, laissez-moi au moins faire quelque chose de la deuxième !


Et ainsi épiloguas-tu pendant quelques minutes, te forçant à pleurer, exagérant l’émotion dans ta voix…
T’avais une chance. Il te fallait la saisir absolument. Même si tu finissais à devoir torcher le cul des pensionnaires du Quartier Général Crépuscule comme une râclure de chiottes pendant quelques années, ça t’était égal. L’outrecuidance était une des rares tares dont tu n’étais pas affublé.
Tu voulais juste survivre.
C’est alors que ta parole se libéra :

— Ils ont tout et j’ai rien ! J’ai rien ! Vous avez tout, vous m’faites chier avec tout c’que vous pouvez représenter ! Bonheur, force, charisme, beauté, désintéressement, courage, amour… J’ai la gerbe, j’ai envie de tous vous gerber à la gueule en espérant que cette gerbe pourrisse tout ce que vous avez ! T’as pigé ? Tout ! TOUT !

Ta petite tirade avait résonné dans tout le département des prisons. Et elle n’était pas tombée dans l’oreille de sourds.
Toujours est-il que, lorsque tu eus fini, le Loup-Garou te proposa un marché : si tu te mettais au service de l’organisation, tu vivrais.
Il va sans dire que tu acceptas l’offre, opportuniste et ne réfléchissant pas un instant aux conséquences de ton choix.

• • •

Bridvar, c’était le nom du connard qui t’avais buté. Tu l’appris assez tôt, étant donné que tu dus l’accompagner plusieurs fois dans ses missions. Au début, tu le haïssais. Tu avais l’oeil vif, prêt à saisir la moindre occasion pour qu’il soit victime d’un “malheureux accident”.
Mais, à vrai dire, plus le temps passait, et moins tu songeais à ça. Aussi étrange que cela puisse paraître, ton ressenti quant à cette personne évoluait vers le positif depuis certains fous rires et autres moments sympas survenus contre toute attente.
Et même l’envie, la pire des envies, celle de vouloir lui reprendre la vie qu’il t’avait prise… Même cette envie disparut. Pas au sens où elle se serait évanouie dans la nature, non… Disons plutôt qu'elle s'était… Transfigurée ? Oui. Il y avait en ce mec quelque chose qui te troublait, qui suscitait un sentiment étrange. Un truc sur lequel t’arrivais pas à poser le doigt, mais qui te plaçait dans une position de gêne.

T’es vraiment con, Loki, quand même.

Quoi qu’il en soit, le Loup-Garou avait cet humour qui te correspondait. Lourd, beauf, à chier. Bref, tout ce que t’aimait !
Victime d’un genre de syndrome de Stockholm à retardement (comme ta virilité, elle aussi très retardée), tu finis même par l’apprécier. Je t’avoue que j’ai toujours pas trop compris pourquoi, ni comment. Mais j’ai abandonné depuis longtemps avec toi, t’es une déception sur pattes.
Et lorsque tu pris ta première cuite avec Bridvar, ce fut… Une révélation. Ce mec, c’était ton binôme attitré. Ton pote. Ton bro’. Ce que tu veux. Malgré son caractère opposé au tien sur de nombreux points, tu ressentais, pour la première fois depuis longtemps, quelque chose de positif pour quelqu’un. Ses qualités que tu enviais, tu avais la profonde intuition qu’il pouvait peut-être te les transmettre. Par conséquent, il était inutile de chercher à le heurter.
Bref, tu venais te débloquer un nouveau succès : premier ami !
...
J’arrête pas de le répéter, mais t’es un baisé, quand même.

• • •

Et puis un beau jour, une expérience fort traumatisante se produisit.
Le clan duquel était originaire Bridvar, une belle bande de beatniks, vous avait conviés à une beuverie. Evidemment, vous aviez accepté. Après tout, on ne refuse pas une telle invitation…
Comme à l'accoutumée, d'après les participants, la scène devint assez vite surréaliste et les verres se distribuaient aussi vite que les nez étaient brisés. C’est alors qu’un homme qui, visiblement, connaissait ton ami, vint à votre rencontre. Avec un regard qui ne t’inspirait que peu confiance, il vous proposa d’essayer une nouvelle substance aux effets encore inconnus.
Bien entendu, vous finîtes par accepter.

Alors, ce fut le trou noir.

Lorsque tu te réveillas, toute trace de la fête avait disparu. Étrangement, tu n’avais pas mal au crâne, pas mal au ventre. Rien. Tu sondas les alentours.
Il n’y avait que toi et Brid’. Seuls, au beau milieu de… De quelque part. Aucune trace de civilisation. Partout, seule la nature répondait à la nature. Et puis vous étiez là, deux branleurs faisant tache dans ce paysage aux airs inviolés. La peur commença à monter. Où est-ce que vous étiez tombés ? Qui vous avait fait ça ? C’était pas normal, bordel. Tu connaissais bien les lendemains difficiles, mais de là à te retrouver dans un endroit si différent de là où tu étais parti… Nan, nan, y avait un truc. Mais quoi ?
Ca, ça restait à définir. Et putain ce que ça pouvait te foutre les jetons...

Quoi qu’il en soit, vous ne pouviez rester statiques éternellement. C’est donc dans l’incompréhension la plus totale que vous vous mîtes à vagabonder sans trop de but.
Des ruines. Des créatures peu commodes. Un désert. Voilà qui pouvait résumer cet endroit maudit. Mais à force de marcher comme les deux paumés que vous étiez, vous finîtes par trouver quelqu’un qui eut la bonté de vous indiquer là où vous vous trouviez.
Mu.
Sur Eclypteth.
Loki, tu crus que t’allais t’effondrer. Eclypteth. C’est de là que t’étais originaire. C’est de là que t’avais fui pour rejoindre Kalerya. C’est là que tout avait commencé pour toi. Tu t’étais cassé de ce merdier, ce n'était pas pour y retourner !
Tu pétas les plombs, gueulant qu’il fallait trouver un Passeur, qu’il fallait dégager au plus vite de ce monde à chier. Ta famille, tes anciens amis, les mercenaires… Putain. Tout remontait dans ton esprit comme une vieille cassette qui se serait rembobinée à toute vitesse.
Tu ne terminerais pas sur cette terre pourtant aussi détestable que toi, c'était une certitude.

C’est donc avec la plus grande des motivations que tu te mis à chercher un moyen de rentrer sur Kalerya, sillonnant avec Bridvar le si fantastique pays de Mu, aussi vivant que tu étais altruiste. Mais, à part des tas de pierres moisis, tu ne trouvas rien. Les jours s'enchaînèrent et vous vous nourrissiez de ce que vous trouviez. Étrangement, la nourriture n’avait pas la saveur attendue. Mais, sur le coup, ça te dérangeait pas. T’étais plus préoccupé par le fait de rentrer qu’autre chose.
Parfois, les endroits se ressemblaient et des phénomènes surnaturels paraissaient s'y produire, distordant l’atmosphère de manière inopinée.
Ça aussi, tu t’en lattais les burnes sur le moment..
Le temps passa. Tu ne saurais dire combien de temps passa, mais il passa. Plusieurs jours, au moins. Plusieurs semaines ? Plusieurs mois ?
Les durées demeuraient incertaines.

Vint un moment où, au détour d’une énième ruine, un rugissement retentit. Tu te stoppas net, mais Bridvar continua d’avancer… Et se fit faucher par une créature indescriptible. Il tenta bien de se défendre, mais en vain. Le tout pendant que toi, tu restais immobile, pétrifié. Il allait s’en sortir tout seul, de toute façon, non ? T’avais pas à intervenir, t’avais pas à te mettre en danger, non ?
Non… ?
Peut-être que si, en fait. La bête prenait le dessus, et ton pote se faisait réduire à l’état de steak de loup sous tes yeux.
Alors, une sorte de regain de testostérone afflua depuis ton entrejambe dans tes veines.Tu réagis par instinct, ne sachant même pas ce que tu faisais, comme d'habitude lors de tes rares moments de combativité.
Tu raffermis ta prise sur ta Gáe Fealltóir et, alors que la créature se dressait sur deux pattes pour asséner un énième coup à Bridvar, tu la percutas, plantant ta lance dans son abdomen. La bête hurla de douleur, tituba vers l’arrière, et tomba. Au demeurant hors d’état de nuire, ça ne t’empêcha pas de t’assurer de son trépas. Enragé, tu continuas à la transpercer. Coup après coup, en dépit du fait que tu l’avais tuée, somme toute, assez rapidement. Tu t’acharnas donc comme le dernier des connards sur son cadavre jusqu’à la réduire en charpie... Et jusqu’à ce qu’une projection de sang verdâtre vienne toucher ton œil gauche. Pauvre bouffon, va. Ça t’arrêta net, et, une main sur ton visage souffrant, tu t’effondras au sol avec une exclamation de douleur.

Quand tu rouvris les yeux, tu te trouvais dans les vestiges de la fête. Oui. La fête à laquelle tu avais participé avant de te retrouver à Mu. Là, tu compris encore moins que lors du voyage aller.
Mais, pour le coup, t’en avais rien à foutre.
Ce n’est que bien plus tard que tu appris que tout ça n’avait jamais été qu’une hallucination de la substance offerte par le cousin de Bridvar.
Dans tous les cas, ton oeil gauche était à moitié flingué, après cet épisode. Et plus jamais tu toucherais à un drogue expérimentale.

• • •

Le temps passa. Ta vie se stabilisa, plus ou moins. Au Crépuscule, tu te désolidarisas un peu de Bridvar, malgré votre amitié grandissante. Tu exécutas plusieurs missions en solitaire.
C'est à ce moment-là que tu appris à afficher une image différente de ta personne, à feindre un tempérament factice qui te permit à de nombreuses reprises de gagner des batailles par simple intimidation. De manière étrange, chacune de tes réussites était motivée par l’envie que tu éprouvais à l'égard de tes objectifs À chaque fois, tu réussissais à accomplir ces denrniers grâce à ce sentiment qui prenait le contrôle de toi, galvanisant tes instincts retors et haineux. De toute façon, il n'était pas très dur de mobiliser ces derniers. Toute ta vie, tu l’avais passée à désirer ce que tu n’avais pas… Or, tu n’a jamais eu grand-chose. Autant dire qu’il était facile de te mettre dans cet état de rage.

Dans un accès de jalousie, tu fus pris d’une nouvelle lubie : acquérir un familier. Ainsi, dès tu en eus l’occasion, tu te plaças au centre d’un enchevêtrement de traits obscurs faisant appel à des arcanes oblitérés par le temps. On te demanda de fermer tes yeux et de te focaliser sur le souvenir qui t'était le plus agréable. D'abord hésitant, tu finis par te laisser aller. Et aussitôt, une vision s’imposa à ton esprit.
Celle du moment où tu avais livré ton frère aux mercenaires d’Eclypteth.
Même si la suite n’avait pas été de la plus grande gaieté, cette image te procurait une joie presque extatique, avec le recul. C’était ta plus grande victoire. C’était grâce à ça que tu en étais arrivé là, au Crépuscule, infiltré parmi ceux qui représentaient le plus grand danger pour ta personne auparavant.
Il était là, ton point de départ. Finalement, tout avait commencé à cet instant où tu avais renié ta famille. Oh, certes, le voyage t’avait coûté une vie. Mais il t’en restait deux. Et tu ne comptais pas les gaspiller. Grâce à ta félonie, tu avais pu te hisser plus haut que tu n’aurais jamais pu le faire.
Un éclat chimérique se mit à émaner du cercle magique à tes pieds. Son jumeau, encore vide, lui répondit par un comportement similaire. Petit à petit, la lueur se renforça et prit des reflets verts. Enfin, lorsque la radiance atteignit son paroxysme d’intensité, une forme immatérielle apparut au centre du tracé situé en face de toi.
Tu rouvris tes yeux.
Un grand corbeau te fixait, l’air intrigué.
C’était ton familier, et vos premières expériences ensemble te conduisirent à le nommer Jerk.

C’est également à ce moment qui suivit ta mauvaise expérience avec Bridvar que tu pus extérioriser ta frustration.
Au détour de tes différentes missions, une fois placé en position de supériorité, tu te révélas à de maintes reprises tyrannique, échafaudant des plans complexes et ourdissant de noirs complots pour le seul plaisir de voir le bonheur des gens disparaître de leur regard.
Parfois, tu te débridais de la plus ignoble des manières, allant jusqu’à battre à mort ceux que tu avais au préalablement mis dans une situation leur empêchant toute défense.
Comme il était facile d'apaiser son corps et son âme en violentant ceux des autres !

Au reste, rien n’était suffisant. Rien ne pouvait rassasier l’ogre. Il en voulait toujours plus. Et plus tu lui apportais ces offrandes, plus tu te soumettais à sa volonté, plus il grandissait, ses crocs crissant contre les parois de ton crâne alors qu’il ouvrait sa gueule monstrueuse en attente de quelque substance.
Et c’est lorsqu’ils le virent qu’enfin ils comprirent. Ils comprirent ce que tu étais. Ils le comprirent à ton insu et malgré toi qui, de l’intérieur, n’observais qu’un schéma abscons où se mêlaient tes abjects traits de personnalité.
Toujours est-il qu’on te proposa de rejoindre le dixième commandement en tant que Péché de l’Envie.
Et que tu acceptas.

Finders keepers, losers weepers...


*Spéciale dédicace à Bichon.



Dernière édition par Loki Scanraithe le Mar 8 Nov - 22:54, édité 2 fois
Invité
avatar
pic-profil

Invité
Mar 8 Nov - 22:52
Wesh, wesh. C'est terminé ici. :nomad:

Bon, ma prez étant trop longue pour tenir sur un seul post, j'ai dû poster l'histoire à la suite. Déso', ça rend le tout moche et décousu, mais j'ai pas pu faire autrement.

C'est à vous ! o/
Invité
avatar
pic-profil

Invité
Mer 9 Nov - 0:29
Je m'en charge
Invité
avatar
pic-profil

Invité
Mer 9 Nov - 1:21
Loki Scanraithe

➜ Orthographe :
2 / 2
➜ Vocabulaire :
2 / 2
➜ Conjugaison :
2 / 2
➜ Qualité :
4 / 4
➜ Originalité :
2 / 2
➜ Respect de la langue française :
2 / 2
➜ Note perso :
2 / 2
➜ Bonus longueur du texte :
4 / 4

➜ Niveau
20
➜ Niveau bonus
2  
➜ Niveau total
22

➜ Point techniques
22
➜ P.Ts bonus
2  
➜ P.Ts total
24

➜ Points de caractéristiques
110
➜ P.Cs bonus
10  
➜ P.Cs total
120

➜ Kinahs
10 000

Qu'est ce que je peux bien dire...
J'ai même pas la sensation d'avoir besoin de te marquer des commentaires au cas par cas.

Quand bien même il subsiste quelques petites fautes, je peux décemment pas t'en vouloir en voyant la qualité et la quantité du texte fourni.
Immersif et intéressant, les trois principaux textes sont d'une qualité remarquable et font preuve d'une justesse étonnante en dépit de la vulgarité passagère. Le caractère est respecté et suit la sur toute la ligne.

Seul petit bémol à mon goût, le passage de la substance expérimentale qui, je trouve, est peut-être un peu hasardeuse et confuse.
Mais sur le reste...

Je veux juste te dire bravo. Ton histoire est intéressante, originale dans une simplicité complexe. (Comme cette phrase).


Comme je l'ai dis via MP, le jugement sur l'accession au titre sera effectué dans la journée de demain.
Soit tu sera validé tel quel, soit du devra modifier le passage sur l'accession à l'Envie.


Encore une fois, bravo.
Leo~


Page 1 sur 2