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Si tu penses que Clochette est une garce, t'as encore rien vu.
✽ Triton - Fée ✽▼
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19/05/1991
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08/04/2017

Informations
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Sam 8 Avr - 16:31
Milan Hazel Nicholae
Bariath Eco-excessif




Informations générales

Nicholae
Milan Hazel
25 ans
Vanerzam
Masculin
65 kilos
1m76
Pourquoi toujours des étiquettes ?
Triton/Fée
Naagae (Serpent amphibie)





Informations psychologiques

Hobbys & phobies
Qualités & Défauts


Aime : L'alcool (surtout le rhum) - La cigarette (malgré les toux grasses qu'elle engendre) - Vagabonder sous la lueur de la lune (sur terre comme dans l'eau, surtout dans l'eau) - Pratiquer la magie - La lecture et l'actualité - Militer pour les causes environnementales (entre autres) - Les bars, notamment mal fréquentés - Passer la nuit avec des inconnu(e)s (façon de parler) - Danser comme un forcené - Chanter malgré le danger que cela peut représenter - Le contact des écailles de Bella - L'eau en général.

N'aime pas : La cruauté/violence en vers les animaux - Les Banshees - Les Humains en général - L'égoïsme - Se sentir piégé par les événements, mais surtout par quelqu'un - Les personnes se sentant obligées d'établir un contact physique - Les temps trop secs et les chaleurs trop importantes (pourtant il aime le soleil, il adore, mais triton oblige c'est pas bon pour lui... Et après on s'étonne qu'il soit désagréable, hum, bref.)

Phobies : Phobie de l'enfermement en général, que cela soit dans un lieu (claustrophobe) ou de se sentir physiquement restreint dans ses mouvements - Les Clowns (oui et alors ?)  
Qualités : Franc (si temps est que l'on peut appeler cela de la franchise) - Déterminé - Curieux - Passionné - Empathique (malgré tout ses efforts) - Observateur (en général) - Débrouillard - Imaginatif - Courageux (même si parfois cela relève davantage de la stupidité).

Défauts : Impulsif - Colérique - Retors - Distant - Froid - Provocateur - Ironique & Sarcastique - Excessif - Tendances à l'hystérie - Peut faire preuve d'inconscience - Agressif - Moqueur - Solitaire - Vaniteux.




Magie et arme

Magie
Arme


Nom de votre magie : Aqua Symphonia
Magie de l'eau et du son l'Aqua Symphonia permet de dompter l'eau et de la charmer par la musique et le chant. Cette magie repose sur la voix et les habilités musicales de son détenteur puisqu'ils deviennent des instruments capables de contrôler l'eau en jouant diverses mélodies et symphonies. Par la musique son détenteur charme l'eau à porté de voix et la soumet à sa volonté. Par la magie de ces mélodies oubliées l'eau se transforme, se meut, devient vivante et peut obtenir des propriétés liées à la protection, la guérison et la sagesse, en fonction de la mélodie jouée.
Ce contrôle dure le temps de la mélodie alors qu'en en changeant la magie change son action et ses effets. En effet, à chacune de ces mélodies oubliées ses effets. Une fois celles-ci terminées l'eau soumise à cette magie retombe au sol, inerte. Plus qu'un simple contrôle ces musiques insufflent la vie à l'élément aquatique le temps d'une chanson. Magie perdue aux origines obscures, cette magie dépasse le simple contrôle de l'élément aquatique, elle est une part vivante dans son utilisateur avec qui elle ne fait qu'un, aussi mystérieuse pour son détenteur que ces mélodies qu'il ne peut expliquer et qui semblent sorties d'un autre monde. Mais à chaque pouvoir survient son prix et l'aqua Symphonia n'échappe pas à la règle, en effet son utilisation provoque la déshydratation du corps de son utilisateur jusqu'à pouvoir provoquer la mort si plusieurs mélodies sont utilisées consécutivement. De plus cette magie provoque de terribles migraines, les mots s'agitant dans le crâne et s'amplifiant à chaque minute jusqu'à créer une véritable cacophonie, de quoi sombrer dans la folie et devenir incapable de penser. Enfin, l'aqua Symphonia en plus d'épuiser le corps et l'esprit peut provoquer la perte de conscience, voir le coma en cas d'utilisation non régulée, la magie prenant le contrôle du corps de son utilisateur et le vidant de son pouvoir à une vitesse effarante.
Bien évidemment les principales faiblesses de cette magie reposent sur le fait que si pour une raison ou une autre la mélodie s'interrompt l'eau animée retombe inerte, que sans eau à proximité cette magie devient inopérante et inutile puisqu'elle ne crée en aucun cas l'élément aquatique et que bien évidemment une seule mélodie d'Aqua symphonia peut-être active à la fois.

Une vieille légende raconte que dans les temps anciens, alors que l'Humanité commençait sa mortifère expansion, découvrant sciences et arts en tout genre, un accord aurait été conclu entre un petit groupe de sirènes et une incarnation de Zaheïya. Pour prévenir des dangers de l'humanité, qui dans son développement fulgurant commençait à menacer la nature et les océans (et donc les sirènes elles-même) la déesse leur aurait proposé un pacte. Accepter de devenir les gardiennes des océans face aux humains, en échange de ce rôle et pour leur permettre de l'assurer, cette dernière leur aurait alors accordé une magie capable d'influencer l'eau et de la charger du pouvoir de ses attributs par le chant, ces mélodies anciennes devenant une part de l'essence même de ces sirènes. Une magie perdue transmise par le sang et vivant à l'intérieur de leurs descendants. Bien évidemment, cette légende aujourd'hui oubliée n'est qu'une légende et personne ne sait d'où ce pouvoir transmis à travers les générations trouve son origine.
Un simple couteau de chasse à la lame rétractable. Cadeau de sa mère, il n'a rien de particulier au niveau de la lame, mais le manche par contre est sculpté et prend la forme d'une queue de poisson.





Description mentale


Un souffle qui se fracasse, des mots que l'on crache, le poison se répand en suintant, se distille dans l'ouïe qui l'entend. Attaque de son mépris, harasse de son sarcasme. S'enfonce pour trouver le point vital, celui qui attaque l'esprit.
Agressivité et passion qui se mélangent dans une sordide valse des impulsions. Il est de ces âmes dont la principale défense n'est autre que l'attaque, par les mots, par le son, qui s'isolent des autres d'une phrase habile, de ces phrases qui détruisent toute envie de creuser, qui d'une seule impression rendent toxique et nauséabond celui qui les a proféré. Un effet recherché, une solitude que l'on cultive comme si elle était un jardin à préserver, préserver de la trahison et de tout sentiment d'attachement.

Une vision pessimiste du monde qui motive chaque action, celle d'une pourriture rampante et galopante, d'un cancer qui ronge la bonté et la beauté jusqu'à ce qu'il ait tout dévasté. Humanité.
La froideur de la glace, l'impulsivité du volcan, un paradoxe qui s'incarne en un tourbillon de froid et de flammes. La froideur d'un regard, la virulence d'une phrase crachée au visage. Impulsions et émotions que l'on peine à maîtriser, une franchise à l'excès, une franchise mutée, déformée, pervertie alors que la volonté de provoquer devient souvent plus importante que la vérité.

Une conscience qui s'étiole dans une morale effondrée, une morale sans bien ni mal alors que tout est jugé bon pour parvenir au but recherché, la fin justifie les moyens. La vision d'un idéal que la haine soutient et maintient, celui d'un monde où générosité et compassion seraient les maîtres mots d'une humanité respectant la vie et tout ce qui la constitue. Un respect envers ses congénères, envers cet arbre bordant la rue pavée et cette araignée réfugiée dans le grenier. Volonté inconsciente qui opère sur un fond de magie.

Une haine qui fait battre le coeur, celle d'une race ignoble que l'eugénisme a rendu coupable des pires atrocités, de ces deux races ayant conditionné une vie entière de secrets, esclavagistes de la vérité au nom d'une survie solitaire où la méfiance devient la condition de la liberté. Une liberté biaisée que la paranoïa consume tel une trainée de poudre. Un mal être profond et ancré, forgé dans l'éducation et l'art de vivre caché, le mal être d'une fierté ne demandant qu'à hurler, celle des origines et de leur beauté, celle d'une nature révérée, contrainte de se travestir dans l'humanité.

La puissance des convictions, un courage effronté, un courage devenant inconscience demeurée alors que pour la préservation de l'environnement elle rend prêt aux plus folles extrémités, un mal nécessaire pour la survie d'un monde malade. Des combats qui se heurtent et se mélangent, où les frontières se brouillent et la raison se perd dans l'avancement du temps et des années. Une compassion cadenassée et ligotée pour ne pas pleurer devant cet enfant que la vie a quitté car le verre de trop n'était qu'une vaste blague pour celui l'ayant ingurgité. Des émotions qui débordent et que l'on tente d'étouffer envers et contre tout, être aliéné s'interdisant de pleurer, voulant préserver cette carapace que les années ont forgé, une carapace que l'hystérie recouvre de son doux touché, une carapace que la rage fait crépiter de magie dans la tornade des sensations, fou aveuglé qui refuse de voir que ce typhon des pulsions ne fait finalement que danser au rythme de ses émotions.




Description physique



Une silhouette qui franchit les portes du bar miteux. Une démarche souple et agile alors qu'elle avance vers le comptoir. Au premier abord rien ne le distingue réellement de ces autres âmes que la boisson corrompt, une taille moyenne, une silhouette svelte où l'on devine pourtant des muscles entretenus dans un exercice quotidien. Une chevelure brune et ébouriffée, couleur de jais, corbeau qui se serait posé pour ne plus jamais décoller. Non, au premier abord rien ne semble le distinguer du commun des mortels que la fièvre enivre sur fond de musique synthétique.

Il s'installe au bar, un premier signe qui se démarque alors que le barman se fige quelques instants devant les yeux de topaze, un éclat de défi qui vibre dans son regard sauvage alors qu'il commande d'une voix aussi rauque que froide, de ces rauques presque étouffés, de ceux qui laissent deviner une voix capable de monter dans les aiguës malgré ce timbre cassé. Le cancer se glisse à ses lèves alors que la flamme vient lécher son extrémité dans un nuage de fumé. Autour du cancer un autre détail qui transparait, celui de lèvres étrangement symétriques, parfaitement dessinées malgré leur air abimé.

Un mouvement vif et agile qui coupe avec cette apparente désinvolture alors que les doigts agrippent le verre comme un objet sacré, une certaine bestialité dans ses mouvements sauvages et farouches. Un corps tendu, tel ces chats prêts à bondir sur leurs proies. Une tension qui se distingue dans la mêlée des peaux, un éclat matte qui jure avec le blanc des chemises humides qui palpitent sur ces corps que la nuit entraîne vers l'excès. Un peu d'attention qui permet de distinguer une certaine fragilité, une certaine grâce derrière cette apparence farouche qui suinte par tous les pores de sa peau basanée. Un objet qui tombe sur le sol moite et collant, un mouvement en avant pour le ramasser, position révélant un tatouage mourant à la naissance de la nuque dégagée, une silhouette féline que l'on devine.

La chaleur gagne en intensité alors que la foule s'amasse, un verre d'eau commandé en s'attirant un regard interloqué, bu d'une traite comme si elle représentait le cadeau d'une vie. Il s'extirpe du tabouret, sur ses tempes les perles de sueur se manifestent sous l'augmentation de la température, un billet déposé alors qu'il quitte le bar sans faire d'esclandre, anonyme qui déambule dans les ombres. Une puissante inspiration alors qu'il retrouve la fraicheur de la nuit, une bref pause, un regard contemplatif jeté à la lune avant de reprendre la route.

Le tic tac de l'horloge résonne dans l'appartement désert, une étrange quiétude que le bruit des clefs vient troubler, la poignée crisse avant de laisser les pas légers retentir sur le parquet. La lumière faiblarde apparait au son du cliquetis de l'interrupteur, la porte claque derrière lui alors qu'en avançant il se libère des apparats de l'humanité, sur le sol les baskets finissent leur course après un léger mouvement du pied, le jean entame sa descente le long des jambes où les écailles d'argent ont commencé à se dessiner. Un dernier mouvement pour s'en libérer et révéler le serpent s'enroulant autour de sa cheville gauche. Le reste suit en quelques instants, laissant apparaître deux légères cicatrices au niveau des omoplates saillants.

Le bruit tonitruant de l'eau qui retentit alors qu'elle se fracasse sur les parois blanches, un soupir de lassitude alors que le corps masculin s'y engouffre avec un sourire de gratitude. Au contact du liquide tiède ses jambes se couvrent intégralement d'écailles argentées avant de s'unir en une queue de poisson. Le corps s'affaisse alors que la nageoire renverse la chaise à proximité par un battement maladroit. Sur le torse quelques écailles se révèlent a leur tour, constellation d'argent. Une respiration bruyante alors que sur le cou de l'homme la peau se fracasse pour laisser apparaître des branchies palpitant au rythme de son souffle.
Un soupire de satisfaction exagérée.
Un moment de plaisir que l'on voudrait connaître pour l'éternité.




Racontez-nous votre histoire

Prologue
2007- New-York


Une respiration calme et paisible que le vent étouffe de son souffle, une profonde inspiration, les iris de topaze s'ouvrent lentement, leur reflet d'ambre scintillant dans l'obscurité.

Un mouvement, tes pieds s'enfoncent dans la froideur du sable engloutit par la nuit alors qu'au rythme de ta respiration les grains de sel s'échappent de tes doigts, nuée éphémère d'étoiles cristallines venant mourir sur la plage. Seul le bruit des vagues et le souffle du vent viennent rompre cette quiétude d'un moment qui, l'espace d'un instant, te semble figé à travers le temps. Tes pas continuent leur ronde, machinalement, alors que dans ta suite les cristaux continuent de se distiller dans la nuit qu'au loin les buildings meurtrissent de leurs lumières corrosives. Les derniers grains s'échappent de tes mains dans un silence de mort alors que tu franchis le cercle précautionneusement, quelques mètres que tu parcours lentement avant que ta main ne plonge à nouveau dans le bocal de verre où le sel inerte git, inconscient de son propre pouvoir alors que tu réitères l'opération avec minutie, le sel s'échappant pour former le second cercle.

Un flottement, le temps s'arrête à nouveau alors que ton regard vient se perdre sur les vagues mourantes de la baie, un faible sourire qui se dessine sur tes lèvres que le vent meurtri et assèche. Dans le ciel la pleine lune culmine de toute sa splendeur, des semaines que tu avais attendu ce moment, des semaines maintenant que tu avais rêvé de cet instant, attendant patiemment que tous les éléments soient réunis afin de garantir la réussite du rituel. Dans ta poitrine ton cœur bat tel un forcené malgré cette apparente quiétude que ton corps affiche, une nouvelle inspiration alors que tu fais enfin marche arrière, que doucement, comme si toute précipitation pouvait rompre le charme de l'instant, tu déposes le récipient de verre avant de retourner au centre du premier cercle.

N'importe qui passant sur la dune en cet instant te prendrait certainement pour un illuminé, sombre taré que la nuit accueille et qui effraie, tu t'en moques éperdument alors que tes paupières se ferment dans un souffle, que peu à peu la conscience du monde t'entourant te quitte comme un vague songe, que ton esprit plonge dans la marrée de tes souvenirs.
Lentement il remonte le fil, commence à s'y perdre, manque de s'y noyer alors que dans ton ouïe la quiétude de la nuit laisse place aux rires d'enfants que tu observes en silence par cette fenêtre derrière laquelle tu as passé une grande partie de ton enfance. Une image qui se brise alors que ton esprit reprend sa quête, qu'aux rires se substitue la voix calme et apaisante de ta mère, une phrase qui fait battre ton cœur plus rapidement. "On sort aujourd'hui, j'ai quelque chose à te montrer." En cet instant tu n'as plus seize ans, tu replonges dans cet univers de géants alors que se ravivent tes souvenirs d'enfants.
Tu peux ressentir la vibration de la route sous les roues de la voiture où ton regard se perd avidement par la fenêtre. Une inquiétude teintée d'euphorie qui grandit en toi comme un tourbillon inarrêtable d'émotions contradictoires. Le bruit du moteur qui se coupe alors que le mouvement se stoppe, la portière crisse alors qu'elle s'ouvre pour dévoiler l'étendue de la baie. Tu n'étais jamais venu ici, si proche de la ville et pourtant en apparence si éloigné alors qu'aucune construction ne vient salir cet endroit où la nature semble avoir reprit ses droits, où les vagues s'agitent pour mieux mourir sur le sable encore chaud du soleil de mai.

Un sourire qui grandit sur ton visage alors que ce spectacle t'émeus comme jamais rien ne l'avait fait. La voix de ta mère vient briser ce silence alors qu'elle te sourit d'un air malicieux. "Suis-moi." Elle s'avance sur la plage, sa chevelure de jais ballottée par le vent, tu la suis, une certaine inquiétude au creux du ventre alors que tu ignores ce qu'elle compte faire.
Elle se fige à quelques mètres de l'eau avant de commencer à se déshabiller devant tes yeux interloqués. " Mais maman on ne va p..." " Si. " te coupe-t-elle simplement alors qu'elle se penche vers toi avec une expression rassurante. " Il est temps que tu connaisses autre chose qu'une pauvre baignoire. Ne t'en fais pas je suis avec toi Milan. "
Un sourire chaleureux, ta méfiance enfantine s'échappe alors que tu commences à te déshabiller tel une foudre de guerre sous le coup de l'excitation grandissante. Un rire qui éclate de ta gorge alors que tu te prends pour BipBip et cours sans réfléchir dans l'océan. Le contact de l'eau venant submerger ton visage alors que tu plonges, dans le creux des vagues tes jambes se couvrent d'écailles d'argent en s'unissant. Une impression de liberté que tu n'as jamais ressenti, un sentiment indéfinissable de bonheur et de puissance mêlées, comme si pour la première de ta courte existence tu te sentais réellement à ta place.

Le fil des souvenirs se brise tel une illusion alors que ta conscience s'abat sur toi tel un couperet. Une profonde inspiration alors que tes yeux s'ouvrent brutalement, ton corps sur le point de vaciller alors qu'autour de toi le cercle de sel commence à s'éclairer d'une lueur argentée, comme si la lune n'était plus au dessus de tête, mais sous tes pieds. Un sentiment d'inquiétude et d’incompréhension teintées d'excitation alors que dans le cercle tes yeux s'agitent pour observer le phénomène, quelques secondes seulement avant qu'elle ne disparaisse comme si il ne s'était jamais rien passé. Un sentiment de déception qui s'empare de toi alors que la nuit reprend ses droits dans un silence solennel.

Un silence rompu par un sifflement alors qu'au même instant une voix féminine retentit dans ton esprit. Surtout cache ta joie. Un regard interloqué alors que tu as totalement oublié la raison de ta présence, ton visage se braque sur l'autre cercle avec la rapidité d'un prédateur en pleine chasse, dans les ombres tu peux distinguer une silhouette longiligne. Lentement, tu t'approches à pas de loup, incertain de la conduite que tu dois adopter puisque tu n'as tout simplement pas pris la peine d'y réfléchir avant. Une mine inquiète devenant faible sourire alors que la silhouette du reptile violet s'impose à ton regard, doucement, tu t'accroupis en tendant la main vers lui. Désolé... Le serpent te fixe un instant, immobile, avant de finalement grimper sur ta main et s'enrouler autour de ton avant-bras, ses écailles douces et glaciales te tirant un gémissement de plaisir sous la surprise de leur contact.
Tu as pas l'air bien finaud toi... Ça promet...

Ton sourire disparait alors qu'en une phrase toute ta joie vient de s'envoler.

1995 - New-York
Les lois de Vanerzame



Un hurlement strident qui retentit, sur la bouche enfantine la main se plaque avec violence alors que l'ampoule grésille sur le carrelage immaculé. L'écarlate se répand en une giclée violente, vient se mêler aux larmes en un amas poisseux et putride. La main d'adulte tremble au rythme du corps de son enfant, une mâchoire qui se crispe en des sanglots étouffés, une violence née de l'amour dans toute l'immondice de cette scène donnant la nausée. Une voix qui retentit en boucle, cette voix qui vacille au rythme des pleures et des dents meurtrissant la chaire, une voix devenue obsession nécessaire à l'action alors qu'elle tambourine inlassablement dans un cerveau rongé par le dégout, le dégout de soi, que la colère et la haine empoisonnent, une haine de sa propre personne alors qu'inlassablement les mots se répètent, comme une litanie funeste.
Il le faut.

La conviction faiblit au rythme d'un nouveau soubresaut alors que l'enfant se débat dans ces bras censés le guérir de ses maux, apaiser ses peines et le protéger. Cette nausée qui envahie le coeur et les tripes alors que balançant son visage sur le côté dans un mouvement brutale elle vomit. Fiel qui s'amplifie dans le mélange des fluides alors que ses bras se resserrent encore plus fermement autour du corps fiévreux de son enfant.
Il le faut
Dans un grognement rauque un mouvement qui s'abat, un coup que la rage alimente, que la haine nourrie de son linceul oppressant.
Il le faut.
Entaille violente alors que dans un bruit sourd la carcasse féerique tombe en une nuée de poussière. Papillon ayant trop flirté avec la lumière corrosive d'un néon. Calciné.

Un horrible soulagement alors que le corps chétif cesse de bouger, son esprit engloutit par les méandres de l'inconscience alors le sang continue de couler, se mêle à l'amas immonde de gerbe dont les morceaux mal digérés commencent à s’élever dans les airs comme une constellation cristallisant cette infamie et ce dégout qu'elle s'inspire à elle-même.
Un haut le coeur qui l'envahie de nouveau, le gout acre et acide envahissant sa bouche alors qu'elle déglutit, qu'elle ravale l'immondice en déglutissant. Une voix faiblissant qui frappe encore et toujours, armée de sa seule conviction, d'un amour infaillible et indestructible, miettes éparses de cette volonté se brisant à chaque coup porté.
Dans sa main gauche les tremblements s'arrêtent par phases qu'elle ne peut expliquer, en a-t-elle même conscience ? Sur le couteau l'écarlate chaud jure avec la froideur de l'acier.
Il le faut.
La main desserre son étreinte sur la bouche désormais immobile, dans son mouvement lent et fantomatique les perles carmins viennent grossir cet amas de fiel ayant pris possession de la salle de bain.
Un dernier effort, une volonté qui s'accroche envers et contre tout.
Il le faut.
Le coup part, la lame pénètre la fine membranes, entaille sa racine, l'essence même de l'être, de cette moitié aujourd'hui mutilée, amputée.
Il le faut.
Un déferlement de violence alors que les mouvements s'amplifient dans la sordide hystérie, terrible acharnement.  
Il le faut.
Un grognement de rage, s'élève pour muter en un cri bestial que les sanglots étouffent dans le rauque désespéré de sa voix. Et sous les entailles elle chute enfin, cette aile qui vient mourir dans cette marée de fiel n'ayant plus rien d'une salle de bain.

La voix s’affaiblit enfin, épuisée.
Il le fallait.
Sur le carrelage souillé la lame tombe en un bruit sourd alors que s'envole le brasier ardent de sa volonté.
Un instant où seul le grésillement du néon retentit pour mourir sur les parois glacées. Un instant figé dans le temps, une image imprégnée à jamais, un acte qu'elle ne pourrait jamais oublier, tumeur de culpabilité naissant au fond de son âme aujourd'hui souillée.
Il le fallait.
Lentement elle saisit la silhouette inerte comme le plus précieux trésor de l'humanité avant de le déposer dans l’alcôve de marbre où l'eau commence à couler, le sang suinte des plaies pour souiller la pureté cristalline du liquide chaud.
Il le fallait
Doucement le tissu trempé vient caresser les omoplates miniatures. Le bruissement de l'eau cesse après un temps incertain, doucement la serviette vient enrouler la silhouette enfantine, comme un cocon protecteur servant à chasser le souvenir de l'horreur.
Et toujours cette voix devenue écho dans le lointain.
Il le fallait.

2016 - Chicago
Dérapage



13 Octobre - 23h

Sur la table les lignes se dessinent dans l'ombre des silhouettes au dessous desquelles elles attendent. Une main qui se pose sur le papier pour pointer du doigt une ultime fois la sortie qu'ils devaient gagner à travers une bouche d'aération de l'étage. Un dernier récapitulatif avant le moment fatidique, demain... Demain vous frapperiez au coeur de ce monstre d'acier de béton souillant les grands lacs depuis des années. Une maigre consolation face au lourd tribu qu'ils avaient déjà payé.
Hemolck Industries allaient payer.

15 Octobre - 3h13

Un bruit assourdissant qui retentit, celui d'une explosion suivit par le vrombissement d'une alarme. Les murs tremblent sous la secousse, la terre semble frémir sous vos pieds alors que vous vous figez sous la stupeur. Il est trop tôt. Une boule grandissante au fond de ton estomac alors que les minutes défilent et qu'au loin le son des sirènes commence à ressentir, un malaise angoissant qui s'empare de toi alors que Leïla te regarde avec un regard où ne trônent plus que panique et incompréhension mêlées.
Quelque chose ne va pas.
Puis le bruit des pas, l'intonation si reconnaissable des chaussures de sécurité heurtant le sol en une cadence endiablé, course rapide et déterminée alors que les agents de sécurité émergent au bout du couloir où vous vous trouvez, un ordre craché qui s'extirpe de ta bouche sous la panique, rauque et violent.

" COURS !"

Et alors que leurs foulés puissantes se rapprochent de vous au rythme des cris et injonctions de vous arrêter vous courez, une course que tu sais pertinent ne pas pouvoir mener à son terme alors que déjà tu ressens les premiers effets de cette endurance trop faible que la nature t'as donnée. Ton regard se perd sur les façades des murs bétonnés, en recherche d'une vaine solution alors que tu te retrouves dans l'incapacité d'utiliser ta voix sous peine de trahir les lois de Vanerzame.
Rapidement Leïla te distance sans même en prendre conscience alors que dans ton dos les bruits de pas se rapprochent rapidement à mesure que le volume de leurs cris augmentent.
La peur et le malaise qui s'emparent de toi, une vie qui défile sous tes yeux alors que s'impose à toi la vision des barreaux d'acier dans un sentiment de désespoir et d'abandon total.
Vous aviez perdu.

15 Octobre - 1h07

Sur l'immense parking d'asphalte la vie a totalement déserté le bâtiment et les alentours de la zone industrielle délabrée. Dans l'air l'odeur âcre des particules de méthane vient meurtrir ta gorge et ta trachée.
Dans l'ombre vous avancez alors que la première partie du plan se met en place.

***


Dans le monstre de béton et d'acier la silhouette serpentine glisse sur le sol froid, un sifflement agacé s'échappant de sa gueule à l'occasion alors que ses douces écailles subissent l'affront d'un sol aussi sale que rugueux et désagréable. Une voix qui retentit.
Tu t'en sors ? Ils vont bientôt échanger les rondes.
Un agacement qui s'amplifie. Une réponse froide et excédée.
Lache-moi.
Le couloir s'élargit alors que son objectif se dessine enfin au loin, sur le sol glacial les vibrations des bruits de pas se font déjà sortir alors que la silhouette reptilienne se fige contre le mur, tapie dans l'ombre alors qu'un homme s'extirpe de la cabine de surveillance pour emprunter le couloir. Une réactivité à toute épreuve alors que le serpent saisit l'occasion pour se faufiler dans son dos avant que la porte ne se referme derrière lui.

***


C'est bon.
Un sourire excité qui se dessine sur tes lèvres alors que tu fais signe à tes trois camarades, les choses sérieuses allaient réellement commencer.
Une à une les caméras se coupent alors que vous avancez précautionneusement jusqu'à l'entrée et le système d'accès des employés. Un petit grognement excité alors que Damian se frictionne les mains, c'était à lui d'entrer en action, ses yeux prennent la couleur de l'acier terni alors que ses mains commencent à s'agiter dans le vide avec minutie, un spectacle toujours aussi étrange, qu'impressionnant. Une bonne trentaine de secondes avant que le boitier informatique ne laisse échapper un bip et que la couleur rouge ne devienne verte dans un grésillement.
Un sourire satisfait et vantard se dessine sur les lèvres de Damian, comme s'il venait d'accomplir le plus grand exploit de l'humanité, Leïla soupire, agacée avant d'entrer la première au cœur de ce géant de l'industrie.

15 Octobre - 3h25
Le souffle commence à te manquer alors que dans ton dos ils sont toujours plus proches, un coup de feu qui finit par retentir alors que tu t'engages dans une énième intersection de couloirs sans fins. L'espoir te quitte totalement alors que tu sens que ton corps arrive au maximum de ses capacités, putain de fragilité.
Tu as qu'à faire une pause, je suis sûre qu'ils seront compréhensifs et chaleureux.
Dis-moi, plutôt que de m’assommer de remarques, tout sauf constructives, tu n'aurais pas une idée pour nous sortir de là ?
Ssshhss. Plus ça va, moins t'as d'humour mon pauvre garçon. C'est triste.
Bella !
Ça va, ça va, pas la peine de hurler, tu sais que je suis migraineuse. A la prochaine intersection tu vas passer sous le réseau extérieur de canalisation.
Merci. C'est dans ces moments là que je ne regrette pas que tu ne sois pas une paire de bottes.
Connard.

Un sourire qui se dessine entre deux souffles court alors que tu prends une profonde inspiration, tes yeux de topaze affichant une nouvelle détermination alors que lentement tu stoppes ta course. Leurs pas se rapprochent au rythme de leurs injonctions alors que ta voix s'élève faiblement, mélodieuse alors qu'elle laisse échapper de son ordre muet. Ne bougez plus. Un ordre auquel succède la litanie oubliée, les mots jaillissant de ta bouche dans une langue que plus personne ne connait.
Au dessus de vos têtes les canalisations commencent à trembler alors que le béton emporte l'écho de ta voix dans les couloirs adjacents, ta voix gagne en puissance et intensité alors que violemment elles se brisent pour laisser s'échapper le liquide source de toute vie.
Peu à peu les gardes émergent de cet ordre muet qui leur était donné alors que devant leurs yeux effarés l'eau semble danser dans les airs, farandole liquide venant les encercler alors que son volume augmente à chaque seconde, le tourbillon se forme alors qu'elle se meut de plus en plus rapidement en un typhon. A la surprise succède la panique alors que l'un d'eux tente de s'extirper du congloméra aquatique. L'eau se teinte de carmin alors qu'il est violemment repousser, son bras broyé par la force de pression de l'eau en mouvement. Un coup de feu qui retentit dans la panique grandissante alors que l'eau grignote à chaque seconde plus de terrain, les forçant à se tasser comme une meute de loup assiégée. Et ta voix ne cesse de gagner en intensité alors que la mélopée s'échappe de tes lèvres et sous son commandement c'est un véritable typhon qui les encercle désormais alors qu'il commence à ravager le plafond. Tu reprends ta course et dans ton dos tu peux entendre le bruit assourdissant d'un éboulement auquel se succède un silence de mort alors que tes lèvres se ferment et qu'au sol l'eau retombe, inerte, seul retentit désormais le bruit faible d'un clapotis s'échappant des canalisations éventrées.

De longues minutes s'écoulent avant que tu ne retrouves finalement Leïla à une intersection, son regard dur et froid se braquant sur toi, comme un reproche attendant de hurler sa désapprobation alors que son regard de louve a pris le pas sur son humanité.
" Mais putain qu-est-ce que t'as fait ?!"
"Plus tard, là faut qu'on se tire d'ici et rapidement."


2006 - New-York
Origines



Un silence de mort, dans son regard elle peut voir toute cette défiance qu'il a son égard. Un coup porté en plein cœur par ces topazes acérées qu'il braque sur elle, un regard qui la plonge dans le passé, un passé sombre et cruel. Il a les yeux de son père.

Lentement elle referme le livre avant de le poser sur la table de bois. Elle détourne le regard dans un soupire, ses muscles crispés se relâchent alors que son visage se lève vers lui, une voix résignée et calme.

"Tu veux vraiment savoir ?"

Une réponse attendue, claque dans l'air tel un coup de fouet provoqué par la force de sa détermination. Évidemment qu'il veut savoir et elle ne peut l'en blâmer, la mascarade n'avait que trop duré.

" Bien." Ses yeux d'azur se braquent de nouveau sur lui. " Assieds-toi. "

Il s’exécute, adolescent insolent et inconscient de la porte qu'il était sur le point de franchir, une porte qui une fois ouverte ne permettait plus aucun retour en arrière. Une profonde inspiration alors que suspendu à ses lèvres il attend, regard adoucit, légèrement, sa voix s'écoule, calmement malgré le poids des mots sur le point d'être utilisés, malgré cette vérité sur le point d'être révélé.

" Te souviens-tu de ce que je t'ai appris sur notre Histoire, l'histoire de notre peuple aujourd'hui contraint de se cacher parmi les humains ? Sur leur ignorance de ce monde, de nous autres créatures qui peuplent leurs légendes et leurs histoires, sur la magie ? "

Un hochement de tête.

" Je t'ai appris que nous étions contraints de vivres cachés, qu'il existait nul endroit où nous pourrions être en sécurité. Sur le fond je ne t'ai pas mentie, tu ne seras jamais en sécurité, mais il existe un endroit, plusieurs même où les êtres comme nous peuvent vivre à découvert, loin des humains. "

Une expression interloquée, une bouche qui s'entre-ouvre sous le choc suivit d'un éclat d'excitation et de bonheur mêlés dans le regard, un éclat vif d'intérêt avant la réalisation d'une évidence.

" Mais qu'est-ce que ça a à voir avec mon père ? "

Un regard fuyant, un silence avant qu'elle ne réponde enfin.

" Ton père vient de l'un de ces endroits. D'un autre monde. "

Une expression de stupeur, un silence de mort, puis le rire, un rire incontrôlable alors que sa tonalité à peine adulte s'élève dans la pièce, un rire violent et puissant alors qu'il s'en cogne sur la table et se tient le ventre comme s'il était sur le point d'exploser. Elle reste calme, son regard braqué sur son enfant ayant en cet instant tout d'un dément.

" Mais bien sûr, et bientôt tu vas me dire qu'on est des sirènes aliens, que papa venait d'une autre galaxie et que je suis né en explosant ton ventre."

Elle reste silencieuse alors que le rire s'arrête et que son visage arrogant reprend sa dureté.

" Je ne sais même pas comment j'ai pu croire que tu me dirais la vérité, je suis vraiment abruti des fo.."

Son regard se plonge dans le siens, un long silence alors qu'à son expression, à ces gouttes salées perlant au coin de ses yeux fatigués la nouvelle le frappe comme un boomerang.
Elle dit la vérité.

Un long silence qui s'en suit, un long silence pour digérer cette réalité totalement invraisemblable pour le terrien qu'il était, un gamin qui n'avait toujours connu que la Terre et côtoyé des humains, son monde, sa réalité, une réalité qui venait de voler en éclats.

Combien de temps l'échange avait duré ? Il ne le sait pas. Il avait écouté, simplement écouté alors que lentement elle dévoilait des choses sur ce monde dont au final il ne connaissait rien, une certaine colère avait agité son âme, une colère rapidement envolée sous ce flot de nouveautés qu'elle lui donnait. L'existence de quatre mondes, quatre monde dont le leur, Vanerzame, un monde où ils vivaient cachés parmi les humains alors qu'ailleurs son espèce vivait au grand jour. Qu'il découvrait la vérité sur ces innombrables espèces, sur cette liberté qui pouvait s'envoler en un claquement de doigt, celle du marché noir, de l'expérimentation de fous rappelant cette sordide période de l'humanité humaine ayant créé les camps de concentration sous l'impulsion d'un homme. Il buvait ses paroles, ces vérités nouvelles, celle de la création de ces mondes, de ces dieux qui se jouaient d'eux et de tous ces êtres qu'ils avaient créé. L'existence d'un monde presque entièrement aquatique où une grande partie des leurs évoluaient. Mais tout ceci n'était que le début de l’invraisemblable alors qu'elle finit par lui révéler que son père venait de l'un de ces mondes, un monde qu'il fuyait à cause de ce qu'il était : une... fée...
Sérieusement ? Ses yeux s'étaient écarquillés comme deux soucoupes prêtent à jaillir de leur orbite. Une fée et puis quoi encore, des petits lutins verts ?

" Une... fée ?? "

La sensation du rire remontant le long de sa gorge alors qu'il ferme la bouche, qu'il se mord les lèvres en imaginant un papillon humain, une question qui s'impose à son esprit.

" Mais comment vous avez pu... Je veux dire, c'est minuscule une fée, genre tout petit petit... Tu l'as pas écrasé ? "

Elle soupire, passablement agacée alors que l'adolescence demeurée de son fils lui saute au visage comme une araignée en chasse.

" J'ai tendance à oublier à quel point on peut être bête à ton âge. Évidemment qu'il ne faisait pas la taille d'un papillon. Ils ressemblent en tout point aux humains, excepté qu'ils sont capable de faire jaillir des ailes quand bon leur semble."

Un intense moment de réflexion alors que son sérieux revient lentement.

" Mais ça veut dire que je suis aussi une... " Le mot lui écorche tellement la bouche par son grotesque qu'il n'arrive pas à le prononcer.

" Fée ? Oui. Tu es un hybride, à la fois triton, à la fois fée. "

Un silence.

" Mais je n'ai pas d'ailes... Je veux dire je le saurai si j'avais des ai..."

Un silence alors qu'elle détourne le regard et que dans son esprit s'impose la révélation, celle de ces deux cicatrices situées à hauteur de ses omoplates, rapidement l'amusement et la curiosité laisse place à une déglutition glauque. Une interrogation sourde à laquelle elle finit par répondre, larmes aux yeux.

" Elles sont apparues quand tu avais quatre ans, malgré tous mes efforts, toutes mes tentatives pour t'aider tu n'arrivais pas à les faire disparaître, cela a duré des jours où tu es resté à la maison, où nous sommes resté à la maison, fenêtres closes au cas où quelqu'un s'en apercevrait, plus le temps passait et plus la situation devenait dangereuse, alors un soir je n'ai plus eu le choix... "

La sensation de nausée alors que les images cadenassés au fond de sa mémoire refont surface en des flashs terrifiants, un mouvement brusque et violent alors qu'il se recule dans le fracas de la chaise heurtant le sol.

" Tu dois comprendre à quel point il est dangereux d'être une fée en ce monde, elles se font décimer, leur espèce est au bord de l’extinction, leurs yeux arrachés, leurs ailes coupées et vendus pour leurs propriétés. Leurs enfants utilisés pour tenter de créer un être parfait..."

Il n'écoute déjà plus, les mots glissent sur lui comme de l'eau sur une roche polie alors qu'il recule lentement, les flashs venant se bousculer dans son esprit comme une bande macabre sur un téléviseur cassé, une bande qu'on ne peut plus arrêter et dont on ne peut plus détourner le regard. Le contact d'une main sur son avant bras, un mouvement violent pour s'en dégager alors qu'il hurle.

" NE ME TOUCHES PAS !"

Puis la course, fuite alors qu'il se précipite vers la porte d'entrée comme si le diable en personne le poursuivait, la porte claque et la silhouette disparait devant le visage baigné de larmes murmurant de manière inaudible un simple et pourtant déchirant.Je suis désolée...


2012 - San Francisco
Découverte



La vision se brouille l'espace d'un instant, tu vacilles alors que dans ton esprit la brume s'épaissit, un haut le cœur qui vient te ravir alors que tu te redresses violemment, la chaleur t'asphyxie, tes yeux redécouvrent la réalité de l'endroit où tu es. A tes oreilles les sons électriques viennent agresser ton cerveau imbibé. Violemment tu repousses la blonde à tes côtés, de l'air, un besoin inextinguible d'air qui t'envahit, un impératif de survie.

Un mouvement lourd et maladroit pour ce sac à vinasse que tu es, vulgaire déchet. Tu titubes, manque de tomber alors que ton poids mort s'extrait du canapé dans des mouvements imprécis et lourdauds. Tu flanches, tangues un instant, la terre est haute et tu te ramasses lamentablement un mètre plus loin. Et tu restes là un moment, autour de toi tu entends faiblement ces voix qui semblent échos lointains, tu n'as pas mal étrangement, indolore sans savoir comment alors que tu sens soudain une pression sur tes bras, la terre s'éloigne à nouveau et ça te donne la nausée. Tu vas gerber.
Le liquide répugnant et intoxiqué d'alcools en tout genre se répand sur le sol collant, à boire et à manger. Inconscient alors que ton corps commence déjà à manifester les premiers signes de déshydratation. Demeuré.

Une poussée qui s'affermit sur tes bras, tes pieds glissent le long du sol dans un trouble gazeux de vêtements et de lumière, de sons et de bourdonnements. Puis tout ralentit, les sons faiblissent et les corps s'effacent alors que finalement tu te fracasses lamentablement sur le pavé froid et humide, un soulagement certain alors que l'air emplit tes poumons, dégage cette atmosphère mortifère. Dans ton dos tu peux discerner faiblement quelques mots.

" Va te coucher. "

Un long moment durant lequel ta peau s'imbibe sur l'asphalte de l'eau dégueulasse. Une impression de mieux, fugace, mais suffisante alors que tu entreprends de te redresser, inconscient même de cette lèvre fendue d'où perle des goutes carmins. Tu fais peine à voir, pire tu fais pitié, une pitié que tu ressens dans les yeux de ces deux passants t'esquivant, une pensée qui t'énerve, une provocation qui se dessine alors que tu te mets à grogner provoquant un sursaut de la blonde écervelée avant que tu ne te mettes à rigoler comme un timbré. Complétement bourré. Une auto satisfaction démesurée et infondée, illogique caractérisée alors qu'enfin tu entreprends de marcher, une révélation alors que tu te rends comptes que tes fringues sont ruinés, un énervement sur fond de grognement, poupée bousillée.

La nuit t'avale comme une amante accueillante, tu déambules, elle te porte alors que tu flânes sans savoir où tu vas, elle guide tes pas alors que toutes les saloperies de ton corps s'éliminent petit à petit au rythme de tes pas. Le temps défile et t'échappe alors que l'horloge continue sa route. Une certaine quiétude retrouvée qui vient te caresser alors que peu à peu tu retrouves la capacité de penser. Tes pensées s'échappent en un méli-mélo improbable alors qu'elles partent rejoindre ta mère, la réalisation de ces quatre années écoulées depuis que tu avais appris la vérité, cette rancœur sourde toujours ancrée mais atténuée par les années. Le temps que tu avais passé en refusant de lui parler puis cette lente acceptation de la vérité, de cette douloureuse vérité. Le temps pour comprendre et tenter de pardonner maintenant que tu savais ce qu'il en coutait d'être une fée, un certain respect également pour cette mère qui au fondement avait simplement voulu aider une âme qui ne savait où aller, une meilleure connaissance de sa personnalité et de son passé alors que jusqu’à ta naissance elle avait fait partie d'un réseau aidant les réfugiés des autres mondes dont la vie était gravement menacée. Pourriture de marché noir et de races complétement cinglées, prêtes à tout pour créer un être prétendument parfait.

Un mollard qui s'extirpe salement à cette pensée, pensée sautant à une autre alors que ton esprit va errer vers ton familier rester à ton appartement, tu pouvais déjà prédire la remarque cinglante qu'elle t'adresserait lorsque tu rentrerais, raison de plus pour traîner. Un soupire qui s'échappe bruyamment de tes lèvres, un soupire puis l'invective dans ton dos d'une voix nasillarde et agressive.
"Alors minet, on s'est paumé ?"
Tu te retournes lentement, titubant légèrement pour découvrir la gueule déformée, vieux décrépi à l'allure de motard.
" J'sais pas, je cherchais un abruti, t'en es un ? "
Et tu rigoles comme un adolescent fier de sa vanne toute pétée. Bien joué tu l'as énervé, après tout c'était ce que tu cherchais, faut dire que c'était pas compliqué.
" Ta gueule et aboule ton blé pédale"
Pardon ? Tu crois rêver, est-ce que le macaque vient vraiment de te traiter de pédale ? Tu le dévisages, choqué, un instant seulement, avant d'éclater d'un rire bête et de reprendre ta route.
" Retourne dans ton chenil et fous-moi la paix "
Tu n'as pas le temps de réagir que tu te retrouves tiré en arrière, les membres encore légèrement alcoolisés tu tombes lourdement au sol alors qu'il commence à te frapper au visage.
Non, pas le visage, mais il est cinglé ou bien ?
Et tu te retrouves là, petit con arrogant bien incapable de te défendre alors qu'il ne semble pas prêt de s'arrêter et pour la première fois depuis longtemps tu sens la peur et l'angoisse grandir en toi, est-ce que c'est comme ça que tu vas finir ? Comme une vieille canette sur un trottoir attendant qu'on ramasse sa carcasse ? La peur grandit et avec elle la panique, la panique suivit de mouvements violents et confus alors que tu te débat tant bien que mal contre cette force de la nature. Chanter ? Tu y as bien pensé, mais dans le contact tu en es bien incapable alors que tu as le souffle coupé. Les coups s'arrêtent quelques instants alors que ton pied heurte dans sa frénésie ses parties génitales sans savoir comment, un mouvement instinctif de recul alors qu'il se redresse en vociférant, dégainant un cran d'arrêt de sa poche comme si de rien était.

Dans ta bouche tu peux sentir le gout acre du sang, ton corps te fais mal, mais surtout la peur revient alors que tu tousses frénétiquement, crache du sang au lieu d'un chant. La peur devient galopante alors que tu te sens comme une souris piégée par un chat affamé, plusieurs en fait alors que deux de ses potes sortent d'une voiture garée sur la rue adjacente à la ruelle où vous vous trouvez. Tu vas crever. Et en fond toujours ce léger bourdonnement qui ne t'as pas quitté depuis la boîte pourrie d'où tu t'étais fais jeter, tellement infime que tu l'avais oublié, plus si infime que ça alors que sa fréquence grandit dans ton crâne comme s'il cherchait à le faire exploser.

Et c'est comme si une fanfare défilait dans ta tête alors qu'il gagne en intensité, tes mains viennent agripper ton crâne comme pour tenter de l'extirper alors que tu te mets à hurler.
Lentement le bourdonnement faiblit, perd en intensité, tes mains desserrent leur étau alors que tu réalises au fur et à mesure des secondes passant que ce n'est pas un hurlement qui s'extirpe de tes lèvres, autour de toi l'eau sur le bitume s'élève, spectacle aussi improbable que grandiose alors que tu réalises que le bourdonnement n'en est plus un, succession de paroles que tu ne comprends pas, paroles que tu chantes comme si elles faisaient partie intégrante de toi, un chant que tu connais sans le comprendre, sans même le maîtriser et l'avoir décidé.

Face à toi tu peux voir la peur germer dans leurs regards face à ce spectacle surnaturel, ils reculent, l'eau s'assemble, comme vivante alors qu'elle vient former un serpent aquatique naissant du béton trempé, l'espace d'un instant tu crois même l'entendre siffler alors qu'ils prennent leurs jambes à leur coup. Tu crois ? Tout devient flou, dans ta tête la mélopée disparait alors que tes yeux se ferment sur le spectacle de l'eau retombant au sol, puis le néant.






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Chat

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La catégorie de ta magie
Magie perdue/élémentaire

Nom de ta magie
Milan H. Nicholae > Aqua Symphonia

Accès à la zone H/Y/Y
Oui

Pourquoi avoir choisi Kalerya ?
Un renard m'a corrompu

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Dernière édition par Milan H. Nicholae le Lun 24 Avr - 12:45, édité 44 fois
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Sam 8 Avr - 16:33
+1 au cas où.



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Sam 8 Avr - 19:32
Bienvenue parmi nous, n'hésites pas si tu as des questions ~


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Sam 8 Avr - 19:34
Merci !

C'est noté ;)



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Sam 8 Avr - 23:01
Bienvenue parmi nous :DD

Si tu as un soucis n'hésites pas !
Bon courage pour ta fiche :love:
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Sam 8 Avr - 23:02
Hello et Bienvenue parmi les fous o/

Bonne continuation pour la suite de te fiche :D
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Sam 8 Avr - 23:18
Merci à vous deux ! =)



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Dim 9 Avr - 15:29
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Lun 10 Avr - 15:28
Merci =)



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