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Ça allait, Alessa? (Terminée)
❖ Phénix - Ange ❖▼
❖ Phénix - Ange ❖
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06/02/1997
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18/04/2017

Informations
Caractéristiques:
Magies & Armes:
Relations:
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Lun 24 Avr - 3:42
-
Alessa
Kavinath – Étudiante – Future membre de la section médicale




Informations générales

Sans nom
Alessa
20 ans
Ultarime
Femme
49 kg
1m50
À définir
Phénix/Ange
Ash, lionceau ailé





Informations psychologiques

Hobbys & phobies
Qualités & Défauts



- La lecture, l’une des seules choses qu’elle put apprendre dans ce manoir infernal.

- Le crochet et le tricot. Pour s’occuper les mains et l’esprit. Pour créer. Ça calme.

- L’écriture, un peu. Une phrase à la fois. On lui a dit que ça aide à prendre confiance.

- S’occuper de plantes, surtout médicinales. Une activité qu’elle découvre et qu’elle apprécie.

- Légère agoraphobie, surtout lorsqu’elle est seule. Ça passera, peut-être.

- Les contacts physiques lui sont insupportables.

- Craint d’être de nouveau soumise au sang de vampire.

- N’apprécie pas les succubes et les incubes.

- Être renvoyée au manoir.

- Ne pas être à la hauteur.

- Samara. Le prénom qui lui fut donné, et par lequel on l’appelle dans ses cauchemars.

- Attentionnée. Trop, peut-être?

- Optimiste, tout du moins elle tente de l’être. Rien de bien solide.

- Brave. C’est impulsive, le mot, quand tu regrettes toujours tout de suite après.

- Patiente. Par obligation : elle a bien trop peur de demander à quelqu’un de se bouger.

- Empathique. Elle sait quand ça ne va pas. Ou elle voit la douleur partout, ça dépend des points de vu.

- Peu communicative. La rousse ravale, accumule, se tait.

- Têtue. Jusqu’à craindre de prendre une baffe.

- Craintive à outrance. Mais on pardonne.

- Vision manichéenne. Gentils, méchants. Surtout méchants. Ça s’apaisera.

- Parano. Tout le monde sait qui elle est, ce qu’elle a vécu, beaucoup trop veulent la ramener là-bas.

- À fleur de peau. Une humeur toute en montagnes russes, vous dis-je.

- Colères explosives. Elles sont rares, et au final elle est aussi menaçante que son lionceau. Mais quand même.

- Indiscrète. Alessa veut tout savoir sur tout. C’est quoi, un jardin secret?  





Magie et arme

Magie
Arme


Guérison :
En toute simplicité : Alessa a la capacité de soigner les plaies externes et internes des gens l’entourant et d’elle-même. On présume qu’elle peut aussi s’occuper de quelques maladies et peut-être même de faibles poisons. À terme, la rouquine deviendra peut-être un élément inégalé de la section médecine : pour le moment, ce pouvoir est instable et peu développé. Il est particulièrement coûteux en énergie et ne lui offre ni capacités offensives, ni de capacités défensives. Elle ne peut pas prévenir, mais seulement guérir. Pour l'instant, du moins.

Toutefois, le contrecoup est des plus désagréables. Pour débarrasser sa cible d'une blessure, Alessa doit ressentir celle-ci et tous ses inconvénients inhérents, et son corps ira jusqu'à chercher à mimer la cause d'une telle souffrance. Ainsi, lorsqu'elle tente par exemple de soigner une fracture du bras, la douleur sera terrible, elle perdra momentanément l'usage de son bras et ce dernier se tordra dans une position peu conventionnelle. Lorsque qu'elle doit se soigner elle-même, c'est un peu moins compliqué : sa douleur et autres effets négatifs ne sont qu'amplifiés. Les effets secondaires s'étendent plus ou moins dans la durée en fonction de la gravité de la plaie ou de la maladie. Comme pour l'usage de n'importe quelle magie, le coût en énergie est relativement élevé : il faudra en tenir compte, dans le feu de l'action.
Incapable de se défendre par la magie, mais tout aussi incapable de blesser trop sérieusement ses adversaires, la jeune femme se vit offrir, à son arrivée à l’académie, un long bâton d’acier dont elle apprend le maniement. L’arme, difficilement mortelle vue les capacités physiques ridicules du phénix, permet tout de même la distribution de sérieuses ecchymoses et autres fractures légères. Elle sert majoritairement à gagner du temps en attendant qu’un coéquipier lui vienne en aide. Et de bâton de marche, accessoirement.





Description mentale

Lorsqu’on la croise au sein des murs du bâtiment d’enseignement de la Congrégation, Alessa ne semble être qu’une femme enfant comme on en croise parfois en ce monde. Une femme au regard brillant, qui s’extasie pour un presque rien, qui évolue parmi une masse d’adolescents en apprentissage… On la retrouve régulièrement au bord d’une fenêtre avec un livre ou du matériel de crochet, à regarder l’extérieur avec un léger sourire aux lèvres. Toujours prête à aider, elle n’hésite pas à donner un coup de main à ses collègues pour les travaux plus théoriques.

Puis, on commence à remarquer les détails qui clochent. Si on se trouve facilement une raison valide pour expliquer qu’elle soit plus âgée que ses compatriotes — il doit bien arriver qu’il soit difficile de trouver quelqu’un avec un don, non? – le reste finit par nous faire hausser les sourcils.

On remarque ainsi, en premier, sa manie de s’excuser constamment. Pour un tout, pour un rien; pour un mot de travers, une réaction imprévue, une toux, une frustration dont elle n’est pas la cause… « Pardon » et « désolé » représentent à eux seuls la moitié de son vocabulaire. Ce qui, en soit, n’est pas grave : encore une fois, le souci, avec Alessa, vient de l’accumulation. Non seulement elle s’excuse de façon constante, mais, en plus, elle ne sort jamais. Elle est toujours à la fenêtre, certes, mais jamais de l’autre côté, excepté lorsque la jeune femme y est forcée. En mission, par exemple : elle devra bien en faire quelques-unes pour terminer sa formation. La rouquine est cordiale et amicale, mais, au moindre contact physique, elle se tend, se raidit, se dérobe. Impossible même, pour cette petite, de serrer la main de qui que ce soit. Alessa peut paraître détendue, néanmoins son regard se portera à intervalles réguliers par-dessus son épaule.

Bref, quelque chose cloche, et bonne chance pour lui faire cracher le morceau.

Une fois ce malaise passé, on découvre une jeune femme curieuse, qui semble tout vouloir apprendre sur les mondes et leurs habitants. Elle l’est parfois trop, d’ailleurs : si elle ne se formalise pas d’un refus de parler, qu’elle ne comprend que trop bien, elle ne sait pas reconnaître les signes avant-coureurs d’un tel refus et posera la plupart du temps la question de trop. Et s’en excusera, c’est bien, vous suivez! Alessa s’est aussi convaincue que l’optimiste la sortirait de son passé et lui permettrait d’évoluer, mais on voit parfois à son ton et à ses tremblements qu’elle ne croit pas forcément aux belles finalités qu’elle met de l’avant. Elle arrive toutefois, peu à peu, à devenir sincère, et à voir le monde sous un jour plus beau. Il lui faudra simplement un peu de temps. Parlant de vision du monde : celle de la demoiselle demeure très manichéenne. Blanc, noir. Gentil, méchant. Les injustices l’insupportent, et elle classe souvent trop rapidement les gens dans des catégories. Encore une fois, elle est en apprentissage, et fait même déjà face à un conflit en lien avec cette façon de voir : où classer celle qui a permis sa libération, mais en commettant les pires crimes?

On l’a dit, les injustices sont intolérables aux yeux de la jeune femme, qui aura tendance à les dénoncer haut et fort… Avant de regretter, de peur d’avoir pu froisser quelqu’un, et de s’excuser. Mais à force d’accumuler ainsi, sans jamais vraiment oser vider son sac, la demoiselle finit par avoir des colères rares, mais regrettables. On ne dira pas effrayantes, vue sa carrure.

Et puis il y a son familier, Ash, un lionceau ailé, qui est pour l’instant coincé dans sa forme endormie. La phénix se sent enfin capable de protéger quelqu’un, et fera tout en son pouvoir pour continuer à le faire. Si quelque chose devait arriver à cette petite créature, la jeune femme ne s’en remettrait probablement pas.

Somme toute, Alessa demeure agréable à côtoyer, mais on peut bien se demander ce qu’elle va devenir. Elle compte suivre les membres en mission, pour pouvoir les soigner sur le terrain : sera-t-elle taillée pour le faire? On devine un caractère fort et intéressant, qui ne cherche qu’à se détacher des séquelles de l’esclavage. Vivement ce jour : en attendant, elle dépendra énormément de ses alliés.




Description physique

Pas très grande, toute menue, Alessa n’a rien pour impressionner. Sa chevelure de feu, avec laquelle elle entretient une relation amour-haine, semble indomptable et la rend facilement reconnaissable. Chaque matin, c’est le même combat, et rien n’y fait. La tignasse remporte la partie. Mèches rebelles, frisotis, longueur variable… Certains savent parfois réparer le désastre, mais Alessa, elle, a simplement fini par s’avouer vaincue et se plier à la volonté propre de sa masse capillaire. Les prunelles de la guérisseuse, lorsqu’elle n’est pas trop agitée, sont d’une douce couleur noisette. Comme elle cherche autant que possible à dissimuler sa nature, il lui arrive souvent de porter de petites lunettes de soleil en public, lieu où ses sentiments ont le plus tendance à lui faire perdre les pédales.

Comme elle sort assez peu, son teint est pâle. Plutôt frileuse, probablement à cause du côté phénix, la jeune femme porte généralement des vêtements épais et amples pour se garder au chaud, même alors que les températures permettraient un peu moins de lourdeur. Quelque part, se sentir enveloppée dans autant de tissus lui donne une certaine impression de protection. Ash se promène d’ailleurs régulièrement de pli en pli et profite du confort ainsi offert pour dormir pendant des périodes de temps assez surprenantes. Alessa porte aussi souvent un sac, pour contenir un ou deux romans, des manuels scolaires et son projet de crochet du moment : il s’agit là du repaire préféré du petit félin magique.

Outre ces traits plus évidents, un œil plus averti remarquera la posture nerveuse de la rousse. Le dos qui courbe facilement, les foulées courtes, mais rapides, les doigts qui jouent avec ce qu’ils peuvent, comme une mèche de cheveux ou une manche qui dépasse… Bref. Cette posture se détend une fois la demoiselle en intérieur, dans un lieu sécurisant. Elle revient alors à son naturel calme et souriant, attentive à tout ce qui peut bien se passer d’intéressant autour d’elle.




Racontez-nous votre histoire

Le marché des esclaves est sans pitié. Et lorsqu’un vendeur met la main sur des espèces qui peuvent lui rapporter gros, il arrive qu’il cherche à capitaliser. Or, celui-là avait sous la main un phénix et un ange, de quoi avoir une progéniture prometteuse. Il fallut plusieurs essais, et une grossesse peu évidente, mais il obtint ce qu’il voulait.

Samara. Tel fut le nom qu’il donna au bébé ainsi créé. Une hybridation parfaite entre le phénix et l’ange, une gamine en santé qui ne lui causerait probablement pas trop de problèmes. Rien à redire. Le temps investi en vaudrait la peine.

Il ne le laissa pas à sa mère, qui fut vendue dans les jours suivants : il avait des gens spécialisés dans les soins infantiles, histoire de monopoliser le moins possible de ses esclaves. Les premières années de la vie de Samara se passèrent donc de façon relativement tranquille. Une fois assez vieille, elle fit de son mieux pour aider les autres à s’occuper des plus jeunes, et c’est probablement à ce jour ce qu’elle a connu qui se rapprochait le plus du concept de la famille. Puis, la rousse approcha les dix ans vanerziens, et c’est à ce moment que tout commença à débouler.

C’était une mauvaise idée, aux yeux de l’esclavagiste, de vendre la gamine. Déjà, il avait, malgré tout, quelques principes : il voulait pouvoir s’assurer que rien de sexuel ne lui arrive avant sa majorité. Ça, c’était absolument hors de question. Et puis, s’il jouait bien son coup, il pouvait se faire bien plus d’argent. L’homme comptait louer l’enfant, faire payer les clients à la journée, selon ses règles. Et mon Dieu, il ne s’attendait pas à autant de succès, pas de la part d’une hybridation sans ADN de vampire.

Et pourtant, la petite passa de vampires à succubes et incubes pendant de très longues années. Autant dire que lorsque sa magie de soin se manifesta, elle ne devint qu’une cible plus intéressante pour les potentiels clients. Certains étaient gentils, certes, et Samara vivait alors plutôt bien son court séjour. Celui-ci s’étendait parfois, mais rarement plus de quelques semaines, vraiment. La formule plaisait un peu trop pour ça et, d’ailleurs, le vendeur choisit de s’y pencher un peu plus et de la répéter pour plusieurs de ses esclaves. Mais ce n’est pas ce qui intéresse, pas vrai? On veut plutôt en savoir plus sur cette enfant. Et bien, elle tolérait plutôt bien la situation, à vrai dire, n’ayant connu que cela et étant, au départ, assez protégée par l’esclavagiste. Elle affrontait chaque nouvelle réalité avec une certaine curiosité qui lui était propre, n’hésitant pas à poser toutes sortes de questions aux gens qu’elle « rencontrait ».

Toutefois, peu à peu, Samara réalisa qu’elle était en constant danger. Que cette fatigue qu’elle ressentait à chaque fois n’était pas anodine. Qu’il n’était pas normal qu’une gamine de son âge se retrouve à jouer à la poupée de collection dans un salon pour impressionner la galerie. Que non, contrairement aux dires de celui qui l’accompagnait à chaque nouvelle demeure, la douleur ne finirait pas par disparaître.

Et puis, un jour, alors qu’ils s’apprêtaient à entrer chez l’incube qui avait loué l’enfant pour quelques jours, on sortit un cadavre de la maison. Celui d’une femme d’environ vingt ans, sans lésion externe. Il avait perdu le contrôle. Qu’est-ce qui l’empêchait de faire de même avec elle? Qu’est-ce qui la gardait en vie, au final? L’esclavagiste choisit de rembourser la bête et de repartir avec la petite, pour ne pas prendre le risque de la perdre, pas tout de suite. Mais il ne cessa pas son trafic pour autant. Seule l’attitude de la gamine à cet égard changea. Elle était moins curieuse. Plus renfermée. Plus craintive. À chaque approche, elle craignait pour sa vie et revoyait le corps, éjecté de la maison comme une chaussette usée.

Une fois, vers ses quinze ans, Samara céda et se mit à pleurer avant qu’une vampiresse ne la morde. Prise par surprise, celle-ci se montra compatissante. Elle écouta sans rien dire les tourments de la jeune phénix, qui vida son cœur pour la première fois de sa vie, parfois surprise par ses propres sentiments. Et… Pendant quelques jours, la rouquine crut qu’elle avait bien fait. Le couple — la vampiresse et la succube — la traita avec une douceur dont elle n’avait plus l’habitude depuis qu’elle était entrée dans sa puberté et qu’elle se voyait, de ce fait, manipuler avec bien plus de dureté. Mais ces femmes… Elles semblaient être touchées par ses sentiments et vouloir la protéger. Samara se sentait en sécurité. Lorsqu’elles firent les démarches auprès de l’esclavagiste pour le convaincre de les laisser l’acquérir pour de bon, elle pencha même en leur faveur, si bien qu’un contrat d’achat fut rapidement signé.

Quelle connerie.

Le cycle de la relation abusive, vous connaissez? Tout commence par la lune de miel. C’est la période à laquelle on se raccroche pour tenir le coup quand ça va moins bien. On se fait bichonner, traitée en princesse, on se fait offrir une chambre majestueuse et la belle vampiresse nous apprend même à lire. On découvre une certaine liberté, on ne sent plus les chaines à nos chevilles, notre liberté nous semble totale entre les murs du manoir. On se sent même égale aux maîtresses de maison. Et, au final, on goûte au bonheur, pendant une période plus ou moins longue.

Puis, on prend confiance, on ose adresser quelques remarques, quelques objections toutes gentilles, et on se fait sèchement remettre à sa place. Débute alors la période des tensions, qui montent tranquillement. Une boutade par ci, une crise de colère par là, une remise à sa place à un moment et une morsure plus violente à l’autre. Soudain, on ne se sent plus égale aux maîtresses de la maison. Le poids à nos chevilles revient, et on craint de faire le pas de trop. On regrette d’avoir aidé, on veut juste avoir une vie normale, mais on a encore, parfois, l’espoir que tout revienne à la normale. À la lune de miel. Mais il y a d’autres étapes, avant, pas vrai?

La crise. Difficile de se souvenir de ce qu’on a bien pu faire, de l’étincelle ayant mis le feu aux poudres. Une fois que les tensions ont monté au point de se rendre à la crise, un simple regard de travers peut suffire à déclencher l’incendie. Celle-ci fut violente. Des hurlements qu’on entend encore dans nos cauchemars, des années plus tard; quelques coups que les maîtresses savaient pouvoir se permettre en sachant l’existence, même incontrôlée et encore faible, de la magie de leur poupée; une morsure et un baiser simultanés, qui allèrent cette fois beaucoup trop loin. La vampiresse alla même jusqu’à profiter de l’état comateux de la jeune femme pour la forcer à boire de son sang.

Suite à la crise, c’est la justification. On se fait dire que c’était une perte de contrôle, un appétit trop féroce, qu’on l’avait un peu cherché quand même, et qu’on n’avait été soumis à ce sang vampirique que pour éviter qu’on ait à user l’une de ses vies. Résultat des courses, les chaines se resserraient. Désormais, on craint de déclencher une autre crise, on se fait petite, on quémande notre dose sans oser hurler à l’injustice d’avoir été droguée sans consentement. On se tait, on subit, on tente de se satisfaire du peu d’activités qui ne créent aucune tension, qui ne provoquent pas de remous. On lit, entre autres.

Et le cycle recommence. Encore et encore, sur des périodes plus ou moins longues. Seulement, cette fois, les maîtresses de la maison avaient un pouvoir de plus sur Samara. Non seulement la petite était plus facilement impressionnable suite à cette crise de colère, mais, en plus, elle s’était révélée terriblement sensible au côté addictif du sang de la vampiresse du couple. Sous couvert de douceurs et de câlineries, la menace sous-jacente était bien réelle : sois sage, si tu veux ta dose. La rouquine tenta bien sûr de résister à quelques reprises, mais la douleur devenait vite réelle, insoutenable, elle la brûlait de l’intérieur, et elle retournait vite implorer sa maîtresse de lui donner un peu de la douce drogue. La phénix se retrouvait prisonnière d’un manoir aux allures enchanteresses, appartenant à un couple visiblement si aimable, et était au premier rang pour en apprécier les aspects les plus cruels et pervers. D’un autre côté, on lui faisait craindre l’extérieur, ce monde rempli de criminels et d’esclavagistes qui lui feraient connaître un sort tellement moins enviable…

Sa majorité approchait. La jeune femme apprit vite à craindre cette date. Peu à peu, des commentaires moins innocents fusaient. Le couple, l’une après l’autre, ne cessait plus de lui répéter à quel point elle était jolie, innocente, à quel point son teint était clair. Les câlins se faisaient plus proches, les mains régulièrement plus baladeuses. L’effet aphrodisiaque du sang sur son organisme et les contacts proches nécessités par les morsures et les baisers n’aidaient en rien à la situation. Pourtant, la rouquine continuait de résister, et la frustration montait. On était de nouveau en période de tensions, et, cette fois, les conséquences de la crise n’étaient que trop prévisibles aux yeux du phénix. L’urgence montait peu à peu dans sa poitrine. Il lui fallait fuir.

Mais le monde extérieur n’était-il pas encore bien plus dangereux que ce manoir, qui, au détriment de la liberté, lui offrait au moins la sécurité? Est-ce qu’elle n’exagérait pas un peu, au final? Si elle restait tranquille, elle serait bien traitée, non?

Samara, au final, n’eut pas bien longtemps pour tergiverser. Une domestique — libre d’aller et venir à sa guise, elle — arriva un bon soir au manoir, complètement affolée. Sahel La Noire est en ville, elle est en chasse. Elle veut des trésors. La déclaration eut l’effet d’un tremblement de terre et jeta un silence glacial sur l’ensemble du manoir pendant un long, très long moment. Enfin, tous s’agitèrent dans tous les sens, avec un ordre à la fois chaotique et très organisé. La rouquine, perdue, apprit ainsi que la fameuse Sahel La Noire était une démone, une pirate crainte au travers le monde, au travers les mondes, et qu’aucune fortune ne semblait satisfaire son appétit. Aucun doute : elle viendrait piller le manoir et tout ce qu’il pouvait contenir de précieux. Il fallait monter des défenses solides pour l’empêcher d’en faire à sa guise.

Autant dire que l’opération eut un succès complètement nul. Il était impossible de se préparer à une attaque de cette ampleur. Les domestiques n’avaient rien de grands guerriers et, n’ayant d’autres liens avec les maîtresses des lieux qu’un salaire de misère, ils prirent leurs jambes à leur cou à la seule vision cauchemardesque de ce groupe féroce et armé jusqu’aux dents qui montait la colline. Samara, qui fut enfermée dans sa chambre, la chaîne à ses chevilles reliée au mur pour l’empêcher de profiter de la confusion pour fuir, ne put qu’assister au triste massacre des gardes du haut de sa fenêtre. Impossible de mettre des mots sur l’horreur qui la prenait à cet instant précis, alors qu’elle était incapable de détourner les yeux de ce spectacle sanglant. Lorsque le couple sortit pour affronter les envahisseurs, ce fut le comble. Elles se défendirent bien, et parvinrent même à faire quelques victimes. Toutefois, une fumée sombre, semblant tout droit sortie d’un cauchemar, les tétanisa sur place. Celle que la phénix présuma être Sahel s’approcha d’elles, trident en main, et la jeune femme ne put contenir un hurlement de protestation, son poing s’écrasant avec force contre la paroi vitrée.

Mais, comme d’habitude, elle ne put rien changer au cours des choses. Elle ne reçut qu’un regard désintéressé avant que leurs vies ne soient purement et simplement balayées de la carte. Évidemment, ça ne pouvait pas être fini, pas vrai? La démone — aucun autre mot ne pouvait définir un tel être — lui jeta un nouveau regard avant d’envahir le manoir avec le reste de ses troupes. Ils allaient la tuer. Sa vie allait finir comme elle avait commencé : enchaînée, sans moyen de défense. Samara tremblait comme une feuille et ne pouvait cesser de sangloter. Elle entendait, clairement, comme des coups de tonnerre, les pas gravir les escaliers, s’approcher de la porte de sa chambre. Ses mains tremblantes tiraient avec force sur cette chaîne maudite qui l’entrainerait dans sa tombe.

Mais lorsque la sirène noire entra dans la chambre, les choses ne se passèrent pas comme prévu. Les prunelles de la meurtrière s’attardèrent un instant sur la chaîne, et un marché tout simple fut proposé à Samara. Elle indiquait où se trouvaient les richesses, et elle pouvait partir. Libre.

La surprise ne lui bloqua les lèvres que quelques secondes. L’hésitation n’avait pas lieu d’être. Rien ici ne lui revenait, et tous ceux qui pourraient en profiter ne le pouvaient désormais plus. Et elle connaissait le code du coffre-fort. Bien sûr, Samara n’avait aucune garantie qu’elle pouvait faire confiance à la femme face à elle. Mais il lui semblait que ce n’était aucunement un risque, puisqu’il n’en coûtait rien à personne… Et qu’elle serait libre. La rouquine le donna donc, avec la position exacte du coffre. Un mercenaire tâché de sang alla vérifier ses dires avant de remonter, une petite bourse d’or à la main. On la libéra, et on lui dit de vite partir, avant qu’on ne décide plutôt de la vendre. La rouquine ne se fit pas prier.

Pour autant, elle ne put s’empêcher de s’arrêter auprès des corps de la succube et de la vampiresse qui lui avaient pourri la vie si longtemps. Elle s’était attachée à elles. C’était tout le côté pervers des relations abusives telles que celle-ci. La demoiselle se permit donc de s’arrêter un bref instant près d’elles pour leur dire adieu, avant de s’envoler vers une direction au hasard, le plus loin possible de cet Enfer. La belle ne remarqua pas, de ce fait, la larme qui roula entre les lèvres de la vampiresse, et son état émotionnel était bien trop chamboulé pour qu’elle puisse faire attention à cette brutale impression de vide en son cœur, conséquence d’une vie perdue.

Samara perdit vite le sentiment de bien-être acquis avec sa liberté. Son deuil avait de suite fait place à la crainte constante de se voir ramener au manoir par la peau des fesses, de se faire remettre des chaînes aux pieds, de trouver des ennemis à chaque coin de rue… Elle ne maîtrisait pas sa magie. Elle était, physiquement, faible comme un agneau. À la moindre altercation, c’était cuit. En plus, la rouquine ne connaissait rien du monde qui l’entourait, n’était sortie d’entre quatre murs que dans son enfance, le temps de passer d’un locataire à un autre. Oh, bien sûr, elle avait lu, mais difficile de faire les liens entre le savoir théorique et le monde, surtout quand le savoir théorique en question était divers autant en contenu qu’en utilité. Et autant dire qu’elle dût se sevrer du sang de sa maîtresse. Seule. Dans la rue. Sans aide. Un véritable cauchemar, qu’elle préfère effacer de sa mémoire.

Heureusement, les premières personnes qu’elle rencontra, alertées par ses cris, faisaient partie de la Congrégation. Ils crurent deviner une partie du problème, ce qui n’était pas très difficile au vu de sa situation précaire. Samara ne fut pas difficile à convaincre. Dès qu’on lui parla d’un endroit où elle pourrait, en toute sécurité, apprendre à se défendre et à aider les autres, elle suivit les Kaviniath. C’est ainsi qu’elle se retrouva à l’académie de la Congrégation au tournant de ses dix-huit ans vanerziens.

Rapidement, on lui fit invoquer son familier, qui s’avéra être un lionceau ailé, pour le moment incapable de prendre sa forme éveillée. Ash, de son petit nom. Ce fut le coup de foudre, comme on peut s’en douter, et la jeune femme se jura qu’elle ne laisserait rien arriver à cette petite boule de fourrure qui dépendait désormais d’elle, et de sa capacité à assurer. Pour le moment, les deux compatriotes essaient de se connaître, mais les professeurs de l’établissement croient fermement que le félin est lié à l’élément du feu et qu’il sera d’une grande aide pour la guérisseuse.

Deux ans se sont désormais écoulés, et sa formation touche à sa fin. La rousse compte rejoindre la section médecine, mais, pour le moment, elle se contente de ressasser, pensive, sa première journée de cours. Un jour heureux, important, qui avait marqué ses débuts dans un monde nouveau. Le jour où, enfin, elle avait pu commencer à espérer s’en sortir un jour et être vraiment utile.

On avait passé un long moment à la détendre avant qu’elle n’entre dans la classe, à lui dire que tout allait bien, que personne n’allait l’attaquer ni la juger, que ce n’était pas grave si elle était plus vieille que ses nouveaux collègues, que les gens comprendraient, où se feraient leur propre histoire pour comprendre. Enfin, on l’avait fait entrer dans la classe, pour mieux la poster devant toutes ses têtes curieuses. Qui pouvait bien être cette jeune femme au look étrange? Une nouvelle camarade? À cet âge? Quels genres de secrets pouvaient-elles garder? Tout le monde en avait, en ces lieux…

Le professeur lui demanda de se présenter, en quelques mots. Alessa sourit à ce souvenir. Elle ne sait toujours pas, encore aujourd’hui, ce qui a bien pu lui passer par l’esprit, ni pourquoi cette question toute bête avait déclenché un aussi grand torrent d’émotions dans sa poitrine. Mais elle demeure fière de la réponse qu’elle avait pondue à l’époque, une réplique digne d’un roman héroïque aux allures un peu kitsch, mais tellement satisfaisantes. Sa timidité, sa crainte, tout se fractura pour tomber comme une coquille, alors que la phénix prenait une grande inspiration. Un sourire doux aux lèvres, elle releva la tête pour affronter cette vingtaine de paires d’yeux qui l’analysaient.

La jeune fille, installée dans son lit, Ash roulé en boule contre son ventre, répéta la phrase si rassurante en même temps que son double du passé. Elle aimait se dire que ce fut à ce moment précis que Samara disparut pour de bon. Ce n’était pas le cas, bien entendu, cette partie d’elle-même demeurerait toujours dans un coin de son esprit, prête à hanter ses rêves. Cela ne l’empêchait pas de répéter, encore et encore, comme un mantra, ou une prière adressée à on ne sait quel Dieu :

- Enchantée. Je m’appelle Alessa, et ma vie a commencé lorsque j’ai franchi les portes de cet établissement.




Informations Supplémentaires

Votre surnom
Cookie :3 (Mais j'ai cru voir que c'était aussi celui de Ryuu, alors /PAN/)

Votre âge
20 ans

Qui est sur ton avatar ?
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La catégorie de ta magie
Inclassable?

Nom de ta magie
Alessa > Guérison

Accès à la zone H/Y/Y
Oui :3

Pourquoi avoir choisi Kalerya ?
Parce que je cherchais un forum avec un système de progression chiffré, et que bon sang que c’est rare owo Et puis, Kalerya en particulier, parce qu’il est sublime, que la communauté a l’air cool, que le monde est sympa et que j’ai presque tout de suite eu une idée de perso  :79:  

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Dernière édition par Alessa le Lun 24 Avr - 10:56, édité 1 fois
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Lun 24 Avr - 5:37
Bienvenue chez nous ! Si tu as des questions n'hésites pas à t'adresser au staff. J'espère que tu te plairas parmi nous ~


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Lun 24 Avr - 6:06
Bienvenue officiellement.

Je passerais une fois que j'aurais noté Ren en attente avant toi :love:
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❖ Dragon du feu - Banshee ❖
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Age :
25
Date de naissance :
01/07/1992
Date d'inscription :
09/10/2016

Informations
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Lun 24 Avr - 9:13
Bienvenue parmi nous :DD

Bon courage pour ta validation :love:
Invité
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Invité
Lun 24 Avr - 11:23
Alessa
Orthographe2 / 2
Vocabulaire 2 / 2
Conjugaison2 / 2

Langue française2 / 2
Originalité2 / 2
Qualité4 / 4

Note perso2 / 2
Longueur du texte4 / 4
Niveau20 / 20


Validation avec...
Niveau Total22
P. Techniques25
P. caractéristiques125


Félicitation
KINAHS = 10 000

Alors... J'a vu une ou deux fautes... Et encore, l'une d'elle était le manque de "s" à "Kaniviath", mais je comprends... c'est un mot inventé par Ryuu, et si le pluriel était différent, blablabla... Donc je te l'apprends peut être, le pluriel de "Kaniviath" est "Kaniviaths" xDDD

La plume est superbe, la fiche est juste assez longue pour les 4 points (sérieux... 4100 mots xD t'es l'une des plus proches des 4000 mots que j'ai lues), la fluidité est si parfaite qu'on lit le tout super vite, et on adore.

Bref. je ne vois pas grand chose à dire. T'es validée, tu peux aller faire ta Ft, jolie hybride


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